ELECTION russe 2018

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Re: ELECTION russe 2018

Message  travellergillou76 le Dim 11 Mar - 14:39

plus qu'une semaine avant le 1er tour.
Les jeux semblent faits. bounce bounce bounce

V Poutine et ses conseillers ne cachent plus leur joie cheers cheers cheers

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Matt le Dim 11 Mar - 18:48

Bien évidemment que les jeux sont faits.

Si les élections étaient "normales":

Élections en Russe: 7 candidats face à Poutine et 5 choses à retenir

Les Russes votent le 18 mars pour la présidentielle à l'issue d'une campagne qui, faute de suspense, aura donné lieu à peu de moments marquants.


©️ Reuters


Trois minutes de campagne pour Poutine

Vladimir Poutine, au pouvoir depuis plus de 18 ans, a évité toute campagne directe, refusant de participer aux débats télévisés et se passant de meetings électoraux.

Une seule manifestation d'ampleur pour le candidat Poutine a été organisée par son équipe de campagne. Le 3 mars, dans le stade de Loujniki, des athlètes olympiques, des stars de la chanson et des cosmonautes se sont succédé sur scène pour exprimer leur soutien au président sortant devant environ 80.000 personnes.

M. Poutine, qui s'était enrhumé en février, est venu saluer ses partisans réunis par -15 degrés Celsius. Résultat: trois minutes d'intervention pendant lesquelles il promet des "victoires brillantes" pour la Russie et entonne l'hymne national avec la foule.

Il reste pourtant omniprésent à la télévision publique qui couvre ses déplacements de chef d'Etat donnant lieu à des discours devant des scientifiques, des policiers ou des ouvriers.

Poutine sort ses missiles

L'adresse annuelle de M. Poutine au Parlement, tenue d'habitude en décembre, a été cette fois reportée au 1er mars, se transformant de fait en discours préélectoral. La plus grande partie de son intervention a été consacrée aux nouvelles armes russes, notamment des missiles "invincibles" pour les boucliers antimissiles des Etats-Unis, et accompagnée de vidéos et images de synthèse diffusées sur écrans géants.

Présentant avec fierté un nouveau système de défense antimissiles, un drone sous-marin à propulsion nucléaire ou encore une arme laser "dont il est trop tôt pour évoquer les détails", M. Poutine a prévenu les Occidentaux: il faut désormais "écouter" la Russie, s'attirant une ovation des parlementaires.

Verre d'eau

En l'absence de Vladimir Poutine, les débats ont peu passionné les Russes, qui en ont retenu surtout un échange musclé.

Traitée de "connasse" par l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, 71 ans, la candidate proche de l'opposition libérale, Ksenia Sobtchak, 36 ans, lui a jeté un verre d'eau à la figure.

Furieux, ce candidat traditionnel du parti d'extrême droite LDPR a alors fait abattre une nouvelle pluie d'insultes sur l'ancienne vedette de téléréalité, la qualifiant de "prostituée".

Quelques jours après, Mme Sobtchak a affirmé avoir été agressée à Moscou par un homme, qui l'a bousculée et aspergée d'eau, en criant "c'est pour Jirinovski".

L'or du communiste

Le parti communiste a créé la surprise en désignant comme candidat un homme d'affaires, millionnaire, Pavel Groudinine, à la place de l'indéboulonnable Guennadi Ziouganov.

L'intérêt qu'il a suscité et sa progression dans les sondages lui ont valu de nombreux articles de presse hostiles dans la presse pro-Kremlin qui a multiplié les révélations sur les comptes bancaires à l'étranger du patron du "Sovkhoze Lénine" qui produit fruits et produits laitiers en banlieue de Moscou.

Début mars, la Commission électorale a annoncé avoir découvert que le 31 décembre 2017, M. Groudinine avait encore 13 comptes bancaires en Suisse comportant près d'un million d'euros ainsi que de l'or, soulignant ne pas avoir de preuves de leurs fermetures.

Le Parti communiste russe et son candidat ont dénoncé à plusieurs reprises une "campagne de dénigrement", menée par le Kremlin.

Selon certains analystes, cette campagne s'explique par des craintes des autorités que Pavel Groudinine, crédité d'environ 7% des intentions de vote, puisse réaliser un bon score à la présidentielle.

Boycott et perquisitions

L'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny a été déclaré inéligible en raison d'une condamnation en justice et ne cesse depuis de dénoncer la "supercherie" des élections.

Il appelle au boycott du scrutin et veut envoyer des observateurs traquer d'éventuelles fraudes dans les bureaux de vote. Cette stratégie a rendu encore plus cruciale la préoccupation du Kremlin d'assurer une participation élevée à une élection sans suspense.

Les équipes de l'opposant, qui a fait descendre dans la rue l'an dernier des dizaines de milliers de jeunes, ont été visées par de multiples perquisitions et certains de ses proches ont passé une partie de la campagne derrière les barreaux.

Sept candidats se prêtent au jeu face à Poutine

Le président russe Vladimir Poutine sera opposé à sept candidats. Mais les concurrents du chef du Kremlin ont peu de chance d'évincer le leader russe de longue date qui reste populaire, avec un peu plus de 70% des intentions de vote à quelques jours de l'élection.

Ksenia Sobtchak, la benjamine "contre tous" (Grani)
La journaliste star d'une chaîne de télévision indépendante et ancienne vedette de la téléréalité, Ksenia Sobtchak, âgée de 36 ans, se présente comme une opposante au président Vladimir Poutine et aux candidats 'du passé', sous le slogan "contre tous". Elle souhaite insuffler un nouvel élan libéral à la Russie. Soutien de l'opposant du Kremlin Alexey Navalny déclaré inéligible jusqu'en 2028 par la commission électorale, elle avait affirmé qu'elle retirerait sa candidature s'il était à nouveau apte à concourir. Ksenia Sobtchak est l'unique candidate à avoir tenu des propos durs à l'encontre du chef du Kremlin, qualifiant notamment l'annexion de la Crimée de "violation du droit international" et dénonçant les 18 années de M. Poutine au pouvoir. Enfin, elle représente une génération plus jeune de Russes qui ont grandi après la chute de l'URSS, malgré qu'elle soit perçue par certains comme une 'Paris Hilton russe', issue de la jeunesse dorée. Son omniprésence sur les réseaux sociaux lui apporte également le soutien d'une population plus jeune et plus critique envers le régime. En tant que fille de l'ancien maire de Saint-Pétersbourg, Anatoli Sotchak, mentor en politique de Vladimir Poutine, sa candidature a également suscité la polémique sur un autre plan: certains experts et personnalités politiques, dont M. Navalny, estiment, en effet, que son implication dans la course à la présidentielle contribuera à augmenter le taux de participation et rendra la victoire de Vladimir Poutine plus impressionnante. D'autres pensent que cette candidature pourrait entraver les appels d'Alexey Navalny à boycotter le scrutin présidentiel et diviser les rangs de l'opposition. Elle a toutefois rejeté fermement toute collusion avec le Kremlin.
Ksenia Sobtchak est créditée de 1,1% des intentions de vote, selon les derniers chiffres présentés en début mars par l'institut de sondage VTsIOM.

