Les collabos !

Aller en bas

Les collabos !

Message  Caduce62 le Dim 06 Jan 2019, 20:36

Quand les Russes recrutent d'anciens députés français  Evil or Very Mad 


https://www.challenges.fr/entreprise/quand-les-russes-recrutent-d-anciens-deputes-francais_634732?fbclid=IwAR1J4vlffZJGVLC_9TWsvUZwKRhN0knTdXYH6BrhB_AchUjPQiOEJZ1oIBE#xtor=CS3-89-[Quand%20les%20Russes%20recrutent%20d'anciens%20députés%20français%20%20

Par David Bensoussan le 05.01.2019 à 08h00

Maurice Leroy quitte l'Assemblée pour rejoindre la société chargée de gérer les projets du grand Moscou tandis que l'ex-député Jean-Pierre Thomas, reconverti dans la finance, devient président du géant de l'aluminium Rusal.

L'annexion de la Crimée et les tentatives d'ingérence russes lors de l'élection présidentielle n'ont pas refroidi les ardeurs des amis français du Kremlin. Fait inédit, des poids lourds du business russe viennent ainsi de " débaucher " deux anciens députés français. Maurice Leroy va devenir, à la mi-janvier, le directeur général adjoint de la société Mosinzhproekt (MIP), chargée de gérer les projets du Grand Moscou, tandis que Jean-Pierre Thomas vient de prendre la présidence du conseil d'administration de Rusal, le géant de l'aluminium. Tous deux sont issus de la famille centriste. Après sa jeunesse communiste, Maurice Leroy a été élu, pour la première fois, député du Loir-et-Cher sous la bannière UDF en 1997 quand Jean-Pierre Thomas venait de terminer son mandat dans les Vosges pour le même parti. Si Leroy a ensuite poursuivi sa carrière sur les bancs de l'Assemblée, Thomas est devenu banquier chez Lazard après ses déboires judiciaires; ex-trésorier du Parti Républicain de Gérard Longuet, il a été condamné pour financement illégal de parti dans l'affaire des marchés publics des lycées d'Ile-de-France.

Tous deux sont des soutiens de longue date de la Russie de Vladimir Poutine et n'ont pas de mots assez durs contre les sanctions économiques. "Cet embargo est stupide et constitue une catastrophe pour l'industrie agro-alimentaire française, qui perd des débouchés", assure Maurice Leroy, qui était vice-président du groupe d'amitié France Russie à l'Assemblée et accompagnait son collègue Thierry Mariani, grande figure du lobbying pro-russe, dans ses voyages parlementaires. C'est lors de son passage comme ministre de la ville, en charge du Grand Paris, sous Nicolas Sarkozy, que Leroy a noué des contacts avec le maire de Moscou Serguei Sobianine, ex-chef de cabinet de Poutine, et son bras droit Marat Khusnullin, qui l'a recruté au sein du MIP. Annoncé dans la presse comme directeur adjoint du Grand Moscou, il sera, en fait, salarié par cet ancien institut d'urbanisme que le maire a transformé en géant de l'ingénierie civile. Détenue par la ville, la société MIP a notamment géré la rénovation du stade Loujniki, qui a accueilli la finale de la coupe du monde, et pilote l'extension du métro moscovite.

Des missions rémunératrices
"Je vais m’occuper de l’organisation du forum urbain de Moscou et des grands projets internationaux de MIP", précise Leroy, qui sera payé 10 000 euros par mois et bénéficiera d’un logement de fonction tout en restant vice-président de son département, en charge du… tourisme. Ne craint-il pas qu’on l’accuse d’être à la solde de Vladimir Poutine ? "Je m’en fiche, les gens racontent ce qu’ils veulent, mais dans le Loir-et-Cher, personne ne m’a dit un mot là-dessus et j’ai eu droit à des applaudissements lors de ma dernière intervention à l’Assemblée. Si on faisait un sondage sur Poutine, on aurait des surprises, le discours des élites est très différent de ce que pense le peuple."

