Le gaz revient sur la scène . . .

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Message  Thuramir le Mer 8 Juin - 10:54

J'ajouterai : sans contreparties ?
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Александр le Mer 8 Juin - 11:02

C'est le boulot des négociateurs.
Perso, je doute fort d'un résultat.
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Krispoluk le Mer 8 Juin - 11:14

Bon, comme j'explique à des Belges, je vais prendre un exemple local Laughing 

La logique est la même que pour Pierre (prénom pris au hasard) qui préfère acheter son pack de Gueuze Lambic chez Delhaize, plutôt que chez Carrefour parce qu'il va économiser 30 cents (chez nous on dit des centimes Laughing) donc il fait des économies cheers Bon, vous fâchez pas les gars, c'est de l'humour français... Wink

Thuramir, le temps des "contreparties" est terminé et je crois que tous les acteurs l'ont bien intégré !

On n'est plus à l'époque de Yanoukovitch où la Russie vendait son gaz 100 ou 200$ en dessous du cours moyen international pour prix de l'allégeance politique à Moscou (comme elle le fait toujours pour la Biélorussie).

La Russie pensait étrangler économiquement l'Ukraine, la tentative a foiré lamentablement...

On peut désormais revenir discuter tranquillement à la table des négociations, l'argent (même celui du gaz) n'a pas d'odeur  Evil or Very Mad

La Russie est aux abois pour ses exportations de gaz, l'Ukraine lui avait échappé, les pays européens diminuent leur dépendance, d'autres acteurs : USA, Canada ont bien l'intention de lui piquer des parts de marché  Laughing Quand le réalisme économique prend le pas sur la politique  Wink
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Thuramir le Mer 8 Juin - 14:23

L'avenir nous dira ce qu'il en sortira.
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Krispoluk le Mer 8 Juin - 15:20

Bon, alors le secteur de l'énergie est un secteur économique qui me passionne tout particulièrement... Je vais donc vous balancer 3 articles admirablement documentés sur ce secteur et sur ce qui change la donne par rapport à "avant"...

Attention, prenez 2 aspirines ou une demi-bouteille de whisky parce que c'est long, hein Crying or Very sad Mais on apprend des choses  study cheers

[b][b]Les Etats-Unis, nouveaux rois du gaz ?[/b][/b]
Cécile Chevré
Grande révolution dans l'univers gazier : en janvier dernier, un bateau affrété par l'américain Cheniere accostait sur les côtes de Louisiane pour récupérer son chargement, du GNL (gaz naturel liquéfié) américain destiné au marché européen.
Une grande première pour le gaz américain et un sacré bouleversement dans l'univers gazier dont les exportateurs traditionnels – la Russie, le Qatar, le Canada, l'Australie – ronronnaient un peu.
Entre l'effondrement des prix du gaz, dans la suite de ceux du pétrole, et l'arrivée de ce nouvel acteur, c'est l'effervescence et ce d'autant plus que les Etats-Unis ont longuement hésité avant de se lancer sur la scène internationale.
Pourquoi les Etats-Unis ont-ils changé leur fusil d'épaule et se sont-ils convertis à l'exportation ?
Pourquoi les Etats-Unis ont-ils changé leur fusil d'épaule et se sont-ils convertis à l'exportation ?
Je vous le disais, la production américaine de gaz atteint aujourd'hui les 700 milliards de mètres cubes. Non seulement ils sont presque totalement indépendants, mais aussi en situation de surproduction.
Pourquoi exporter ?
En exportant ce surplus, les Etats-Unis espèrent maintenir les prix du gaz à un niveau raisonnable : à savoir suffisamment hauts pour éviter les catastrophes du style de celle de Chesapeake et encourager le développement de nouveaux projets, mais aussi suffisamment bas pour être un avantage de poids sur la facture énergétique des entreprises et des particuliers. L'exportation pourrait donc servir d'élément de régulation.

A cela il faut ajouter la pression du secteur gazier qui a vu dans cette possible ouverture un formidable relai de croissance. Dès 2010, et alors que la question d'autoriser les exportations était très loin d'être tranchée, Cheniere a déposé une demande d'exportation, suivi en cela par une vingtaine de compagnies. Sur cette vingtaine de dossiers, sept ont été acceptés par l'administration américaine.
L'autre raison est politique. En 2014, Barack Obama a annoncé qu'il accordait une 6e et 7e licence d'exportation. En 2014, les tensions entre d'un côté la Russie et de l'autre l'UE et les Etats-Unis au sujet de l'Ukraine et de la Crimée étaient particulièrement vives. Du côté du Vieux continent, de nombreuses voix s'élevaient pour contrer la dépendance européenne au gaz russe (qui fournit un peu moins de 40% du gaz consommé en Europe, mais 100% de la demande ukrainienne ou lituanienne).
L'arrivée d'un nouvel acteur pouvait tomber à pic d'autant plus que la Russie n'a pas hésité à se servir plusieurs fois de la menace gazière pour appuyer ses positions politiques et géopolitiques. Si aucune véritable coupure n'a vraiment été envisagée dans l'approvisionnement des pays d'Europe de l'Ouest, des pays comme l'Ukraine ont été bien moins préservés des conséquences du monopole russe.
Aussi bien du côté européen qu'américain, certains soutiennent donc l'utilisation du gaz made in Etats-Unis comme arme économique et politique contre la Russie
Aussi bien du côté européen qu'américain, certains soutiennent donc l'utilisation du gaz made in Etats-Unis comme arme économique et politique contre la Russie.
Six des terminaux en construction sont situés sur la côte est ou sud, donc bien placés pour exporter vers l'Europe. Et ce n'est peut-être pas un hasard si le premier cargo rempli de gaz américain va prendre la direction de l'Europe et non pas du Japon.
Voilà pour ce qui est des raisons à ce changement de politique gazière.
Après l'Amérique latine, conquérir l'Europe et l'Asie
Le revirement est d'importance car, malgré les raisons que je vous ai exposées ci-dessus, nombreuses étaient les oppositions – politiques et économiques – à cette Amérique exportatrice de gaz. Le sujet est sur la table depuis de nombreuses années et a eu du mal à se frayer un chemin malgré le soutien affiché par Barack Obama dès son premier mandat.