Vladimir Jirinovski, l'ultranationaliste (LDPR)
Le président du parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), âgé de 71 ans, est connu pour ses positions ultranationalistes et xénophobes, mais aussi ses propos virulents, voire déplacés. Il a ainsi copieusement insulté la candidate Ksenia Sobtchak lors d'un débat préélectoral à la mi-février, ou encore proposé de contrôler la natalité dans la région du Caucase russe dans le cadre de la lutte antiterroriste. Il concourt pour la sixième fois à l'élection présidentielle russe. Même s'il s'adresse à une frange d'électeurs nationalistes avec ses idées populistes, il a toujours soutenu Poutine et son parti au parlement. M. Jirinovski a invariablement voté en accord avec les souhaits du Kremlin. Il a remporté un peu plus de 6% du vote présidentiel en 2012.
Il est crédité de 5,6% d'intentions de vote dans cette nouvelle course à la présidence.

Grigory Iavlinski, le libéral critique du Kremlin (Iabloko)
L'expert économique libéral de 65 ans s'est présenté à deux reprises à l'élection présidentielle russe en 1996 et en 2000. Il s'est à nouveau porté candidat contre Vladimir Poutine en 2012, mais la commission électorale centrale avait refusé de l'enregistrer comme candidat au motif d'irrégularités dans la collecte de ses deux millions de signatures de soutien. M. Iavlinsky dénonce les politiques du Kremlin et critique fréquemment le président Poutine, appelant à davantage de libertés politiques et à une évolution économique plus libérale. Sa base de soutien compte un nombre relativement faible d'électeurs d'âge mûr et libéraux issus des grandes villes russes. Le candidat libéral est également le co-fondateur du parti Iabloko, créé en 1993. Il en a ensuite abandonné la présidence en 2008, tout en restant membre du parti.
Il est crédité de 1% d'intentions de votes.

Pavel Groudinine, pour un renouveau du Parti Communiste (Parti Communiste de la Fédération de Russie)
Le candidat du Parti Communiste, âgé de 57 ans, est le directeur du Sovkhoze Lénine, une ancienne ferme d'Etat privatisée, située en périphérie de Moscou. Le millionnaire également surnommé 'le roi de la fraise' est l'un des concurrents les plus populaires de Vladimir Poutine, avec 7,1% d'intentions de vote. Mais il reste largement derrière le président russe qui est crédité de près de 69,7% des intentions de vote. Il prône lors de sa campagne électorale le succès de son entreprise agroaliemntaire florissante et assure travailler au bien-être de ses employés. Jusqu'en 2010, Pavel Grudinine était membre du principal parti du Kremlin, Russie Unie. Il a d'ailleurs participé à la campagne de Vladimir Poutine en 2000. Il a ouvertement critiqué le système politique et économique actuel de la Russie, mais a évité de critiquer M. Poutine. Sa nomination a été considérée comme une tentative par les communistes d'élargir l'attrait du parti au-delà des électeurs âgés et nostalgiques de l'Union soviétique.

Boris Titov, le candidat pro-business (Parti de la croissance)
Homme d'affaires et ombudsman des entrepreneurs auprès du Kremlin, Boris Titov, âgé de 57 ans, est candidat à la présidence pour la première fois. Il est le fondateur du libéral et conservateur Parti de la croissance. Il souhaite travailler au développement des PME, ainsi qu'au renouveau du modèle de la croissance dans le pays.
Il est crédité de 0,3% d'intentions de vote.

Sergueï Babourine, le conservateur (Union nationale russe)
Sergueï Babourine, âgé de 59 ans, préside l'Union nationale russe, parti politique nationaliste et conservateur, dont il est le candidat. Cet avocat a joué un rôle important dans la politique russe dans les années 1990, s'opposant à la dissolution de l'Union soviétique en 1991 et devenant l'un des leaders de la rébellion du parlement contre le président Boris Eltsine en 1993. Il a également été vice-président de la Douma en 2004.
Il est crédité de 0,2% d'intentions de vote.

Maxime Souraïkine, le candidat d'un communisme conservateur (Communistes de Russie)
L'homme politique de 39 ans a été présenté par le parti 'Communistes de Russie', un groupe marginal qui se présente comme une alternative au principal parti communiste. Il a été formé en tant qu'ingénieur informatique et est aujourd'hui le président de son parti. Il a également été membre du Parti communiste de la Fédération de Russie, dont il s'est retiré en 2004. M. Souraïne a été à l'origine, en 1998, de la relance du Komsomol, l'organisation des jeunesses communistes.
Il est crédité de 0,3% d'intentions de vote.

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Caduce62 le Lun 12 Mar - 1:56

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Caduce62 le Lun 12 Mar - 2:16



Et en Italie lol! (désolé Roberto ! mais ça vient d'un journal italien !!)



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Re: ELECTION russe 2018

Message  Caduce62 le Lun 12 Mar - 19:20

“Le scrutin de 2018 ne consiste plus à élire un manager censé administrer les ressources de l’État, mais à exprimer son soutien au chef des armées, écrit Nezavissimaïa Gazeta  affraid


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Re: ELECTION russe 2018

Message  Matt le Mar 13 Mar - 0:27

Ce n'est que la triste réalité . . .  Embarassed

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Re: ELECTION russe 2018

Message  travellergillou76 le Jeu 15 Mar - 8:51

Plus que 3 jours avant la réélection de saint Vladimir.
Espèrons que les russes feront le bon choix et choisiront le seul homme capable de les protéger de tous les "méchants qui veulent du mal à la Russie".

Car Poutine c'est la force, la virilité, le calme, la confiance, l'autorité, la sagesse...

Illustration cheers

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Caduce62 le Jeu 15 Mar - 13:11

Russie : un dernier mandat que Poutine pourrait ne pas terminer ?

Vladimir Poutine devrait être réélu président dimanche 18 mars pour un nouveau mandat de six ans. Mais six nouvelles années pour quoi faire ?

France Télévisions
Mis à jour le 15/03/2018 | 10:47
publié le 15/03/2018 | 10:47

L'économie russe ne se porte pas très bien. Vladimir Poutine va devoir tout faire pour redresser la situation. Il va devoir faire des réformes des systèmes de retraite et de santé douloureuses pour ses concitoyens. Sa crainte est que ça entraîne une montée de la colère des Russes et il veut absolument éviter cela, selon le correspondant de France Télévisions en Russie Dominique Derda.

La rumeur à Moscou, poursuit le journaliste, dit depuis plusieurs mois que Vladimir Poutine pourrait lâcher le pouvoir avant la fin de son futur mandat, avant 2024, qu'il serait déjà en train de se chercher un successeur qui continuerait l'œuvre qu'il a lancée : rendre à la Russie sa place sur la scène internationale. Un homme ou une femme qui garantirait aussi à lui et à son entourage cette impunité qu'il a lui-même garantie à Boris Eltsine quand il lui a succédé. La crainte de son entourage, ces gens qui se sont enrichis de façon considérable ces dernières années, est que, le jour où Poutine ne sera plus là, la justice se retourne contre eux et les envoie en prison.
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Re: ELECTION russe 2018

Message  Matt le Jeu 15 Mar - 19:10

Poutine saison 5 : quand s'arrêtera-t-il ?

En presque deux décennies de pouvoir, Vladimir Poutine a fait le ménage autour de lui et restauré la place de la Russie sur la scène internationale. Fort de ces deux atouts, il se présente à sa propre succession le 18 mars avec la certitude de gagner.