Heureuse coïncidence, lorsque Leroy a informé Nicolas Sarkozy de ses velléités de départ vers la Russie, l’ex-Président lui a conseillé d’aller voir son grand ami Jean-Pierre Thomas à qui il avait confié une mission sur un hypothétique espace économique euro-russe lorsqu’il était à l’Elysée. Une mission qui lui avait permis de consolider son carnet d’adresses dans son pays favori. Parti de Lazard en 2013, Thomas a ensuite créé sa société, Thomas Vendôme Investment, spécialisée dans les levées de fonds et le conseil aux groupes français voulant s’implanter en Russie. Habitué du forum économique de Saint-Pétersbourg, il a quitté l’association de Thierry Mariani, Dialogue Franco-Russe, dont il était membre du bureau, et fréquente désormais le forum franco-russe des sociétés civiles, le "Dialogue de Trianon", instauré par Emmanuel Macron et Vladimir Poutine en mai 2017.

Thomas a été coopté par des administrateurs de Rusal à la suite des sanctions américaines imposées à l’encontre de plusieurs sociétés russes. Pour espérer obtenir du Congrès la levée de ces sanctions d’ici la fin janvier, le propriétaire du groupe, l’oligarque Oleg Deripaska, proche de Poutine, a dû réduire sa participation et s’engager à nommer un "indépendant" comme président du conseil d’administration. C’est ainsi que Thomas vient remplacer l’Allemand Matthias Warnig, un ancien membre de la Stasi lorsque Poutine était lui-même en poste pour le KGB en Allemagne de l’Est. La fonction, prestigieuse mais non opérationnelle, est rémunérée la bagatelle de 460 000 dollars par an.
Caduce62
Caduce62

Messages : 6028
Date d'inscription : 05/01/2010
Age : 55
Localisation : chez les Ch'tis

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Caduce62 le Lun 11 Fév 2019, 19:18

Benalla aurait négocié deux contrats russes pour 2,2 millions d'euros

Par L'Obs
Publié le 11 février 2019 à 18h29

L'affaire des contrats russes prend de l'ampleur. Selon nos confrères de Mediapart, Alexandre Benalla a bien été l'"architecte" d'un contrat de sécurité privée passé avec un oligarque russe, proche du Kremlin. Et ce alors qu'il était en poste à l'Elysée et habilité "secret défense" à ce titre.

Un second contrat aurait également été passé en décembre dernier avec un autre homme d'affaires russe. Montant des deux deals : 2,2 millions d'euros.

"Les faits s’imposent. Il n’y a qu’une réalité"

Jeudi, le parquet national financier (PNF) avait confirmé avoir ouvert une enquête sur le premier contrat, passé avec le milliardaire Iskander Makhmudov pour assurer la sécurité rapprochée de sa famille. La société de sécurité Velours, citée dans l'affaire pour avoir assuré la sous-traitance du contrat – initialement assuré par Mars, la boîte de Vincent Crase – et visée par une enquête, a également dénoncé vendredi une "trahison" d'ex-employés et assuré ne faire l'objet d'aucune "mesure judiciaire".

Selon l'entourage de la société, Alexandre Benalla a joué le rôle d'intermédiaire entre Vincent Crase et Velours pour ce contrat de sous-traitance. Signé le 25 juin 2018 avec la société Mars, il prévoyait la "protection rapprochée de la famille d'Iskander Makhmudov". Ce milliardaire, à la tête d'un empire industriel en Russie, est présenté par la justice espagnole comme faisant partie d'une puissante organisation criminelle. Les négociations auraient débuté dès janvier 2018, notamment dans un café proche de l'Elysée, ainsi qu'au siège de La République en Marche (LREM).

Selon Mediapart, l'oligarque russe a rémunéré Vincent Crase 294.000 euros pour ce premier contrat dont un peu plus de la moitié – 172.200 euros – a été reversé sur des comptes de Velours. Et, toujours selon nos confrères ce lundi, Alexandre Benalla aurait continué à s'impliquer personnellement afin que le contrat ne capote pas à la suite des révélations du "Monde", mettant sur pied un nouveau montage destiné à "mettre le contrat Makhmudov à l’abri des curiosités de la police et de la justice", écrit Mediapart.