D'ailleurs la marche des Etats-Unis a été prudente. Les premiers accords signés sous la houlette d'Obama ont été avec des "pays frères" d'Amérique centrale et du Sud, comme le Mexique – qui importe déjà 16 millions de tonnes de gaz de schiste américain par an.
Les Etats-Unis s'attaquent à un marché bien plus vaste : l'Europe et l'Asie
Mais aujourd'hui, les Etats-Unis s'attaquent à un marché bien plus vaste : l'Europe et l'Asie. L'Union européenne importe environ 420 milliards de mètres cubes par an, le Japon 128 milliards et la Chine 60 milliards. Si, comme je vous le disais, six des sept terminaux en construction se trouvent à l'Est et au Sud, le 7e – construit ex nihilo – est quant à lui prévu sur la côte ouest. Objectif : le marché asiatique. Et une nouvelle fois concurrencer la Russie très présente aussi bien en Chine qu'au Japon.
Pour les Etats-Unis voici donc des marchés particulièrement attractifs alors que l'Europe aspire depuis quelques années – et cela ne s'est pas arrangé avec l'affaire Ukraine-Russie – à réduire sa dépendance au gaz russe.
Quant au Japon, presque entièrement dépendant des importations pour assouvir ses besoins énergétiques, il a toutes les chances d'être intéressé par l'arrivée d'un nouvel exportateur sur le marché mondial, d'autant plus que cet exportateur pourrait casser les prix car le cours du gaz naturel américain est bien inférieur à celui pratiqué en Europe, ou en Asie (tout particulièrement au Japon).
Les Etats-Unis peuvent-ils faire sauter le prix du gaz mondial ?
Au vu de ce graphique, vous devez avoir les cheveux qui se sont dressés sur la tête : le gaz naturel américain est plus de quatre fois moins cher que les prix du gaz au Japon et près de trois fois moins cher qu'en Europe. De quoi faire exploser en vol le marché du gaz et propulser les Etats-Unis en tête des plus grands exportateurs gaziers de la planète, non ?

Au total, la capacité d'exportation de GNL américaine devrait atteindre les 65 millions de tonnes par an en 2018 (contre une production mondiale de 250 millions).
Les Etats-Unis peuvent-ils inonder la planète de gaz à bas coût ?
Les Etats-Unis peuvent-ils inonder la planète de gaz à bas coût ?
Eh bien... ce n'est pas si simple que cela.
Premièrement, les exportations gazières américaines déboulent sur un marché déjà largement saturé. La demande mondiale de gaz, et les prix, devraient se reprendre dans les années qui viennent mais disons que les premières exportations outre-mer américaines n'arrivent pas au meilleur moment. La faiblesse des prix du gaz a déjà incité certaines compagnies à retirer leur dossier d'autorisation d'exporter.
En outre, le principal atout du gaz US (son bas coût) tend aujourd'hui à s'amenuiser alors que les prix mondiaux du gaz s'effondrent en parallèle de ceux du pétrole. Même le pétrole au Japon est revenu à un prix plutôt raisonnable, autour de 9 $ le million de Btu contre 17,50-18 $ en 2012-2013.
Ensuite, le prix auquel va être acheté le gaz américain ne correspond pas aux prix actuels du marché. Vous le savez, le monde des matières premières est essentiellement régi par des contrats négociés bien en amont.
Les premiers contrats signés par Cheniere, par exemple avec le français Total, reposent donc sur des prix supérieurs à ceux pratiqués en ce moment. D'après Les Echos, Total va ainsi acheter le million de BTU à 7,5 $, alors que le prix du gaz européen varie entre les 5 $ et les 6 et quelques dollars.
Ces contrats sont une bonne nouvelle pour Cheniere et les autres candidats exportateurs qui ne vont pas mettre la clé sous la porte dès demain mais qui limitent malgré tout l'avantage économique du gaz américain.
Le gaz américain dispose d'un autre atout : ses contrats
Malgré ces – pas si négligeables – nuances, le gaz américain dispose d'un autre atout : ses contrats. Plus souples que ceux à 20 ans (!) traditionnellement proposés dans l'industrie gazière, ils s'adaptent mieux aux évolutions des cours et aux demandes des clients. Au final, ces contrats devraient rendre le gaz américain plus attractif que la concurrence traditionnelle.
Alors, les Etats-Unis vont-ils conquérir le monde gazier ?
Vous l'aurez compris, la réponse n'est pas évidente. De nombreux facteurs entrent en jeu : le cours du pétrole, celui du gaz, le rythme de délivrance des autorisations, l'intérêt des compagnies gazières pour l'exportation, la progression de la demande mondiale, le rythme d'entrée en fonctionnement des terminaux d'exportation...