Le président ne fait même pas campagne pour assurer sa réélection. Il laisse son entourage parler à sa place. 
© M. SHEMETOV/REUTERS

On ne saurait affirmer qu'il est devenu chaleureux, mais le glacial Vladimir Poutine fait tout de même un peu moins peur qu'auparavant. Peut-être, tout simplement, parce qu'après tant d'années l'ancien colonel du KGB au regard métallique nous est devenu familier. Dix-huit ans déjà qu'il nous accompagne ! Presque une vie entière. Lorsque, le 31 décembre 1999, Boris Eltsine présente au monde ce blondinet inconnu, Bill Clinton règne encore à la Maison-Blanche.

Depuis, le président russe a connu trois autres présidents américains, mené quatre guerres (Tchétchénie, Géorgie, Ukraine, Syrie), annexé la Crimée, renforcé l'armée russe (ainsi que ses propres biceps), posé torse nu ou en judoka, nagé la brasse papillon dans une rivière glacée, volé en ULM en Sibérie, accueilli des Jeux olympiques (Sotchi, 2014), décroché l'organisation de la Coupe du monde de football 2018 (du 14 juin au 15 juillet). Il a aussi interféré dans les élections américaines et résisté aux sanctions occidentales, même si ces dernières rétrécissent significativement les marges de manoeuvre du gouvernement russe.

Le président Poutine et le Premier ministre Medvedev avaient inversé les rôles en 2008. Certains envisagent un scénario identique pour le scrutin de 2024. 
© SPUTNIK/E. SHTUKINA/REUTERS

Logique byzantine

Autre exploit : depuis l'an dernier, la longévité de Poutine au pouvoir dépasse celle de Leonid Brejnev (1964-1982). A la tête d'un pays de 145 millions d'âmes qui s'étire sur neuf fuseaux horaires, Vladimir Vladimirovitch totalise quatre mandats. Du moins si l'on considère, comme le fait tout un chacun à Moscou, que l'intérim du président Dmitri Medvedev (2008-2012) n'était qu'une pièce de théâtre mise en scène par Poutine, Premier ministre, pour gouverner depuis la coulisse. Et ce n'est qu'un début !

Le 18 mars, le maître du Kremlin brigue un nouveau mandat. " Briguer " est un bien grand mot. " Appelez ça un plébiscite, une acclamation, un cérémonial, ce que vous voudrez, mais pas une élection présidentielle ", prévient le sociologue Lev Goudkov, qui dirige l'institut de sondages Levada, lequel est autorisé à réaliser des enquêtes d'opinion mais non à les publier, depuis que le pouvoir considère cette structure comme un " agent de l'étranger ".

L'organisation du scrutin répond à une logique byzantine. Ainsi, le seul authentique homme politique d'opposition n'est pas autorisé à y participer. Il s'agit de l'avocat Alexeï Navalny, activiste anticorruption nationaliste qui, depuis plusieurs années, structure un réseau de militants à l'échelle nationale, mobilise des manifestations et inquiète le pouvoir. Navalny, auteur de la formule populaire " le parti des escrocs et des voleurs ", qui désigne Russie unie, le parti de Poutine, effectue des séjours réguliers en prison, de courtes durées, ce qui a pour effet de le neutraliser. Aujourd'hui, il appelle ni plus ni moins au boycott du scrutin.

A cheval sur les apparences et expert en politicheskaya technologia, cette science complexe qui vise à donner l'impression d'une offre politique diversifiée, le Kremlin tient à organiser quelque chose qui ressemble à une vraie élection. " Les sanctions imposées par l'Occident à la Russie après l'annexion de la Crimée, le scandale du dopage des athlètes olympiques russes et la détérioration des conditions de vie de la population signifient que le président doit montrer au monde qu'il bénéficie d'un soutien inconditionnel chez lui ", écrit, dans le Moscow Times, Grigori Melkoniants, un dirigeant de Golos (la Voix), ONG vouée à l'observation des élections, elle aussi considérée comme un " agent de l'étranger " du fait qu'elle recevait des subventions internationales.

Alexeï Navalny, activiste anticorruption nationaliste, appelle au boycott du scrutin. 
© M. SHEMETOV/REUTERS

Sans suspense ni surprise à espérer, le résultat de la présidentielle, qui compte cette année huit candidats (un record), pourrait ressembler à ceci : de 60 à 70 % des voix pour Vladimir Poutine ; autour de 13 % chacun pour l'éternel ultranationaliste Vladimir Jirinovski et l'homme d'affaires communiste Pavel Groudinine ; de 4 à 8 % pour la star pro-occidentale de la société civile Ksenia Sobtchak ; un score comparable pour le figurant social-démocrate Grigori Iavlinski (déjà candidat en 1996 !), et des miettes de pain noir pour le trotskiste Maxime Souraïkine (Communistes de Russie), le businessman Boris Titov (Parti de la croissance) et le nationaliste Sergueï Babourine (Union nationale russe).

Sûr de lui et crédité d'avoir restauré la grandeur russe en annexant la Crimée, Vladimir Poutine ne fait même pas campagne. Il laisse son entourage parler à sa place sur les chaînes de télévision, contrôlées à 100 % par le Kremlin, où les opposants sont dénigrés quotidiennement. En réalité, la participation des votants constitue l'enjeu essentiel, sinon le seul. " Si elle est faible, alors la victoire paraîtra incomplète ", reprend, à Moscou, Lev Goudkov, de l'institut Levada. Du coup, l'appareil d'Etat au sens large se mobilise pour réveiller des électeurs peu motivés par une campagne ennuyeuse.

" Dans les zones rurales, on explique aux gens que les routes ne seront pas réparées s'ils ne se rendent pas aux urnes ; dans les entreprises publiques, on fait pression sur les fonctionnaires pour qu'ils aillent bien voter ; dans les services de gériatrie, le personnel est utilisé comme agent électoral auprès des personnes âgées ", détaille Goudkov. Objectif : tenter d'atteindre une participation aussi élevée qu'il y a six ans (65 % des Russes avaient voté), ce qui démontrerait l'amour sincère du peuple pour son chef.

D'autres aspects de la présidentielle méritent attention, à commencer par le score de Poutine et la participation en Crimée. " Là-bas, explique le très informé rédacteur en chef de la radio indépendante Echo de Moscou, Alexeï Venediktov, esprit libre à la crinière blanche de savant fou, l'élection s'apparente à un second référendum sur le rattachement de la péninsule à la "mère patrie". " En 2014, celui organisé en Crimée (non reconnu par la communauté internationale) avait donné le oui gagnant à 96,77 %.

Autre question soulevée par le vote du 18 mars : le candidat communiste arrivera-t-il en deuxième position, comme c'est toujours le cas depuis la fin de l'URSS ? Ou sera-t-il devancé par l'ultranationaliste Jirinovski ? " Cela préfigurerait le début de la fin du Parti communiste... ", pointe Venediktov, observateur avisé qui possède ses entrées dans les allées du pouvoir.