Ce que confirme le fondateur de Velours, Jean-Maurice Bernard, à Mediapart ce lundi :

"Les faits s’imposent. Il n’y a qu’une réalité. Elle est aussi simple qu’incontestable. Alexandre Benalla nous a demandé de ne pas rompre le contrat nous liant à la société Mars. Contrat pour lequel il nous a sollicités. Contrat dont il a assisté la négociation. Contrat dont il a suggéré les noms."
Dans l'enregistrement d'une discussion entre Benalla et Crase – qui n'avaient pas le droit de se rencontrer –, diffusé par Mediapart le 26 mars, l'ancien chargé de mission à l'Elysée expliquait : "Faut changer de portage, faut faire ce qu’on avait prévu de faire et transférer. […] Faut que tu disparaisses de la boîte, dit Benalla à Vincent Crase. […] Donc faut qu’on trouve un mec… […] Enfin j’ai une idée en tête, mais faut qu’on mette la boîte au nom d’un autre mec… Parce que sinon […] ils vont faire des saisies conservatoires et ils vont mettre un stop à la boîte."

En l'occurrence, Alexandre Benalla aurait fait appel à Yoann Petit, un ancien militaire, afin de créer le 16 octobre dernier France Close Protection, la nouvelle entreprise "destinée à être la future récipiendaire de l’argent de l’oligarque".

"Le montant total de la nouvelle mouture du contrat Makhmudov s’élève à 980.000 euros (hors taxes). Sur cette somme, 294.000 euros ont été versés au mois d’octobre dernier à France Close Protection. Laquelle société a ensuite payé Alexandre Benalla, en novembre et décembre, pour plusieurs dizaines de milliers d’euros, partie visible de sa rémunération sur le contrat russe", explique Mediapart ce lundi.

Un nouveau contrat russe

Et ce contrat n'est pas le seul dans lequel Alexandre Benalla aurait décidé de s'impliquer. Après son départ de l'Elysée, il aurait négocié, toujours pour le compte de France Close Protection, un deuxième contrat russe avec le milliardaire Farkhad Akhmedov, un autre oligarque. Ce contrat aurait été conclu alors que l'ex-chargé de mission d'Emmanuel Macron voyageait encore avec ses passeports diplomatiques après sa mise à l'écart du Palais.

"Signé le 2 décembre 2018, ce contrat prévoit la protection de l’homme d’affaires et de ses enfants lors de ses séjours en France, en Suisse et dans différents pays d’Europe. Un chauffeur, un chef d’équipe et cinq officiers de sécurité sont prévus dans ce contrat. Montant total (hors taxes) : 980.000 euros", écrit Mediapart.

Toujours début décembre, un premier virement de 353.000 euros aurait atterri sur le compte de la société puis transféré vers une autre société au Maroc, dont l'ayant-droit serait Alexandre Benalla.
Caduce62
Caduce62

Messages : 6028
Date d'inscription : 05/01/2010
Age : 55
Localisation : chez les Ch'tis

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Caduce62 le Lun 25 Fév 2019, 19:37

https://www.rferl.org/a/daughter-of-putin-s-spokesman-working-in-european-parliament/29789851.html?fbclid=IwAR3wvmvimG0jhmvRjP5LeoFiy1b3pmo4GWG92zp-TNJ9QmkANUw8bEcvJJc

Exclusif: la fille du porte-parole de Poutine au Parlement européen  Twisted Evil 

Dernière mise à jour: le 25 février 2019 à 15h04 GMT
Par Rikard Jozwiak

BRUXELLES - RFE / RL a appris que le porte-parole de la fille du président russe Vladimir Poutine travaillait en tant que stagiaire au Parlement européen à Bruxelles. Il dispose d'un accès sans entrave à divers documents européens.

Yelizaveta Peskova, la fille du porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, âgée de 21 ans, est stagiaire chez Aymeric Chauprade, membre français du Parlement européen (eurodéputé) qui a publiquement soutenu l'annexion par la Russie de la péninsule de Crimée par l'Ukraine en 2014.