Les Etats-Unis peuvent devenir un acteur qui compte en matière d'exportation gazière, d'autant plus s'il parvient à convaincre ses clients de l'intérêt économique et géopolitique (les deux vont de pair) de son gaz.
Pour les investisseurs qui souhaitent investir dans le secteur, des compagnies comme Ultra Petroleum (UPL-NYSE), Southwestern Energy (SWN-NYSE) et Cheniere Energy (LNG-NYSE) méritent votre attention.
Avant de conclure pour aujourd'hui, j'ajouterai trois remarques :
- Premièrement, même si les cours sont aujourd'hui au plus bas, le gaz me semble promis à un bien meilleur avenir. Cette source d'énergie s'avère une alternative crédible aux solutions plus polluantes comme le charbon. Or malgré des ratés, la tendance générale est tout de même à une meilleure prise en compte des contraintes environnementales en matière d'énergie, que cela soit aux Etats-Unis ou en Asie.
- Deuxièmement, investir dans le gaz américain nécessite de garder un oeil attentif aux niveaux de production sur le territoire américain. La montée en puissance des Etats-Unis repose en grande partie sur le gaz de schiste. Or les réserves américaines ont beau être conséquentes, la durée de vie de ce type d'exploitation est très loin d'être éternelle. Attention donc au niveau de production !
- Enfin, savez-vous que les Etats-Unis ne veulent pas seulement exporter leur gaz ? Ils ont de grandes ambitions... pour leur pétrole. Nous aurons l'occasion d'en reparler.
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Krispoluk le Mer 8 Juin - 15:24

[b][b]Les Etats-Unis, nouveaux premiers exportateurs de pétrole au monde ?[/b][/b]
Cécile Chevré
Depuis décembre dernier, les Etats-Unis ont de nouveau ouvert la voie aux exportations de pétrole brut, mettant fin à une interdiction datant du milieu des années 70 et du premier choc pétrolier.
Plusieurs cargos chargés d'or noir ont donc déjà pris la direction des ports européens. Une petite révolution dans le monde du pétrole mais avec quelles conséquences ?
Les Etats-Unis, exportateurs de brut... quels changements ?
Sur le papier, cette décision est une excellente nouvelle pour les producteurs de pétrole américains qui vont pouvoir partir en quête de nouveaux marchés et de nouveaux clients.

La production actuelle américaine atteint 9,4 millions de barils par jour (en recul par rapport aux 11,6 millions produits quotidiennement en 2014), elle pourrait rapidement redécoller si les prix du pétrole se reprenaient durablement ou si la demande internationale accélérait. En outre, les Etats-Unis disposent de solides stocks de brut (de plus de 500 millions de barils).
Cette décision est moins bonne pour les raffineurs américains qui ont profité de l'effondrement des cours du brut pour augmenter significativement leurs marges. En effet, certains estiment que l'ouverture à l'international aura des conséquences – à la hausse – sur les cours de l'énergie sur le territoire américain.
Elle n'a pas non plus fait plaisir aux écologistes qui craignent que cette autorisation n'encourage un peu plus l'industrie pétrolière. Or les conséquences environnementales de la fracturation hydraulique ou des forages en eaux très profondes et dans des régions comme l'Arctique ne peuvent être balayées d'un revers de main.
Je pourrais aussi longuement disserter sur les possibles conséquences géopolitiques de l'émergence des Etats-Unis comme exportateurs de pétrole. Certains doivent rêver d'un pétrole américain capable de rebattre les cartes, d'affranchir l'Amérique et ses alliés de leur trop grande dépendance à l'OPEP ou à la Russie. Ce sont certainement les mêmes qui ont surnommé le pétrole exportable le "Liquid American Freedom" (La Liberté américaine liquide) ... On peut toujours rêver.
Du côté européen, la prudence reste généralement de mise. 27% des importations européennes de pétrole viennent de Russie et depuis que les relations entre Bruxelles et Moscou se sont tendues, les pays de l'UE ont exprimé leur volonté de diversifier leurs sources d'approvisionnement. Malgré tout, l'offre de pétrole est abondante, et l'argument financier prépondérant.
Avons-nous besoin du pétrole américain ?
C'est au fond la question.

Il fut un temps où les Etats-Unis auraient pu mettre en avant un argument de taille pour conquérir de nouveaux marchés : la différence entre le prix du WTI (le pétrole américain) et celui du Brent (le pétrole européen de référence, à savoir celui de la mer du Nord). Pendant des années, le cours du WTI a évolué sous celui du pétrole européen.
Le graphe ci-dessous illustre l'évolution du WTI (en bleu), du Brent (en noir) et de la différence entre les deux (en rouge).
Ainsi, en janvier 2014, le Brent était 14 $ plus cher que le WTI. Ecart qui s'est progressivement réduit au cours des derniers mois. Au moment où j'écris ces lignes, le Brent cote 33,60 $ et le WTI 32,40 $, soit 1,20 $ de différence. Pas vraiment de quoi rendre le WTI particulièrement attractif à l'international et ce d'autant plus que les coûts d'exportation du pétrole américain vers l'Europe ou l'Asie sont estimés à plus de 3-4 $ par baril.
Tout comme le GNL américain qui fait chemin vers l'Europe, le pétrole américain arrive au pire moment sur un marché mondial si saturé que les cours se sont effondrés. La récente entente entre l'Arabie saoudite, la Russie, le Venezuela, le Qatar et l'Iran pour maintenir la production au niveau de janvier 2016 ne va pas changer grand-chose, même si elle est respectée (ce dont je doute). Les stocks de pétrole mondiaux sont au plus haut, la demande croît moins rapidement qu'il y a encore 2 ans et, pour dire les choses clairement, personne n'a besoin du pétrole américain en ce moment.
Les Etats-Unis, malgré leur production et leurs réserves conséquentes, ne peuvent pas vraiment faire le poids face aux colosses du secteur comme l'Arabie saoudite. Si les réserves américaines prouvées (à fin 2014) atteignent les 40 milliards de barils, celles du royaume saoudien dépassent quant à elles les 265 milliards de barils.
En outre, les Etats-Unis sont toujours les premiers consommateurs au monde de pétrole avec plus de 19 millions de barils consommés chaque jour (chiffre datant lui aussi de 2014). En clair, cela veut dire que la production américaine ne couvre qu'environ 50% de ses besoins en pétrole. Le reste est toujours importé.
Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Les exportations américaines de pétrole ne devraient donc pas modifier en profondeur les règles du jeu pétrolier. Au pire (ou au mieux) pourront-elles accentuer les tendances actuelles, à savoir la surabondance d'offre par rapport à la demande ou encore la fragilité de certains pays producteurs qui vont un peu plus souffrir à cause de la concurrence américaine.