Grigori Yavlinski, candidat social-démocrate, pourrait récolter de 4 à 8 % des voix.
 © V. BELOUSOV/SPUTNIK/AFP

Et enfin : quel sera le score de la candidate des citadins pro-occidentaux, Ksenia Sobtchak, à Moscou et à Saint-Pétersbourg, deux villes où les scrutins passent pour être transparents ? " Si la candidate libérale y atteint respectivement 20 % et 15 %, alors elle peut envisager de peser sur la municipale de Moscou en septembre prochain et viser la mairie de Saint- Pétersbourg pour elle-même en 2019 ", commente Venediktov, très distancié à l'égard de cette ex-star télévisuelle au pedigree d'enfant gâtée. Fille de feu Anatoli Sobtchak, l'ancien maire de Saint-Pétersbourg dont Vladimir Poutine fut le proche collaborateur, Ksenia est aussi, dit-on, la filleule du président. Ce qui ne l'empêche pas de mener une campagne audacieuse (elle est la seule à s'être rendue en Tchétchénie) et offensive à l'égard du Kremlin.

Mais la grande question demeure : qui après Poutine ? En théorie, le président ne peut se présenter au-delà de deux fois consécutives. C'est la raison pour laquelle il avait cédé sa place à Dmitri Medvedev, en 2008, et avait remplacé celui-ci au poste de Premier ministre, à la manière du roi et d'une tour qui roquent aux échecs. En 2008 également, Medvedev avait fait adopter par la Douma (Chambre basse du Parlement) et le Conseil de la Fédération (Chambre haute) le passage du mandat présidentiel de quatre à six ans, appliqué à partir de l'élection de 2012 - qui a vu, comme par hasard, Vladmir Poutine revenir au poste suprême. Logiquement, ce dernier, qui aura 71 ans à la fin de son prochain sexennat, ne pourra pas concourir à la présidentielle de 2024.

En principe, son prochain mandat devrait donc être consacré à la préparation d'un dauphin. Déjà, depuis deux ans, le président renouvelle ses équipes et promeut une nouvelle génération de quadragénaires à des postes de gouverneur, de chef d'administration, de ministre délégué, de commandant militaire, d'ambassadeur. Certains optimistes ont cru comprendre qu'il s'agissait d'autant de rampes de lancement destinées à placer l'un d'eux sur orbite le moment venu. D'autres envisagent tout simplement que Medvedev et Poutine roquent à nouveau en 2024.

L'ultranationaliste Vladimir Jirinovski devancera-t-il le candidat communiste ? 
© S. PIVOVAROV/REUTERS

Troisième hypothèse : la révision constitutionnelle. Au début de février dernier, une poignée de députés de Russie unie, le parti poutinien, ont entrepris des démarches préliminaires en vue d'une éventuelle convocation, le temps venu, d'un Congrès réunissant la Douma et le Conseil de la Fédération. Par un tour de passe-passe, le pouvoir pourrait alors créer de nouvelles institutions avec, par exemple, un Conseil d'Etat au sein duquel Poutine deviendrait une sorte de " leader national ", au-dessus du président. A suivre...

" Conservateur, le pouvoir poutinien est toutefois réticent par nature à se livrer à des manipulations constitutionnelles aux conséquences imprévisibles ", remarque la politologue de plus en plus en vue Ekaterina Schulmann. Selon la jeune femme, Vladimir Poutine se trouve face à un problème aigu : " Il n'est pas dans la situation d'Eltsine (qui avait désigné son successeur), car le volume de pouvoir qu'il a accumulé et concentré entre ses mains n'est quasiment pas transmissible à un autre individu. De fait, la passation de pouvoir pacifique est la spécialité des démocraties, pas celle des régimes autoritaires. " Autrement dit : le fragile système d'équilibres et de contrepoids bâti par Poutine sur des rivalités internes est bien trop complexe pour être démonté sans risque d'une guerre fratricide entre successeurs potentiels.

Voilà pourquoi l'élite politique s'accommode d'un statu quo qui préserve ses intérêts particuliers. " Nous sommes entrés dans une ère de glaciation ", résume le politologue Dmitri Orechkine. Ainsi, en 2024, le successeur naturel de Vladimir Poutine pourrait être un personnage que nous connaissons bien : un certain Poutine, Vladimir de son prénom. Encore et encore lui.

Par Axel Gyldén, avec Alla Chevelkina.

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Re: ELECTION russe 2018

Message  travellergillou76 le Jeu 15 Mar - 21:04

Vladimir est aussi un grand sportif et un as du barbecue.
Medvedev n'assure pas une cacahuète à côté du Musclor russe. Very Happy

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Matt le Ven 16 Mar - 18:38

La meilleure:

Russie: "Poutine ne veut plus être président, mais il n'a pas le choix"  Suspect

Vladimir Poutine sera réélu le 18 mars. Et à moins d'un gros problème de santé, il va rempiler pour son ultime mandat de six ans. S'il voulait se représenter en 2030, Poutine aura tout de même 78 ans.


© AFP/Getty Images

Lorsqu'on demande à Vladimir Poutine s'il n'en a pas marre, l'homme répond par cette vieille blague russe: un oligarque fait faillite. Il appelle sa femme et lui explique qu'ils vont devoir échanger leur Mercedes contre une Lada. "D'accord", répond-elle. Il lui explique ensuite qu'il devra également vendre sa villa dans le quartier bobo-chic de Roublevka et vivre dans un appartement. "D'accord", répond-elle. "M'aimerez-vous toujours ?" demande alors l'oligarque. "Bien sûr", répond sa femme. "Mais tu me manqueras beaucoup."

Et Poutine de conclure "je ne crois pas que je vous manquerai beaucoup."

La Russie ne devra cependant pas se passer de sitôt de son président. Car, à moins d'un gros problème de santé, il va rempiler pour six ans pour ce qui devrait être son dernier mandat. S'il voulait se répresenter en 2030, Poutine aura tout de même 78 ans.

Pour les élections à venir, le président n'a pas eu de véritable concurrent. Et ceux qui sont en lice ont été adoubés par le pouvoir en place. Il y a le flibustier brutal de l'extrême droite Vladimir Jirinovski, qui a participé à toutes les élections présidentielles depuis 1991. Il y a aussi Pavel Groudinine, un millionnaire qui défend les couleurs du parti communiste et qui souligne qu'il n'est pas un communiste. Il y a aussi Ksenia Sobtchak, une ancienne star de la réalité qui se présente en tant que candidate libérale. Mais, même elle n'arrive pas à rendre plus passionnante une élection d'un ennui mortel.


Malgré cette victoire annoncée, Poutine semble pourtant perdre chaque jour davantage le goût du pouvoir. Peut-on vraiment lui donner tort ? Après tout, être président en Russie est un travail abrutissant. Certes, il a ses bons côtés: vous pouvez voler des milliards et, quand l'envie vous prend, menacer le monde avec quelques nouveaux jouets nucléaires. Mais la plupart du temps, vos activités sont des plus tristounettes. Qui, après dix-huit ans, seul au sommet, souhaite encore rencontrer le gouverneur du Bachkortostan ou celui de l'association russe des bouddhistes? Après tout ce temps, qui a encore envie d'entendre toutes les doléances du peuple lors du traditionnel rendez-vous annuel ? Qui a envie qu'on lui rappelle que les routes sont mauvaises, que les hôpitaux sont usés, que les maisons sont délabrées. Tous ces gémissements sans fin qui lasseraient même ceux qui sont le plus avides de pouvoir.