Le nom de Peskova apparaît sur la page Web officielle du Parlement européen (PE) de Chauprade et Chauprade a confirmé à RFE / RL qu'elle faisait partie de son équipe.

"Mme. Peskova est certes la fille d'une personnalité importante en Fédération de Russie, mais en tant qu'étudiante, elle n'a pas moins de droits que les autres jeunes de faire un stage dans le cadre de ses études », a déclaré Chauprade dans un commentaire envoyé par courrier électronique.

Il a ajouté que Peskova ne travaillait pas actuellement en Russie, que ce soit pour un organisme public ou privé.

Aymeric Chauprade Twisted Evil

"En conséquence, il ne peut y avoir de conflit d'intérêts dans l'exercice de mon mandat de député", a écrit Chauprade.

Chauprade est membre de la commission des affaires étrangères du PE et de la sous-commission de la sécurité et de la défense et fait partie de la délégation de la commission parlementaire UE-Russie.

Il était l'un des observateurs internationaux du référendum organisé par Moscou en Crimée à la suite de la prise de contrôle par l'armée russe de la péninsule ukrainienne en mars 2014.

A l'époque, Chauprade avait qualifié le référendum de "justifié", une position en contradiction avec celle de l'Union européenne. Une résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies appuyée par 100 pays a déclaré le référendum invalide et a confirmé l'engagement de l'assemblée en faveur de l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Plusieurs eurodéputés contactés par RFE / RL ont déclaré qu’ils ne savaient pas qu’un parent d’un haut responsable russe travaillait au Parlement.

Sandra Kalniete, eurodéputée lettone du plus grand groupe parlementaire, le Parti populaire européen de centre-droit, considère son travail comme une "négligence".

"C'est une violation des règles générales de sécurité du Parlement européen", a déclaré Kalniete.

Petras Austrevicius, eurodéputé lituanien du groupe libéral au Parlement européen, a qualifié la position de Peskova de «très grande honte pour le Parlement européen».

"Je ne pouvais pas croire que le Kremlin garde la main dans les poches et le cœur des institutions européennes", a déclaré Austrevicius à RFE / RL.

Interloquée par RFE / RL, une porte-parole de Peskova a déclaré qu'elle ne pouvait pas confirmer son emploi au PE.

En tant que stagiaire, Peskova a libre accès aux bâtiments du Parlement européen à Bruxelles et à Strasbourg et peut assister à toutes les commissions et autres réunions de la chambre.

Étant donné que les contrôles sont parfois très détendus avec peu de contrôles réels, il est également possible d'assister à des rassemblements d'autres groupes politiques. Elle a également accès à l'intranet du Parlement européen et à l'intranet du parti de son eurodéputé.

Les stagiaires du PE sont payés par le budget du député européen, qui est financé par les contribuables européens. On ne sait pas combien d'argent Peskova reçoit, le cas échéant.

Le député détermine le montant payé par un stagiaire, car il provient de l'allocation mensuelle allouée au politicien pour le personnel - environ 25 000 euros (28 389 dollars) par mois. Le paiement maximum pour un stagiaire est d'environ 1 600 euros, mais les députés peuvent également employer des stagiaires non rémunérés.

Peskova fait partie des nombreux enfants de l'élite politique russe qui résident ou étudient en Europe occidentale et sont accusés d'hypocrisie par les critiques du Kremlin.

Son père, qui est le porte-parole de Poutine depuis près de deux décennies, a fait l'objet de plusieurs exposés de la part du chef de l'opposition russe Aleksei Navalny, soulignant sa richesse et son goût coûteux.

Peskova est un utilisateur fréquent des médias sociaux avec près de 80 000 abonnés sur Instagram, où elle affiche généralement son style de vie glamour et prétend être basée à Moscou, Paris et Bruxelles.

Bien que son empreinte sur les médias sociaux ne semble pas comporter de photographies du Parlement européen, plusieurs photos de celle-ci visitent différents lieux emblématiques de Bruxelles.