Là où le pétrole américain continuera de faire la différence, c'est aux Etats-Unis.
La fièvre qui avait entouré ce que certains avaient appelé la "révolution du schiste" s'est largement calmée. Le secteur fait aujourd'hui très peur – à juste titre – alors que les faillites et les fermetures de puits devraient s'accélérer si les prix du brut ne remontaient pas.
Pourtant, il faut saluer la résistance des producteurs américains face à l'adversité et à une Arabie saoudite bien décidée à voir leur tête rouler. Ceux d'entre eux qui parviendront à maintenir leur activité seront les grands gagnants de la reprise des cours du pétrole puisqu'ils pourront rapidement y répondre.
Car, n'en doutez pas, au contre-choc pétrolier actuel va succéder un nouveau choc haussier. Les investissements sont au plus bas dans le secteur et alors que la demande mondiale continue de progresser, le moment finira par arriver où celle-ci surpassera à nouveau l'offre. Le problème c'est que personne ne peut aujourd'hui dire exactement quand cette réaction se déclenchera. Dans 2 ans, 3 ans, 5 ans ?
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Krispoluk le Mer 8 Juin - 15:27

[b][b]L'Arabie saoudite laissera-t-elle le pétrole s'envoler ?[/b][/b]
Cécile Chevré
Alors que le Brent vient de passer au-delà des 50 $, la question que nous nous posions hier est toujours plus d'actualité : le baril peut-il poursuivre son rally ? Peut-il filer vers les 60 $ ? Les 80 $ ?
L'Arabie saoudite, premier producteur et exportateur de pétrole au monde, est à juste titre au coeur des réflexions sur l'évolution possible du baril.
Les difficultés financières grandissantes du pays, ainsi que l'annonce toute récente de l'introduction en Bourse (IPO) d'une partie (5%) de la toute puissante compagnie nationale saoudienne du pétrole, Saudi Aramco, laisse penser que l'Arabie saoudite s'apprête à changer de politique et à réduire sa production pour relancer les cours. C'est du moins une analyse couramment répandue en ce moment.
Mais comme je vous le disais hier, une autre interprétation est possible.
L'Arabie saoudite se rêve moins dépendante du pétrole
L'annonce de l'IPO partielle de Saudi Aramco doit être pensée comme un élément de la mutation en cours au coeur du pouvoir saoudien. Je vous en ai déjà parlé : le nouvel homme fort du régime est le vice-prince héritier Mohammed ben Salmane Al Saoud.

Ministre de la Défense, second vice-premier ministre héritier désigné d'un roi malade, il a mené la guerre au Yémen ainsi que les négociations ratées de Doha d'avril dernier (instauration d'un gel de la production de pétrole).
Nombreux sont ceux qui voient sa volonté derrière le remplacement de l'historique ministre du pétrole, Ali Al-Naïmi, début mai dernier.
Mohammed ben Salmane Al Saoud est aussi président du Conseil des affaires économiques et du développement. Et c'est à ce titre qu'il vient d'annoncer l'IPO d'Aramco et le lancement d'un ambitieux programme économique : le plan national Vision 2030.
Le nom de ce plan n'est pas particulièrement original, voire même assez ringard, mais il cache une petite révolution économique. Son objectif : réduire la dépendance de l'Arabie saoudite au pétrole, d'ici 2030.
La part des hydrocarbures dans les recettes saoudiennes sont estimées, selon les sources, entre 70% et 80%. Tout comme la Russie ou le Venezuela, l'Arabie saoudite fait partie de ces pays dont l'économie est totalement dépendante du pétrole. Et les récents déboires du prix du baril ont une nouvelle fois démontré le danger d'une telle sujétion.
L'Arabie saoudite est consciente de cette faiblesse, et le prince Mohammed est manifestement décidé à remédier à ce qu'il décrit lui-même comme une "addiction".
Le plan Vision 2030 veut donc réduire cette dépendance, mais aussi mettre sur pied un secteur de la Défense crédible (on voit là la main de celui qui est aussi ministre de la Défense et dont l'intransigeance face à l'Iran est de notoriété publique) et favoriser le tourisme.
2 000 milliards de dollars pour un fonds public d'investissement
L'IPO partielle d'Aramco fait partie de ce plan : les 2 000 milliards de dollars qu'elle devrait rapporter vont servir à financer le plan industriel du prince Mohammed mais aussi un gigantesque fonds public d'investissement.

Ce fonds est destiné à investir dans tout une série d'actifs à l'étranger, dont les dividendes sont censés concurrencer les revenus pétroliers. Selon le prince Mohammed, les effets de cette politique devraient se faire ressentir dès 2020.
Les critiques n'ont pas manqué de dénoncer l'irréalisme de ce plan mais, qu'importe, ce n'est pas ce qui nous intéresse en ce moment.
Ce qui est sûr, c'est que pour financer ces changements, mais aussi pour maintenir une certaine paix sociale dans un pays où le chômage progresse de manière préoccupante, l'Arabie saoudite a besoin d'importants revenus financiers.
Il y a donc fort à parier qu'elle va augmenter sa production et ses exportations de pétrole dans les mois à venir, quitte à faire de nouveau chuter les cours du brut et à vendre avec une marge plus faible.
Le pétrole, arme politique pour l'Arabie saoudite
Le remplacement d'Ali Al-Naïmi par Khaled al-Faleh, proche du prince Mohammed et ancien dirigeant d'Aramco, laisse entrevoir une reprise en main étatique du pétrole.