"Poutine n'a plus envie d'être président"

"Le plus grand défi pour son quatrième mandat", dit Mark Galeotti, expert de la Russie à l'Université Charles à Prague, "c'est que Poutine n'a plus envie d'être président. Dans les cercles moscovites, il se murmure qu'il s'ennuie et qu'il préférerait effectivement démissionner. Mais il est celui qui a centré le système sur sa personne. Et il s'aperçoit maintenant qu'il s'y est enfermé."

Cela fait maintenant 18 ans que Poutine (65 ans) est au pouvoir. Durant ce laps de temps, il a créé un régime où tous les postes - premier ministre, ministre de la Défense, directeurs des services de sécurité, les oligarques sont aux mains de personnes qui lui sont proches et qu'il connait depuis au moins 20 ans. La loyauté de cette élite envers Poutine est absolue. Pas une décision n'est prise sans l'imprimatur du grand patron. "Tout cela fait que le système est en grande partie basé sur la présence et l'énergie de Poutine selon Galeotti. Viatcheslav Volodine, l'actuel président du parlement l'a décrit en 2014 comme suit : tant que Poutine est là, la Russie existe. Sans Poutine, il n'y a plus de Russie."
Mais cette omniprésence s'est quelque peu effritée ces dernières années. "Poutine avait l'habitude de connaître chacun de ses dossiers dans les moindres détails", explique Konstantin Gaaze, analyste politique qui a travaillé au sein de l'administration de Moscou. "Il pouvait égrener des tableaux statistiques de mémoire. Aujourd'hui, certains collaborateurs sont contents s'il a parcouru une note. Le président ne se consacre plus qu'aux domaines politiques qui l'intéressent: la politique étrangère, les dépenses militaires et le maintien de l'ordre.

Poutine se montre également rarement au Kremlin. Presque toutes les rencontres officielles ont lieu dans sa résidence présidentielle de Novo-Ogarjovo, à une quinzaine de kilomètres à l'est de Moscou. Plus souvent qu'à son tour, il délaisse aussi la vie publique. En 2015, peu de temps après que l'assassinat de l'opposant Boris Nemtsov, le président a même disparu des radars pendant dix jours. Personne ne sait où il est resté tout ce temps. Le président a visiblement eu recours à de la chirurgie esthétique au cours des dernières années et commence à sentir le poids des ans. Lorsqu'il a présenté son état de la nation le 1er mars, il souffrait manifestement d'une infection des voies respiratoires qui l'avait déjà cloué au lit durant une semaine.

"C'est le plus grand paradoxe du Poutinisme", dit Gaaze. "Poutine est, et de loin, l'homme le plus scruté en Russie. Il ne se passe pas un jour sans qu'il apparaisse dans les médias. En même temps, la moitié du temps nous n'avons pas la moindre idée de ce qu'il fabrique."

Le faire apparaitre pratiquement tous les jours sur le devant de l'actu relève de la haute voltige. On n'hésite pas à recycler de vieilles images durant ses absences pour donner l'impression que le président est au travail. "Poutine tient souvent cinq réunions d'affilée", déclare Gaaze. "Puis il disparaît pendant quelques jours. Ils distillent ensuite ces images pour combler le vide. Au Kremlin, ils l'appellent la conserverie. On ouvre une boîte de conserve quand on a besoin d'une dose de Poutine."

Avec une cote de popularité allant jusqu'à 80%, Vladimir Poutine garde le soutien d'une large part de la population. Du coup même si les élections étaient démocratiques, il aurait de toute façon une large majorité de Russes derrière lui.

"Les Russes ne voient plus Poutine comme un candidat politique", déclare Andrey Kolesnikov, directeur du Centre Carnegie de Moscou. Il est omniprésent. Un peu comme un portrait accroché au mur qu'on ne peut plus enlever. Poutine est aussi le seul dirigeant qui inspire confiance aux Russes. "Excepté Poutine, le pouvoir n'a que très peu de légitimé" explique Lev Godkov, directeur du Centre Levada, la plus ancienne agence d'opinion indépendante de Russie. "Son parti, Russie unie, la Douma, les gouverneurs régionaux, la police: ce sont toutes des institutions dans lesquelles les Russes ne croient plus. Dans notre pays, il y a un adage qui dit: le tsar est bon, mais les boyards sont mauvais. Encore aujourd'hui, les Russes placent tous leurs espoirs dans le grand chef, et attribuent tous les défauts à la bureaucratie.

Le poutinisme sur le déclin

La popularité de Poutine, n'empêche cependant pas le poutinisme d'être sur le déclin. Depuis qu'il a pris ses fonctions, Poutine est le garant d'une certaine stabilité économique. Grâce aux prix élevés du pétrole entre 2000 et 2008, il a réussi à élever le niveau de vie, mais cette progression a pratiquement stagné durant son dernier mandat. Le fonds de réserve, une cagnotte d'une valeur de plus de 100 milliards d'euros créée lors des deux premiers mandats de Poutine, est épuisé depuis décembre 2017. Officiellement, le PIB russe augmente d'environ 1,5% par an, mais en raison de la dévaluation du rouble, le revenu moyen est en baisse depuis quatre ans. De même, au sein du poutinisme, en tant que système politique, les premières fêlures apparaissent. Par exemple le très emblématique cas du procès contre Alexeï Oulioukaïev.

Ce ministre des Affaires économiques a été arrêté en 2016 pour suspicion de fraude. Igor Setchine, le très puissant président de la compagnie pétrolière publique Rosneft, l'accuse d'avoir exigé un pot-de-vin contre son accord pour le rachat de la compagnie.

Le procès qui suivra sera truffé de déclarations contradictoires et de preuve bancale. Pour commencer Setchine, seul témoin à charge de la tentative de corruption, va refuser par quatre fois de comparaître devant le tribunal. Son absence ne va pourtant pas empêcher une lourde condamnation: Oulioukaïev sera condamné à huit ans de camp de travail et une amende de 130 millions de roubles (environ 1,8 million d'euros).

Cette affaire est remarquable pour plusieurs raisons. Au sein du Kremlin, Alexeï Oulioukaïev appartient aux "libéraux", un groupe au sein de l'élite russe qui plaide pour plus de libéralisation économique, mais qui, pour le reste, défend des idées autoritaristes. Un mouvement qui compte aussi le Premier ministre Dmitri Medvedev et le PDG de Gazprom Aleksej Miller en ses rangs. Setchine est perçu comme le leader des siloviki (littéralement: "puissances"). Un groupe qui squatte les postes dans les domaines sécuritaires et qui prônent une ligne autoritaire. Setchine se trouve aussi être l'un des proches de Poutine: ils se sont rencontrés au début des années 90 dans les couloirs de l'administration à Saint-Pétersbourg. L'idée que quelqu'un comme Oulioukaïev, un libéral sans aucun poids politique, tente d'extorquer quelque chose à quelqu'un comme Setchine a donc tout de l'hérésie.

Or qu'on éjecte de cette façon un ministre en fonction, c'est du jamais vu. La corruption et l'incompétence n'ont jamais été un prétexte pour une éviction brutale. La réalité c'est que personne ne sait les vraies raisons d'une telle disgrâce. Et plus encore que l'attaque agressive de Setchine, c'est la passivité de Poutine qui inquiète en interne. Une telle affaire ne restera en effet pas sans conséquence. Alors qu'auparavant Poutine était au-dessus de la mêlée et se contentait d'arbitrer d'en haut les bisbrouilles au sein de l'élite, aujourd'hui semble sonner l'heure du chacun pour soi.