Un eurodéputé est responsable de l’enregistrement de son stagiaire. Pour obtenir une carte d'accréditation temporaire, un formulaire d'une page doit être soumis au bureau d'accréditation du parlement. Le formulaire contient des informations de base - telles que le nom, la date de naissance et le numéro d’identification - et est généralement approuvé en quelques heures, indiquent les personnes familières avec le système à RFE / RL.

La procédure exige que le député et le stagiaire signent un contrat, ainsi qu’une demande de prise en charge des frais, une déclaration indiquant que le stagiaire bénéficie d’une assurance maladie et accident et une déclaration sur l’honneur dans laquelle le législateur déclare que le stagiaire a: un permis valide d'entrée et de séjour dans l'UE pour la durée du stage.

Le traitement de ces documents prend généralement trois semaines, après quoi le stagiaire obtient une accréditation permanente.

Chauprade a déclaré à RFE / RL que toutes les procédures nécessaires avaient été respectées lors du stage de Peskova.

«Je répète, ce contrat est validé par le Parlement et respecte à tous égards les obligations en la matière», a-t-il écrit.

Jusqu'à la fin de 2015, Chauprade était membre du Front national de la politique française Marine Le Pen et était le principal candidat du parti dans la région parisienne aux élections européennes de 2014.

Accusant l'antisémitisme chez les gens autour de Le Pen, il a quitté le parti pour devenir un député européen indépendant avant de devenir vice-président de l'autre groupe populiste de droite, l'Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD).

Ce groupe comprend également le Mouvement des cinq étoiles italien et le UKIP (United Kingdom Independence Party).

Knut Fleckenstein, eurodéputé allemand du groupe socialiste et démocrate de centre-gauche, a déclaré qu'il aurait au moins fallu annoncer publiquement qu'une personne ayant des liens politiques comme celle de Peskova avait obtenu un poste au Parlement européen.

«Je réfléchirais peut-être à deux fois à ce que je lui dirais», a déclaré Fleckenstein.
Caduce62
Caduce62

Messages : 6028
Date d'inscription : 05/01/2010
Age : 55
Localisation : chez les Ch'tis

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Matt le Lun 25 Fév 2019, 19:58

Le loup est dans la bergerie

______________________________________________
Відвідайте Україну.
"Driven to perfection" (A. Senna)
Matt
Matt
Admin

Messages : 8217
Date d'inscription : 01/01/2010
Age : 58
Localisation : Bruxelles, Belgique

http://forum-ukrainien.forumactif.org/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Caduce62 le Jeu 07 Mar 2019, 21:26

Les pro-Poutine, adeptes des procédures bâillons  Evil or Very Mad

Professeure en études russes, Cécile Vaissié est poursuivie en diffamation avec son éditeur, Les petits matins, pour une enquête sur les soutiens à la Russie de Vladimir Poutine en France.


Peut-on critiquer en France la politique de Vladimir Poutine, au pouvoir en Russie depuis vingt ans, sans risquer des poursuites en diffamation devant la justice ? Le fait est qu’un certain nombre de journalistes et d’universitaires qui travaillent sur la Russie contemporaine et mettent en lumière les réseaux multiples – plutôt actifs dans l’Hexagone – soutenant la politique du maître du Kremlin se retrouvent devant les chambres correctionnelles spécialisées en droit de la presse et en affaires de « diffamation publique » (telle la 17e chambre du tribunal de Paris). Des journalistes de Decodex, le groupe de fact-checking du Monde, en ont fait l’expérience, tout comme notre confrère Nicolas Hénin, spécialiste de la Syrie (où il fut otage), poursuivi en diffamation par des proches de l’ambassade de Russie à Paris pour des passages de son livre La France russe. Enquête sur les réseaux Poutine (Fayard, 2016).

Ces réseaux semblent donc particulièrement prompts à attaquer en justice, et on peut se demander s’il n’y a pas là une volonté de faire taire ou d’intimider quiconque mettrait au jour les liens entre ces soutiens pro­Poutine et leur présentation parfois très spéciale des informations concernant notamment la politique étrangère russe.