Bien que nationalisée, Aramco était en effet parvenue à conserver une certaine marge de manoeuvre et indépendance face au pouvoir saoudien. Une indépendance qui rassurait les marchés et les acheteurs internationaux. Le remplacement d'Al-Naïmi inaugure une nouvelle ère, qui ferait d'Aramco une arme géopolitique puissante pour le pouvoir saoudien. C'est ce que remarquait le Financial Times :
Sous l'autorité de M. Al-Naïmi, il y avait quelques certitudes : l'Arabie saoudite ne politisait pas ses ressources pétrolières et il était entendu que le royaume utilisait une partie de celles-ci comme tampon pour empêcher une escalade des prix [du pétrole] vers des sommets dangereux.
Le vice-prince héritier a déjà indiqué qu'il est à utiliser le pétrole comme un outil politique, laissant entendre que le royaume pourrait facilement augmenter sa production de plus de 11 millions de barils par jour alors que son rival régional, l'Iran, tente de récupérer des parts de marché après des années de sanctions.
Dans les mains de Mohammed Al Saoud, le pétrole saoudien est plus que jamais une arme, orientée vers l'Iran et tous ceux qui contesteraient la supériorité de l'Arabie saoudite sur le pétrole.
A court terme donc, et à moins que la demande – ou la perception de la demande par les marchés – ne progresse très significativement, l'Arabie saoudite pourrait à maintenir les cours du baril autour, voire même sous, les 50 $.
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Thuramir le Jeu 9 Juin - 21:25

Analyse intéressante, mais on manque de vision sur quelques facteurs essentiels, et notamment :

  1. Quelle est la quantité de pétrole produite dans le monde et par rapport à la quantité de la demande ?
  2. Idem pour le gaz.
  3. Quelles sont les réserves en ressources en gaz et en pétrole des différents pays producteurs ?
  4. Quel est le coût du barril / le coût du mètre (ou du millier de mètres cubes) cube de gaz produit par pays ?
  5. Quel est le coût du transport par pays ?
  6. Quelles sont les différences de qualité entre les pétroles et, partant, de coût de raffinage (le pétrole de Libye est de bien meilleure qualité que celui du Nigéria, par exemple) ?
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Matt le Jeu 9 Juin - 22:26

Un vrai challenge pour avoir ces réponses, ces infos sont secrètes.
Par exemple pour le coût du transport, c'est jalousement gardé.
Je sais de quoi je parle étant dans le secteur du transport de l'électricité, nous avons des clauses de confidentialité dans nos contrat d'emplois.

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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Александр le Ven 10 Juin - 13:43

Le deal n'aura pas lieu:

Ukraine refuses to buy Russian gas at price offered by Gazprom

Ukraine will not buy natural gas from Russia`s energy giant Gazprom at a price of $177 per 1,000 cubic meters because such price is too high even compared with that offered by the European suppliers, Business Development Director of Naftogaz of Ukraine Yuriy Vitrenko wrote on Facebook.

”Russian Energy Minister says Gazprom will sell gas at $177 in the third quarter. When adjusted for a calorific value, it means that the price in invoices will be $182-183. He [minister] believes that the price is even lower than the market one. We disagree. Yesterday, the price of natural gas for July at Germany`s NCG hub was below $173,” Vitrenko wrote.


Vitrenko noted that Ukraine would make all necessary purchases of gas on the European market.


”The fact that Gazprom`s price remains even higher than the German hub price will be a sufficient argument for us at Stockholm arbitration,” he concludes.


As UNIAN reported earlier, in the first quarter of 2016, Naftogaz of Ukraine imported gas from the European Union at an average price of $198 per 1,000 cubic meters, lower by 34% year-over-year.
Major suppliers in this period were Poland, Hungary and Slovakia. Ukrainian Energy Minister Ihor Nasalyk stated Ukraine would be ready to resume gas imports from Russia provided Gazprom offered reasonable prices.


On June 7, Naftogaz sent a letter to Gazprom arguing that the economically justified price of gas from Gazprom should be ”the price at the hub minus transportation.”


According to the company`s press service, Naftogaz buys gas from European suppliers according to the formula ”hub plus transportation” (costs of transportation to the European hub in the territory of Ukraine and the EU countries). Naftogaz says it will consider Russian gas if Gazprom can offer a price that is lower than that offered by the European suppliers.
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Krispoluk le Ven 10 Juin - 14:47

La Russie prise à son propre piège ! Very Happy Very Happy Very Happy



Résumé :