"Le cas d'Oulioukaïev montre bien que plus personne n'est intouchable.", déclare Andrej Kortunov, directeur du Russian International Affairs Council, un groupe de réflexion lié au gouvernement. "C'est un signal à l'élite: si vous magouillez, il n'y a plus personne pour couvrir vos arrières."

Il se trouve qu'au sein de cette même élite, la grogne monte quant à la manière de gouverner de Vladimir Poutine. Les conséquences de l'annexion de la Crimée en 2014 et de la guerre dans l'est de l'Ukraine en particulier ont conduit à de fortes frictions. D'autant plus qu'à côté des sanctions économiques envers le pays, l'Europe et l'Amérique a aussi des particuliers dans le viseur. Quelques caciques comme Iouri Kovaltchouk (qui gère la plus grande banque de Russie), Sergueï Narychkine (l'ancien président du Parlement) et Sergueï Tchemezov (le PDG de Rostech, l'agence d'État pour la technologie militaire) sont interdits de séjour par exemple.

Dans les premières années de règne de Poutine, toute l'élite russe sans exception envoyait ses enfants dans les écoles et les universités européennes tout en cachant promptement leurs biens à Genève ou à Londres. De telles "excursions" sont devenues beaucoup plus difficiles aujourd'hui. "Ils n'aiment être en conflit avec l'Occident", explique Mark Galeotti. "Fondamentalement, l'élite russe veut piller en Russie, placer son argent en Occident et profiter de la vie. Cette espèce de croisade orthodoxe contre l'Occident ne les intéresse absolument pas. "

Dans le même temps, Poutine se sent menacé plus que jamais. Lui, en tant qu'ancien agent du KGB, ne croit pas aux soulèvements populaires spontanés. Il est convaincu que la révolution Maïdan en Ukraine était une tentative de coup d'État orchestrée par les services de renseignement américains. Les révolutions arabes qui ont balayé en quelques semaines des régimes autoritaires soutenus depuis des décennies par l'Occident l'ont fortement impressionné. "La rumeur veut qu'il ait visionné des milliers de fois le lynchage du dirigeant libyen Kadhafi ", dit Konstantin Gaaze. "Il est convaincu que c'est l'OTAN qui l'a fait assassiner."

Au cours des six dernières années, Poutine a renforcé le rôle des services de sécurité. La rumeur circule depuis un moment maintenant qu'il a l'intention de rassembler tous les services de renseignement et les forces de sécurité sous un gigantesque super-ministère. Ce serait là une véritable rupture. Car lors de son premier mandat, Poutine s'était justement appliqué à créer plusieurs agences de sécurité qui se concurrençaient en permanence. Diviser pour mieux régner, car il pensait qu'un tel mastodonte ne pouvait être que menace pour son pouvoir. Il a depuis changé d'avis. Avec la création de la Garde nationale en 2016, la crème des services d'ordre est désormais sous la coupe de Poutine. La Gvardija joue le rôle d'un garde du corps qui doit le protéger contre les émeutes dans son propre pays. Cette cellule d'élite est armée jusqu'aux dents avec de l'artillerie lourde, des drones et même des avions de combat.

"Poutine suit de très près les évènements au Venezuela", dit Gaaze. "Il voit bien à quel point Maduro dépend de l'armée. Il veut à tout prix éviter de se retrouver dans une telle situation. La garde nationale est son assurance vie."

Pas de dauphin

Lors de l'élection présidentielle de 2012, United Russia a fait campagne sous le slogan: "Kto, esli nje Poutine? ("Qui alors, si ce n'est pas Poutine?"). Or cette question est toujours d'actualité. C'est bien là question auquel aucun autocrate n'a trouvé de réponse : comment trouver un successeur en qui on peut avoir pleinement confiance? Comment s'assurer que ce successeur ne nous éjecte pas du trône? Comment s'assurer que, après son règne, on ne sera pas poursuivi pour toute la corruption à laquelle j'ai péché avec mes amis? Dans un pays où le pouvoir et la justice sont tellement incarnés en un seul homme, un président qui démissionne risque de subir la loi du plus fort. "Le manque de succession est le plus gros problème de Poutine", a déclaré un ancien haut conseiller russe, qui préfère garder l'anonymat. "Dans son entourage, il n'a aucun collaborateur tout à fait honnête. Il n'y a personne en qui il puisse avoir pleinement confiance. "

Ces dernières années, il est devenu pratiquement impossible de savoir qui fait partie du premier cercle de Poutine. Un des ministres que l'on voit souvent dans l'ombre de Poutine est le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou. Les deux semblent être des amis proches: l'année dernière, ils sont allés camper ensemble à Toeva, la région sud de la Sibérie d'où est originaire Sergueï Choïgou. On y a vu Poutine harponner un brochet et posé (une fois de plus) torse nu. "Cependant, Sergueï Choïgou n'est pas un héritier du trône", explique Konstantin Gaaze. Il est beaucoup trop impopulaire dans les couloirs du Kremlin. Quand Poutine se laisse filmé et photographié longuement avec quelqu'un, c'est surtout un signal envoyé au reste de l'élite: c'est un ami, vous ne le touchez pas.

Tout successeur devra répondre à un ensemble de conditions très spécifiques. "Je ne pense pas que Poutine lui-même ne sait pas encore de qui il s'agit ", explique Andrej Kortounov. "Vraisemblablement, il sortira un peu de nulle part et aura une relation étroite avec Poutine. J'imagine que son successeur est actuellement gouverneur quelque part. Et qu'il a la quarantaine. Le cercle intime autour de Poutine se compose aujourd'hui d'homme d'une soixantaine d'années un peu fanées qui ne sont plus en mesure d'apporter quelque chose de nouveau.

De plus, il n'y aura un successeur que si des accords solides sont conclus en amont. Lorsque Boris Eltsine, lors de son discours du Nouvel An du 31 décembre 1999, annonce Vladimir Poutine comme nouveau président, ce dernier signe le même jour son premier décret présidentiel qui assure que Eltsine et sa famille ne seraient pas poursuivis en justice.

"Il y a des chances que ce scénario se reproduise à nouveau", explique Mark Galeotti. "Si Poutine entraperçoit une chance de passer le témoin avant 2024, il ne manquera pas de le faire."

Pour les candidats à la succession, il est aujourd'hui très important de ne pas trop se faire remarquer, car ce serait perçu comme une menace. Une menace qui ne sera pas tolérée. Dmitri Medvedev, qui a présidé la Russie présidentielle entre 2008 et 2012, est politiquement isolé et est considéré comme un faible par le siloviki. Mais cela ne l'empêche pas d'avoir encore des ambitions, dit Gaaze. " Medvedev s'applique tant qu'il peut à ne pas paraître comme une menace politique pour Poutine. Et on doit le reconnaître: il est plutôt brillant à ce jeu. Il attend son heure. Une heure qui devrait arriver en 2024. "

Père de la nation

Même s'il trouve un successeur, Poutine ne va pas disparaître en silence. "Même après sa démission, Poutine continuera à jouer un rôle en coulisse", dit Andrej Kolesnikov. "On peut supposer qu'il obtiendra un rôle informel - du genre " père de la nation "ou quelque chose de similaire - et se transformera en sorte d'ayatollah russe qui a encore une influence politique, mais n'a plus à s'inquiéter de gérer le pays."