C’est ce qui arrive aujourd’hui à la chercheuse Cécile Vaissié, professeure en études russes, soviétiques et post-soviétiques, et directrice du département de russe à l’université Rennes-II, qui a publié, deux mois avant Nicolas Hénin, une enquête approfondie intitulée Les Réseaux du Kremlin en France, aux éditions Les petits matins, dont la gérante, Marie-Édith Alouf (par ailleurs secrétaire de rédaction à Politis), est également poursuivie comme directrice de la publication.

Six personnes (1) s’estiment diffamées par cet ouvrage, dont Guéorgui Chépélev, dirigeant du « Conseil de coordination des compatriotes » (mis en place, comme dans d’autres pays, directement par l’ambassade de Russie à Paris) ou le fameux ex-secrétaire national du Parti de gauche (PG) en charge des questions internationales et de défense, Djordje Kuzmanovic. Ce dernier est réputé avoir été, des années durant, la (première) plume de Jean-Luc Mélenchon, assez fréquemment favorable à la Russie ou très indulgente vis-à-vis du régime de Bachar Al-Assad en Syrie. Tout laisse d’ailleurs à penser – sans que cela ait jamais été dit clairement – que sa rupture avec La France insoumise (et le PG) en novembre 2018 s’explique par ses positions pro-russes, voire pro-syriennes, qui faisaient fortement débat au sein des deux formations parmi leurs militants.

Cécile Vaissié et Marie-Édith Alouf seront donc à la barre des prévenus au tribunal de Paris les 14 et 15 mars. Leur avocat, Me Ivan Terel, n’hésite pas à parler de « procédure bâillon », destinée à faire taire ces critiques, et compte le plaider devant les juges, considérant que cette ­procédure est « infondée et abusive », car relevant d’un « abus du droit d’agir en justice ».

On doit en effet s’interroger sur les buts de ce procès, vis-à-vis d’un livre qui n’a pas été un « best-seller » – quelque 2 500 exemplaires ont été vendus en trois ans. Une procédure judiciaire prend beaucoup de temps et d’énergie, sans oublier l’argent qu’elle coûte inévitablement en frais d’avocat. Et le fait d’attaquer une petite maison d’édition indépendante, qui ne dispose a priori pas d’un budget dédié pour se défendre, semble à tout le moins destiné à faire passer l’envie à d’autres éditeurs et chercheurs de se risquer à subir les mêmes déboires.

Une des interrogations de l’éditeur porte notamment sur la qualité des plaignants, engagés plutôt « à gauche », et sur leur rapprochement de fait avec d’autres soutiens pro-Poutine en France qui proviennent, eux, des milieux d’extrême droite, dont certains au Rassemblement national (RN), fort choyé par le pouvoir russe depuis longtemps. À l’instar de l’ex-député (LR) Thierry Mariani, rallié au RN – pour lequel il sera candidat aux prochaines européennes –, grand habitué des voyages de parlementaires invités à Moscou et militant pour la levée des sanctions internationales frappant la Russie depuis l’annexion de la Crimée. L’auteure du livre incriminé, Cécile Vaissié, souligne en effet les nombreux rapprochements idéologiques, parfois les réunions communes, entre des militants qu’a priori tout oppose mais qui apparaissent ensemble lorsqu’il s’agit de la Russie.

C’est ainsi que France Inter a révélé ces derniers jours la tenue prochaine d’un meeting d’organisations de jeunesse à Rome à la fin mars, avec pour invité spécial l’actuel ministre italien (post-fasciste) de l’Intérieur, Matteo Salvini, qui sera entouré des jeunes de son parti, la Ligue, du RN français, du Jobbik, parti fasciste hongrois, mais aussi de Russie unie, le parti de Poutine. Et des militants antifascistes parisiens n’ont pas hésité à pointer les « ponts idéologiques » qui se créent, sur les questions russes (ou ukrainiennes, ou syriennes…), entre l’extrême droite et, à gauche, certains militants anti-Otan ou « anti-impérialistes » (2).