- Sous Yanoukovitch (avant 2013), on sous-facturait le gaz à l'Ukraine pour le prix de l'allégeance politique à Moscou, autour de 210$ les 1000m3, je crois, alors que le marché international s'établissait à 375-400$ (je suis pas sûr des chiffres mais le principe reste le même).
- Révolution Maïdan arrive et Moscou relève brutalement son prix à 400 ou 410$, je crois, plus élevé que le marché international... Calcul des russes : on va étrangler économiquement l'Ukraine et de toute façon ils pourront pas se ravitailler ailleurs, vu que le réseau de distribution vient de Russie et qu'ils sont dépendants à 100%... Grosse rigolade chez les russes... Suspect
- 2015, l'Ukraine appelle à l'aide l'Europe. Les Polonais, les Slovaques, qui acceptent de lui revendre du gaz à des tarifs intéressants et la Norvège qui accepte d'augmenter sa production de gaz à leur profit. Grosse surprise des russes : les gazoducs pour alimenter l'Europe de l'Ouest peuvent aussi servir dans le sens inverse et alimenter l'Ukraine à notre désavantage...
- 2016, L'Ukraine indépendante à 100% du gaz russe (comme de l'électricité), baisse drastique des revenus issus de la "rente énergétique" russe, panique au Kremlin "on a perdu un marché de 40 millions d'habitants What a Face ", reprise des négociations dans la panique, à l'initiative des russes.
Au contraire du pétrole, il est beaucoup plus difficile de diminuer et de stocker la production de gaz en cas de chute des exportations... Le couteau sous la gorge à Moscou  Twisted Evil 
- Juin 2016, reprise des négociations, les russes prétendent vendre à un prix supérieur aux européens "ben oui, le transport coûtera moins cher" et les ukrainiens qui les reclaquent : "on a toujours moins cher en Europe Laughing"


Conclusion : les russes dans le caca et les ukrainiens maîtres du jeu ! Laughing Laughing Laughing
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Александр le Ven 10 Juin - 14:51

C'est exactement la même chose qu'ont fait les chinois avec le gaz russe aussi.
Ils l'ont bien moins cher que les autres.
bon là, la Russie est gagnante vu les volumes dont ont besoin les chonois, mais dans le futur . . . si tout va bien.
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Thuramir le Sam 11 Juin - 0:57

Krispoluk a écrit:La Russie prise à son propre piège ! Very Happy Very Happy Very Happy



Résumé :

- Sous Yanoukovitch (avant 2013), on sous-facturait le gaz à l'Ukraine pour le prix de l'allégeance politique à Moscou, autour de 210$ les 1000m3, je crois, alors que le marché international s'établissait à 375-400$ (je suis pas sûr des chiffres mais le principe reste le même).
- Révolution Maïdan arrive et Moscou relève brutalement son prix à 400 ou 410$, je crois, plus élevé que le marché international... Calcul des russes : on va étrangler économiquement l'Ukraine et de toute façon ils pourront pas se ravitailler ailleurs, vu que le réseau de distribution vient de Russie et qu'ils sont dépendants à 100%... Grosse rigolade chez les russes... Suspect
- 2015, l'Ukraine appelle à l'aide l'Europe. Les Polonais, les Slovaques, qui acceptent de lui revendre du gaz à des tarifs intéressants et la Norvège qui accepte d'augmenter sa production de gaz à leur profit. Grosse surprise des russes : les gazoducs pour alimenter l'Europe de l'Ouest peuvent aussi servir dans le sens inverse et alimenter l'Ukraine à notre désavantage...
- 2016, L'Ukraine indépendante à 100% du gaz russe (comme de l'électricité), baisse drastique des revenus issus de la "rente énergétique" russe, panique au Kremlin "on a perdu un marché de 40 millions d'habitants What a Face ", reprise des négociations dans la panique, à l'initiative des russes.
Au contraire du pétrole, il est beaucoup plus difficile de diminuer et de stocker la production de gaz en cas de chute des exportations... Le couteau sous la gorge à Moscou  Twisted Evil 
- Juin 2016, reprise des négociations, les russes prétendent vendre à un prix supérieur aux européens "ben oui, le transport coûtera moins cher" et les ukrainiens qui les reclaquent : "on a toujours moins cher en Europe Laughing"


Conclusion : les russes dans le caca et les ukrainiens maîtres du jeu ! Laughing Laughing Laughing

C'est sans doute moins simpliste que cela. Le gaz vendu par l'UE à l'Ukraine ne comble pas la cessation d'achat de gaz russe et son stockage a aussi un coût. Le prix de l'indépendance, c'est finalement la population ukrainienne qui le paye, beaucoup n'ayant plus les moyens de se chauffer normalement (vu la hausse du prix). La réalité de cette situation est sans doute masquée par le conflit d'autorité entre les deux pays et les intérêts géostratégiques internationaux, mais c'est une situation des plus pénible pour la classe pauvre et même pour la classe moyenne. La formule ""les ukrainiens maîtres du jeu" est sans doute bonne pour une campagne de propagande, mais, derrière les chiffres, il y a des êtres humains qui souffrent !
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Krispoluk le Sam 11 Juin - 9:18

Thuramir a écrit:

C'est sans doute moins simpliste que cela. Le gaz vendu par l'UE à l'Ukraine ne comble pas la cessation d'achat de gaz russe et son stockage a aussi un coût. Le prix de l'indépendance, c'est finalement la population ukrainienne qui le paye, beaucoup n'ayant plus les moyens de se chauffer normalement (vu la hausse du prix). La réalité de cette situation est sans doute masquée par le conflit d'autorité entre les deux pays et les intérêts géostratégiques internationaux, mais c'est une situation des plus pénible pour la classe pauvre et même pour la classe moyenne. La formule ""les ukrainiens maîtres du jeu" est sans doute bonne pour une campagne de propagande, mais, derrière les chiffres, il y a des êtres humains qui souffrent !