Il reste bien sûr aussi une deuxième option. Poutine pourrait adapter la constitution russe, qui stipule qu'un président peut rester au pouvoir pour un maximum de deux mandats successifs, pour permettre un troisième mandat. La modification de la constitution chinoise par président chinois Xi Jinping pourrait lui donner des idées. "Poutine et Xi échange s'échange régulièrement des stratégies payantes ", dit Kolesnikov. "J'espère que Poutine pourra résister à la tentation de suivre l'exemple de Xi."

Mais même si Poutine veut devenir président ad vitam aeternam, il n'est pas encore immortel. Si le père de la nation venait à mourir, il lui faudrait trouver une nouvelle figure de proue.

Alexeï Navalny est le seul politicien qui semble avoir compris cela pour l'instant. Sa candidature à l'élection présidentielle n'a pas été acceptée, mais il continue de mener campagne, tambours battant, à travers la Russie. Ses meetings et apparitions rassemblent des milliers de personnes. "Navalny n'a pas cru un seul instant qu'on le laisserait participer à ces élections", explique Mark Galeotti. "Il milite pour se construire une renommée au niveau national et ainsi pouvoir jouer un rôle important dans l'ère post-Poutine".

Il reste à vérifier de quelle façon l'élite russe va régler la question de la succession en interne. "Depuis l'affaire Alexeï Oulioukaïev, la confiance a complètement disparu", déclare Konstantin Gaaze. "Lorsque Sergey Ivanov et Dmitri Medvedev étaient en lice pour la nomination présidentielle en 2008, le processus était des plus amical. Cette camaraderie n'est plus qu'un lointain souvenir. Aujourd'hui, c'est chacun pour soi. " Galeotti estime que le prochain président russe sera plus pragmatique. "Ce sera un cleptocrate loyal, je pense. Pour le Russe moyen, ce ne sera toujours pas une partie de plaisir, mais le nouveau président ne risque pas d'être plus répressif que son prédécesseur.

La Russie ne risque pas d'être plus libérale dans les années à venir. Une Russie sans Poutine restera vraisemblablement un État tout aussi autoritaire . "Les Russes en sont convaincus: un État qui prend en compte la volonté de ses habitants est voué à disparaître", explique Gaaze. "Et tant que la Russie est un État centralisé avec une bureaucratie archaïque, le pays ne peut tout simplement pas se démocratiser. Même si la star de télévision ; Ksenia Sobtchak ; remporte les élections et obtient carte blanche pour tout changer, elle deviendra une nouvelle Poutine dans dix ans. "

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Caduce62 le Ven 16 Mar - 21:15

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Caduce62 le Ven 16 Mar - 21:22

Toujours un verre fermé au cas où on mettrai un poison dedans lol!



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Re: ELECTION russe 2018

Message  Matt le Sam 17 Mar - 14:05

Je n'ai pas pu résister à poster cette vidéo vue sur facebookLaughing

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Matt le Dim 18 Mar - 17:47

Election présidentielle russe: déjà une forte participation, opposition et ONG dénoncent des fraudes  Suspect

Une ONG spécialisée dans la surveillance des élections fait déjà état de plus de 1.800 cas d’irrégularités.



Les Russes votaient dimanche pour une présidentielle qui devrait sacrer le triomphe de Vladimir Poutine, l’opposition dénonçant des fraudes pour légitimer un scrutin sans suspense par une forte mobilisation.

L’ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections et qui dresse une carte des fraudes sur son site internet, faisait état à 12h de 1.839 cas d’irrégularités tels que du bourrage d’urne, des cas de votes multiples ou des entraves au travail des observateurs.

Selon la Commission électorale, la participation globale s’établissait à 9h à 16,55 %, soit bien davantage que lors des élections précédentes à la même heure. L’agence publique TASS a pour sa part fait état de taux de participation dépassant les 60 %, voire les 70 %, dans les régions de l’Extrême-Orient russe, où le vote, pour lequel plus de 107 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, s’est terminé plus tôt compte tenu du décalage horaire.

Les électeurs attirés avec des coupons de réduction

Les autorités ont mené des campagnes massives d’information et d’incitation au vote, facilitant le vote hors du lieu de résidence mais aussi, selon des médias, en faisant pression sur les fonctionnaires ou les étudiants pour aller aux urnes. Des militants de l’opposition ont fait par exemple état dimanche d’électeurs amenés en bus dans les bureaux de vote par la police ou de coupons de réductions distribués aux Russes se rendant aux urnes. Dans certains bureaux de vote, les électeurs avaient droit à un véritable buffet gratuit.

Vidéo

Alexey Navalny‏Compte certifié 
Plus
Лозунг этих «выборов»: приходите, мы вас покормим


Le slogan de ces "élections": venez, nous vous nourrirons

Jouissant d’une fidèle base de soutiens dans tout le pays, Alexaï Navalny, candidat exclu de la course après avoir été déclaré inéligible par la Commission électorale, a appelé au boycott de l’élection et dépêché plus de 33.000 observateurs dans les bureaux de vote.

L’opposant a diffusé dès dimanche matin une vidéo qu’il a présentée comme montrant un bourrage d’urne dans un bureau de vote en Extrême-Orient, sur lequel la Commission électorale a promis d’enquêter. Les partisans de l’opposant ont pour leur part dénoncé des entraves au travail des observateurs.


Сибиряк@SiberianMan
[ltr]Какому то идиоту поручили сделать вброс а он просто выкинул бюллетени. Догадаетесь за кого были голоса?![/ltr]

«  Un idiot a été chargé de jeter des bulletins de vote. Devinez pour qui ils étaient ?  »

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Re: ELECTION russe 2018

Message  travellergillou76 le Dim 18 Mar - 20:38

Vladimir Poutine réélu
 
Selon les premiers chiffres fournis par les instituts de sondage, Vladimir Poutine est réélu président de la Fédération de Russie dès le premier tour. Selon l'institut FOM, M. Poutine obtient 76,3 % des voix ; selon l'institut VTsIOM, 73,9 %.
 
Dans le même temps, la Commission électorale centrale donne Vladimir Poutine réélu avec un score de 71,97 % sur la base de 21,3 % des bulletins dépouillés.

Seulement 76%  Very Happy
Et c'est reparti pour 6 ans. A l'issue de ce mandat en 2024, il aura gouverné la Russie pendant 24 ans. bounce bounce bounce
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Re: ELECTION russe 2018

Message  Fredbreizh le Dim 18 Mar - 20:46

Natalia (une connaissance de Moscou Wink ) me parle aussi d'une pression exercée sur les fonctionnaires.
Elle m'avait déjà parlé de réunions organisées dans son école pour expliquer le "bon" vote à faire.
Aujourd'hui elle m'explique que la présence des fonctionnaires au bureau de vote est contrôlée et filmée.
Je lui ai demandé si elle a possibilité de voter pour un autre candidat. Elle répond :"oui mais ils sont tous de son équipe"
Quand on voit ce que les pirates informatique russes sont capables de faire pour une élection dans un autre pays. ON peut ce demander ce qu'ils peuvent bien faire dans le propre pays pour influencer le vote !