Avant l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche et les forts soupçons d’ingérence russe dans sa campagne (qui occupent l’actuel procureur états-unien Robert Mueller), Cécile Vaissié a réalisé assurément un travail précurseur concernant les réseaux pro-­Poutine en France. Sans préjuger de l’issue du procès qui lui est intenté ainsi qu’aux Petits Matins, elle affirme sans conteste que, si ses recherches risquaient fortement de déplaire, elles ne comportent, selon elle, « aucun élément diffamatoire, car il s’agit de faits établis, ou alors de points de vue qui relèvent du libre débat démocratique ». Et la chercheuse de souligner, à propos des autres publications attaquées par les mêmes réseaux devant la justice : « Nous travaillons généralement avec des méthodes différentes, avec des approches parfois fort lointaines, mais nous arrivons tous aux mêmes résultats… »

(1) Olivier Berruyer, Guéorgui Chépélev, Djordje Kuzmanovic, Pierre Lamble, Vera Nikolski et Hélène Richard-Favre.

(2) Sur le blog des Morbacks Véners, « Antifa et révolution », 7 décembre 2014. Cité par Cécile Vaissié dans son livre, page 242.


Dernière édition par Caduce62 le Mar 12 Mar 2019, 14:07, édité 1 fois
Caduce62
Caduce62

Messages : 6028
Date d'inscription : 05/01/2010
Age : 55
Localisation : chez les Ch'tis

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Caduce62 le Mar 12 Mar 2019, 12:59

Jeudi 14 mars : rassemblement en soutien à Cécile Vaissié

Organisé par Union des Ukrainiens de France

de 13:00 à 14:00

Union des Ukrainiens de France
186 Boulevard Saint Germain 75006, 75006 Paris

Peut-on faire rimer divulgation avec diffamation ?

C'est à cette question que la 17ième Chambre du Palais de Justice, 29 à 45 avenue de la Porte de Clichy (métro : Porte de Clichy), aura à répondre, le 14 mars à 13H30.

Madame Cécile VAISSIE, auteur de l'ouvrage "Les réseaux du Kremlin en France" et son éditrice, Madame Marie-Edith ALOUF, sont poursuivies en diffamation par six personnes. Bien que provenant d'horizons divers, ces six "victimes" ont en commun : le bien fondé de la politique russe menée par Vladimir Poutine.

Rassemblons nous en nombre pour soutenir Madame Cécile VAISSIE et son éditrice.

N'en doutons pas, l'Ukraine sera au coeur du débat !
Caduce62
Caduce62

Messages : 6028
Date d'inscription : 05/01/2010
Age : 55
Localisation : chez les Ch'tis

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Krispoluk le Mar 12 Mar 2019, 13:58

Je pose une simple question d'ordre purement juridique :

Est-il anormal qu'une journaliste politique ou écrivaine soit poursuivie en justice en France, par une partie de ses contradicteurs ?

Si on a peur de ça, faut militer pour la suppression des tribunaux ou bien éviter de lancer des écrits publics...

Je ne connais pas le fond de l'affaire, donc, je me garderai bien d'argumenter sur le fond mais il me semble que "voir la main de Moscou ou de Poutine" derrière chaque procès ou soutien ou dénigrement de telle ou telle personne, me semble un peu excessif !

Puisque l'affaire est portée devant la justice, les manifestants n'ont-ils aucune confiance en la légendaire impartialité de la justice française ? (un peu d'humour ne fait pas de mal) ou bien veulent-ils faire pression sur la justice française ?

La question est posée... Question  Wink
Krispoluk
Krispoluk

Messages : 6013
Date d'inscription : 03/06/2014
Localisation : Chez les Ch'tis

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Caduce62 le Mar 12 Mar 2019, 15:10


Caduce62
Caduce62

Messages : 6028
Date d'inscription : 05/01/2010
Age : 55
Localisation : chez les Ch'tis

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Thuramir le Mar 12 Mar 2019, 22:22

Toute personne qui justifie d'un intérêt moral ou patrimonial peut porter une affaire en justice contre un journaliste ou l'auteur d'un livre. Ceci dit, les opinions, mêmes les plus choquantes, ne sont pas punissables puisqu'il s'agit de la liberté d'expression. S'il s'agit de faits, celui qui impute des faits à une autre personne (par exemple, "Le pharmacien du village a été vu dans un restaurant X en train de caresser la les jambes de la femme du notaire sous sa jupe") doit pouvoir les prouver si ces faits par toutes voies de droit.