Le problème du renchérissement du prix du gaz ne vient pas des tractations entre opérateurs ! Il provient du fait qu'avant, le gaz était vendu en dessous de son prix d'achat, aux utilisateurs et c'est le budget de l'état qui payait la différence. Le FMI et la banque mondiale ont imposé à l'Ukraine de faire une opération "vérité des prix" et que les consommateurs paient enfin le prix réel de fourniture. C'est très dommage pour les plus pauvres mais en cela l'Ukraine que fait que s'aligner sur la règle commune au monde entier (sauf dans les pays gros producteurs).
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Message  richard le Sam 11 Juin - 10:44

certains policiers sont en formation pour se préparer à combattre les émeutes .on dit dans la rue que c est en prévisions des manifestations de rue prévisibles apres les fortes hausses de l eau gaz electricite prévues en Juillet 
Mais c est plus probablement faux
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Message  Thuramir le Dim 12 Juin - 8:43

richard a écrit:certains policiers sont en formation pour se préparer à combattre les émeutes .on dit dans la rue que c est en prévisions des manifestations de rue prévisibles apres les fortes hausses de l eau gaz electricite prévues en Juillet 
Mais c est plus probablement faux

Ce n'est pas faux. La hausse du prix du gaz et de l'électricité dépassera, et de très loin, la hausse résultant de la cessation de la subvention publique dont parle Chris quand il évoque une opération "vérité des prix". Un de mes contacts m'a fait savoir qu'à partir du premier juillet 2016, le prix du mètre cube de gaz va passer de 3,60 grivnas à 13,40 grivnas par mètre cube (c'est-à-dire bien plus que 40 %...).

Les hausses du prix de l'électricité sont aussi sans relation avec le coût réel de sa production, et les compagnies électriques appartiennent... aux oligarques.

Les hausses de prix exigées par le FMI sont donc multipliées pour faire payer la population afin d'enrichir encore plus certains oligarques et leur smala.

Les saisies immobilières se pratiquent maintenant à partir d'un niveau de dette de 10.000 grvinas, soit +/- 350,00 euros ! La population s'appauvrit pour que l'Ukraine puisse bénéficier de nouveaux prêts et les gens ont de moins en moins d'épargne, si ce n'est plus d'épargne du tout. 

Les gens se nourrissent de plus en plus avec du pain et des pistolets (le coût d'un pistolet étant de 4 à 6 grivnas) et mangent de moins en moins de viande (coût du kilo de viande : +/- 100 grivnas).

A cet égard, un cas réel m'a été rapporté : une femme, élevant seule un enfant invalide de 10 ans, travaillait dans un magasin pour 2.000,00 grivnas par mois, ce qui est, aujourd'hui, à peine suffisant pour couvrir 10 jours de survie, a volé dans la caisse du magasin pour survivre. Les faits ont été découverts et elle a été renvoyée sur le champ. Plus de revenus ! Elle s'est engagée dans l'armée, où le salaire pour se rendre sur le front est de 7.000,00 grivnas par mois, et elle a dû placer son fils. Cela, c'est la réalité, loin de l'illusion des chiffres.
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Message  Krispoluk le Dim 12 Juin - 10:06

Thuramir a écrit:

Ce n'est pas faux. La hausse du prix du gaz et de l'électricité dépassera, et de très loin, la hausse résultant de la cessation de la subvention publique dont parle Chris quand il évoque une opération "vérité des prix". Un de mes contacts m'a fait savoir qu'à partir du premier juillet 2016, le prix du mètre cube de gaz va passer de 3,60 grivnas à 13,40 grivnas par mètre cube (c'est-à-dire bien plus que 40 %...).

Les hausses du prix de l'électricité sont aussi sans relation avec le coût réel de sa production, et les compagnies électriques appartiennent... aux oligarques.

Les hausses de prix exigées par le FMI sont donc multipliées pour faire payer la population afin d'enrichir encore plus certains oligarques et leur smala.

Les saisies immobilières se pratiquent maintenant à partir d'un niveau de dette de 10.000 grvinas, soit +/- 350,00 euros ! La population s'appauvrit pour que l'Ukraine puisse bénéficier de nouveaux prêts et les gens ont de moins en moins d'épargne, si ce n'est plus d'épargne du tout. 

Les gens se nourrissent de plus en plus avec du pain et des pistolets (le coût d'un pistolet étant de 4 à 6 grivnas) et mangent de moins en moins de viande (coût du kilo de viande : +/- 100 grivnas).

A cet égard, un cas réel m'a été rapporté : une femme, élevant seule un enfant invalide de 10 ans, travaillait dans un magasin pour 2.000,00 grivnas par mois, ce qui est, aujourd'hui, à peine suffisant pour couvrir 10 jours de survie, a volé dans la caisse du magasin pour survivre. Les faits ont été découverts et elle a été renvoyée sur le champ. Plus de revenus ! Elle s'est engagée dans l'armée, où le salaire pour se rendre sur le front est de 7.000,00 grivnas par mois, et elle a dû placer son fils. Cela, c'est la réalité, loin de l'illusion des chiffres.

Cher Serge,
Loin de moi le désir de polémiquer en permanence avec toi, nous sommes du reste, très souvent d'accord sur nombre de sujets.

Je suis d'accord sur les commentaires que tu fais et je ne méconnais pas la situation économique très difficile que vivent la plupart des ukrainiens, sans jamais voir le bout du tunnel, hélas !

Je souhaite simplement préciser les choses concernant le prix du gaz, parce que les chiffres que tu as livrés m'interpellent...

Alors, j'ai fait un petit comparatif avec la France.
Comme tu l'as indiqué, le prix du gaz va passer de 3,60 à 13,40 grivnas. Ce qui transcrit en €, donne 0,47€ le m3.
En France selon l'importance de la consommation, ce prix du gaz varie entre 0,46€ et 0,66€, sans compter l'abonnement annuel variant entre 74€ et 234€ et les taxes, grosso modo de 36%.
Source : http://www.jechange.fr/energie/gaz/guides/prix-gaz-france-2446

Sachant que l'Ukraine se ravitaille désormais sur les mêmes marchés que le reste de l'Europe, ce prix ne paraît pas outrageusement excessif et il représente bien le prix réel du marché. Donc il est exagéré d'en conclure que ce sont les oligarques qui vont "s'en mettre plein les poches", sauf à considérer qu'en France, Engie ou Eni, s'en mettent également "plein les poches" ce qui ne serait pas s'en m'étonner ! Twisted Evil

A contrario, cela démontre bien combien le prix du gaz était autrefois sous-facturé aux utilisateurs, le budget de l'état payant la différence (vieil héritage soviétique) et pourquoi le FMI et la banque Mondiale ont exigé cette réforme, en ayant marre que leurs avances de fonds partent "en fumée" dans les chaudières...
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Message  richard le Dim 12 Juin - 10:34

Bonjour svp c est quoi un pistolet ??
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  steven21 le Dim 12 Juin - 11:26

oui je me pose la meme question. 
en faite il en a pas eu pour cher le gregoire qui c est fait arreter a la frontiere polonaise.   lol!
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Message  Thuramir le Dim 12 Juin - 12:50

richard a écrit:Bonjour svp c est quoi un pistolet ??

un petit pain rond avec de la mie au centre (selon le dictionnaire de l'Académie Française : "BOULANGERIE. En Belgique, petit pain rond à pâte légère et croustillante.") :

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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Thuramir le Dim 12 Juin - 12:57

Krispoluk a écrit:Cher Serge,
Loin de moi le désir de polémiquer en permanence avec toi, nous sommes du reste, très souvent d'accord sur nombre de sujets.

Je suis d'accord sur les commentaires que tu fais et je ne méconnais pas la situation économique très difficile que vivent la plupart des ukrainiens, sans jamais voir le bout du tunnel, hélas !

Je souhaite simplement préciser les choses concernant le prix du gaz, parce que les chiffres que tu as livrés m'interpellent...

Alors, j'ai fait un petit comparatif avec la France.
Comme tu l'as indiqué, le prix du gaz va passer de 3,60 à 13,40 grivnas. Ce qui transcrit en €, donne 0,47€ le m3.
En France selon l'importance de la consommation, ce prix du gaz varie entre 0,46€ et 0,66€, sans compter l'abonnement annuel variant entre 74€ et 234€ et les taxes, grosso modo de 36%.
Source : http://www.jechange.fr/energie/gaz/guides/prix-gaz-france-2446

Sachant que l'Ukraine se ravitaille désormais sur les mêmes marchés que le reste de l'Europe, ce prix ne paraît pas outrageusement excessif et il représente bien le prix réel du marché. Donc il est exagéré d'en conclure que ce sont les oligarques qui vont "s'en mettre plein les poches", sauf à considérer qu'en France, Engie ou Eni, s'en mettent également "plein les poches" ce qui ne serait pas s'en m'étonner ! Twisted Evil

A contrario, cela démontre bien combien le prix du gaz était autrefois sous-facturé aux utilisateurs, le budget de l'état payant la différence (vieil héritage soviétique) et pourquoi le FMI et la banque Mondiale ont exigé cette réforme, en ayant marre que leurs avances de fonds partent "en fumée" dans les chaudières...

Cher Chris,
Pas de problème de polémique, mais simplement le constat des effets concrets sur la population de la hausse des prix de l'énergie.
Et ce sont les sociétés électriques que les oligarques détiennent, pas la société de gaz. La hausse du prix de l'électricité dépassera de loin le coût de sa production.
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  benoit77 le Lun 20 Juin - 17:50

Pauvre gazprom :
http://www.rfi.fr/emission/20160620-arme-gaziere-russie-s-emousse-europe
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Matt le Lun 20 Juin - 23:04

Purement logique!
Ca fait des mois que l'UE dit qu'elle va diversifier ses sources d'approvisionnements.
Là, c'est en cours.

______________________________________________
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  Александр le Lun 31 Oct - 15:07

Les ukrainiens seront assujettis comme les français:

French company to supply natural gas directly to Ukrainian consumers



The Ukrainian gas transmission operator Ukrtransgaz PJSC, the French company Engie and its subsidiary in Ukraine Engie Energy Management Ukraine LLC have signed an agreement related to natural gas transmission and storage within the framework of the French-Ukrainian Business Forum, the Ukrtransgaz press service reports.

“Engie is one of the largest energy companies in Europe with an annual turnover of about EUR 70 billion, which has become one of the major suppliers of natural gas for Naftogaz of Ukraine NJSC and other Ukrainian traders after Ukraine intensified natural gas deliveries to EU countries,” the report states.

Having signed the framework agreements, Engie will be able to supply natural gas to Ukraine independently, allowing for further direct sales to Ukrainian traders and consumers. Engie has recently incorporated a subsidiary in Ukraine, aimed at the company's business development on the Ukrainian market.

“Thanks to Naftogaz reform, we have restored the confidence of Europeans in the Ukrainian market. It is the first company from the European Union, which decided to store natural gas in Ukrainian underground storages,” Naftogaz of Ukraine NJSC CEO Andriy Kobolyev said.

According to Naftogaz, the French company has already sold 3.5 billion cubic meters of natural gas to Ukraine.






Sais pas si c'est une bonne nouvelle . . . Embarassed
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Re: Le gaz revient sur la scène . . .

Message  ght85 le Lun 31 Oct - 20:30

C'est une bonne nouvelle dans la mesure où une entreprise comme ENGIE ne s'engagerait pas si le niveau de corruption était très élevé, donc pour moi, cela veut dire qu'au moins pour le gaz, c'est plus clean qu'avant.
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