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Re: ELECTION russe 2018

Message  steven21 le Dim 18 Mar - 21:13

Matt a écrit:


«  Un idiot a été chargé de jeter des bulletins de vote. Devinez pour qui ils étaient ?  »



heeee oui , on a eu les meme en france :

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Re: ELECTION russe 2018

Message  lemonline le Dim 18 Mar - 21:59

Fredbreizh a écrit:Natalia (une connaissance de Moscou Wink ) me parle aussi d'une pression exercée sur les fonctionnaires.
Elle m'avait déjà parlé de réunions organisées dans son école pour expliquer le "bon" vote à faire.
Aujourd'hui elle m'explique que la présence des fonctionnaires au bureau de vote est contrôlée et filmée.
Je lui ai demandé si elle a possibilité de voter pour un autre candidat. Elle répond :"oui mais ils sont tous de son équipe"
Quand on voit ce que les pirates informatique russes sont capables de faire pour une élection dans un autre pays. ON peut ce demander ce qu'ils peuvent bien faire dans le propre pays pour influencer le vote !

Je confirme. Non seulement les fonctionnaires, mais également les membres de leur famille.
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Re: ELECTION russe 2018

Message  Caduce62 le Dim 18 Mar - 22:11

Russie: l'opposition et des ONG dénoncent des milliers d'irrégularités

AFP, publié le dimanche 18 mars 2018 à 20h21

Electeurs transportés par autocars entiers par la police, observateurs menacés, bourrages d'urnes: l'opposition et des ONG ont dénoncé des milliers d'irrégularités, visant surtout à augmenter la participation dimanche en Russie à un scrutin présidentiel sans suspense remporté par Vladimir Poutine.

L'ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections et qui dresse une carte des fraudes sur son site internet, faisait état vers 18H00 GMT de 2.709 cas d'irrégularités tels que du bourrage d'urnes, des cas de votes multiples ou des entraves au travail des observateurs.

Le mouvement du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, qui affirme avoir dépêché plus de 33.000 observateurs dans les bureaux de vote, a rapporté des centaines de cas de fraudes, surtout à Moscou et dans sa région, à Saint-Pétersbourg et au Bachkortostan (1.200 km à l'est de Moscou).

Les observateurs du QG de campagne de Vladimir Poutine ont fait pour leur part état de 300 irrégularités.

Les irrégularités constatées "ont été relativement modestes", a estimé la présidente de la Commission électorale centrale, Ella Pamfilova, lors de l'annonce des résultats, en estimant que le scrutin a été transparent.

L'élection semblant jouée d'avance aux yeux de nombreux Russes, le Kremlin a tout fait pour s'assurer que la participation, seul véritable baromètre de ce scrutin, soit aussi forte que possible.

Les pressions ont été nombreuses pour inciter les électeurs à se rendre aux urnes. Golos s'est inquiétée d'informations faisant état de contraintes exercées par des employeurs ou universités forçant employés et étudiants à voter non pas près de leur domicile mais sur leur lieu de travail ou d'étude, "où l'on peut contrôler leur participation".

"Le patron de ma mère l'a appelée et il lui a dit d'aller voter. Si elle ne votait pas, il lui a dit que ça n'était pas la peine de revenir travailler", a raconté à l'AFP Moussavi R., 29 ans, qui vit au sud de Moscou.

Pour doper le taux de participation à Iakoutsk, dans l'Extrême-Orient russe, "on a promis aux électeurs des poulets" en échange de leur vote, a aussi rapporté Ivan Jdanov, juriste de l'équipe de M. Navalny.

Des coupons de réductions pour des produits alimentaires et des billets pour des concerts ont été distribués dans certains bureaux de vote, selon des témoignages diffusés sur les réseaux sociaux.

- Bulletins annulés -

Mais au-delà de ces incitations, des irrégularités et violations ont été constatées en de multiples endroits. "Les principales violations sont le bourrage d'urnes et le transport organisé d'électeurs", a déclaré M. Navalny lors d'une conférence de presse.

Des bus ont été affrétés par les autorités et par des entreprises pour amener les électeurs en groupes aux bureaux de vote dans plusieurs régions, notamment dans les régions sibériennes de Kemerovo et Krasnoïarsk, ainsi que dans le Caucase du nord, selon les observateurs dépêchés par l'opposant.

Les dirigeants de ces régions "ont besoin" de montrer un "taux de participation" satisfaisant au Kremlin, a-t-il assuré, ironisant sur le fait que "la majorité des électeurs russes sont venus voter à 08H00 du matin".

"Toute personne normale aura du mal à croire que c'est une élection normale", a estimé l'opposant.

Dans un bureau de vote de Grozny, en Tchétchénie, "les chiffres officiels (de participation) donnés par la commission électorale sont trois fois supérieurs à ceux des observateurs indépendants", signale aussi l'ONG Golos.

"Dans certaines régions, les observateurs donnent un taux de participation qui est 10% plus faible" que celui donné par la Commission électorale centrale, a indiqué également à l'AFP M. Jdanov.

Selon des vidéos filmées et diffusées par les observateurs de Golos, des bourrages d'urnes ont eu lieu dans plusieurs endroits du pays, comme à Lioubertsi, à quelques kilomètres à l'est de Moscou.

Ce dernier cas a été confirmé par la Commission électorale, selon l'une de ses responsables citées par l'agence Interfax, et les bulletins ont été annulés.

Alexeï Navalny, ainsi que plusieurs sites indépendants, ont aussi diffusé de nombreuses images d'exemples présentés comme des violations ou des pressions sur les électeurs, sans qu'il soit possible de les vérifier.
Les observateurs ont également dénoncé des entraves à leur travail, notamment en Tchétchénie où certains ont été "menacés physiquement" selon l'ONG OVD-Info.

Au Daguestan, dans le Caucase du Nord, David Stépachvili, chargé de surveiller un bureau de vote à Makhatchkala, a raconté à l'AFP avoir "été frappé et jeté dehors" par une cinquantaine d'hommes.

D'autres observateurs ont été empêchés d'accéder aux bureaux de vote, notamment à Oufa (Bachkortostan), Kémérovo (Sibérie) et à Krasnodar (sud), selon Ivan Jdanov.

"Pour l'instant, nous n'avons pas eu une seule plainte d'un candidat dont les observateurs n'auraient pas eu accès" aux bureaux de vote, a assuré Mme Pamfilova.
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Re: ELECTION russe 2018

Message  Matt le Lun 19 Mar - 0:33

Tout ça vous surprend? clown

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Re: ELECTION russe 2018

Message  steven21 le Lun 19 Mar - 4:33

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Re: ELECTION russe 2018

Message  travellergillou76 le Lun 19 Mar - 8:31

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Caduce62 le Lun 19 Mar - 16:42

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Caduce62

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Re: ELECTION russe 2018

Message  Fredbreizh le Lun 19 Mar - 19:36

steven21 a écrit:
Avec cette combine, on arrive à avoir plus de bulletins de vote que d'inscrits sur les listes ! 
Et visiblement ça gène personne ! Very Happy

Fredbreizh

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Re: ELECTION russe 2018

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