Ce qui n'empêche pas de publier des articles en se demandant s'il n'existe pas une possibilité de corruption parce qu'un homme politique a pris une décision politique hautement contestable ou économiquement incompréhensible, et que l'homme politique entretient des liens avec tel ou tel groupe de pression ou un richissime homme d'affaires impacté par la décision prise. Cela ressort de l'intérêt public et les personnes doivent pouvoir se poser ces questions. Il faut toutefois que les liens reprochés à l'homme politique soient établis et qu'il existe une base factuelle démontrée.

Par exemple, dans l'affaire suivante du 5 mars 2019, les tribunaux russes n'avaient pas fait la part des choses entre les faits et le jugement de valeur de la journaliste et la Russie a été condamnée par la cour européenne des droits de l'homme :

Skudayeva c. Russie (requête no 24014/07)
La requérante, Anna Skudayeva, est un ressortissante russe née en 1975 et résidant à Kostroma (Russie).
Dans cette affaire, la requérante avait été reconnue responsable de diffamation par voie de presse à l’égard d’un gouverneur régional.
En juillet 2006, Mme Skudayeva rédigea pour un journal local, le Chronomètre de Kostroma (Хронометр-Кострома), un article sur la corruption. Le gouverneur de la région de Kostroma engagea par la suite contre elle et contre l’éditeur du journal une action civile en diffamation relativement à certaines affirmations contenues dans l’article.
En octobre 2006, Mme Skudayeva fut jugée responsable de diffamation à l’égard du gouverneur pour avoir fait de fausses déclarations à caractère calomnieux. Elle fut condamnée à payer 500 roubles russes en réparation du préjudice moral, et cette décision fut confirmée en appel en décembre de la même année.
Mme Skudayeva reprochait aux jugements rendus dans le contexte de l’action en diffamation d’avoir indûment restreint ses droits tels que protégés par l’article 10 (liberté d’expression) de la Convention européenne des droits de l’homme.
Violation de l’article 10

Satisfaction équitable : 2 000 euros (EUR) pour préjudice moral, ainsi que 850 EUR pour frais et dépens.

Le contrôle porte aussi sur la sanction qui, si elles est constituée par une une peine de prison, doit être proportionnée par rapport au trouble créé par l'article du journaliste, à défaut de quoi il y violation de la liberté d'expression. Voici, par exemple, un arrêt du  7 mars 2019 de la cour européenne des droits de l'homme où la diffamation avait été prouvée dans le chef du journaliste italien :

La peine de prison infligée à un journaliste italien bien connu à la suite de sa condamnation pour diffamation était « manifestement disproportionnée »
Dans son arrêt de chambre, rendu ce jour dans l’affaire Sallusti c. Italie (requête no 22350/13), la Cour européenne des droits de l’homme dit, à l’unanimité, qu’il y a eu :
violation de l’article 10 (liberté d’expression) de la Convention européenne des droits de l’homme.
L’affaire concerne un journaliste, Alessandro Sallusti, qui a été déclaré coupable de diffamation, s’est vu infliger une amende ainsi qu’une peine de prison et a purgé une partie de sa peine dans le cadre d’une assignation à résidence. Les juridictions nationales ont estimé que les articles qui avaient été publiés sous son contrôle avaient rapporté à tort qu’une jeune fille de treize ans avait été contrainte par ses parents et par un juge des tutelles de subir un avortement alors que la presse avait la veille de cette publication précisé que l’intéressée avait souhaité cet avortement.
La Cour juge que M. Sallusti a porté atteinte à l’honneur et au droit au respect de la vie privée de la jeune fille, de ses parents et du juge, mais que rien ne justifiait de lui imposer une peine de prison.

Pareille sanction est allée au-delà de ce qui aurait constitué une restriction « nécessaire » à la liberté d’expression de M. Sallusti.
Thuramir
Thuramir

Messages : 2803
Date d'inscription : 11/07/2010
Localisation : Bruxelles

Revenir en haut Aller en bas

Re: Les collabos !

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum