le referendum de la catalogne

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le referendum de la catalogne

Message  steven21 le Dim 1 Oct - 15:24



affraid
la dictature de l'europe est en marche ?
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Re: le referendum de la catalogne

Message  travellergillou76 le Dim 1 Oct - 18:50

steven21 a écrit:

affraid
la dictature de l'europe est en marche ?
que vient faire l'Europe dans cette galère?
Ce sont des policiers espagnols qui interviennent Very Happy

travellergillou76

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Re: le referendum de la catalogne

Message  steven21 le Lun 2 Oct - 0:05

travellergillou76 a écrit:que vient faire l'Europe dans cette galère?
Ce sont des policiers espagnols qui interviennent Very Happy

je te l accorde que c est un peu lointain tous ca , mais il a quand meme une contre democratie dans tous ca. et que pour moi tout est lié , de pres ou de loin.
ce n est que mon point de vue. on verra ce qu en dira le parlement. comme ont dit : qui ne dit rien , consent.
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Александр le Lun 2 Oct - 9:38

Ils vont devoir réagir en tout cas:

Plus de 90% de «oui» à l’indépendance catalane

Résultat digne du guébiste . . . Embarassed
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Caduce62 le Lun 2 Oct - 9:52

Александр a écrit:Ils vont devoir réagir en tout cas:

Plus de 90% de «oui» à l’indépendance catalane

Résultat digne du guébiste . . . Embarassed
Sauf que 90% des votants étaient pro-indépendance alors que ceux qui étaient contre ont boycotté le référendum  Evil or Very Mad
Où est la démocratie ???
C'est comme le pseudo-référendum de Crimée Twisted Evil
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Thuramir le Lun 2 Oct - 10:41

Caduce62 a écrit:
Александр a écrit:Ils vont devoir réagir en tout cas:

Plus de 90% de «oui» à l’indépendance catalane

Résultat digne du guébiste . . . Embarassed
Sauf que 90% des votants étaient pro-indépendance alors que ceux qui étaient contre ont boycotté le référendum  Evil or Very Mad
Où est la démocratie ???
C'est comme le pseudo-référendum de Crimée Twisted Evil

Très mauvaise comparaison ! Le référendum était ouvert à tous les résidents de la Catalogne et aucun pouvoir extérieur n'organisait cette consultation populaire.  Bien entendu, une large majorité d'électeurs indépendantistes se sont déplacés pour voter, mais le résultat est la conséquence de l'entêtement forcené de l'Espagne castillane à s'opposer à toute forme de référendum (alors que les indépendantistes étaient minoritaires selon les sondages).

Et maintenant on fait quoi ? Les castillans envoient leur armée mater dans le sang les catalans, si la Catalogne déclare son indépendance de manière unilatérale ? On met en prison tous ceux qui réclament l'indépendance ?

Rajoy a fait le jeu des indépendantistes et cela se terminera en guerre civile, si l'Espagne castillane ne renoue pas le dialogue avec les dirigeants catalans. On ne retient pas un peuple avec des armes, ou alors, on ne porte plus le nom de démocratie !  Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Александр le Lun 2 Oct - 11:11

Voix de la sagesse . . .
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Александр le Lun 2 Oct - 11:54

L'Europe doit rappeler l'Espagne à l'ordre, pour Jambon (N-VA)

Le vice-Premier ministre N-VA Jan Jambon estime que l'Europe doit rappeler Madrid à l'ordre pour la violence utilisée contre le référendum en Catalogne. Il ne veut pas encore se prononcer sur l'attitude que doit adopter le gouvernement fédéral si les Catalans déclarent unilatéralement leur indépendance.


©️ Belga

Le Premier ministre Charles Michel a "parfaitement réagi, comme doit réagir un dirigeant en Europe", a constaté le nationaliste flamand lundi dans De Ochtend sur Radio 1. "Où restent les autres? J'aurais attendu qu'on rappelle à tout le moins l'Espagne à l'ordre."

Jan Jambon n'est pas d'accord avec son collègue libéral Alexander De Croo, qui a prévenu que "le nationalisme exacerbé des deux côtés" ne mènera nulle pas. "Toute idéologie qui s'exacerbe est dangereuse", a estimé le ministre N-VA. "Mais les Catalans essaient depuis des années de lancer le dialogue avec l'Espagne. (...) Cet appel à l'indépendance ne vient pas de nulle part. Je ne suis pas d'accord de le placer dans la catégorie 'nationalisme exacerbé'."

Le risque est grand que les Catalans déclarent très bientôt unilatéralement leur indépendance. "Le gouvernement fédéral a toujours pu prendre une position commune dans tous les dossiers difficiles. Je suppose que nous y arriverons ici aussi", a indiqué le ministre. "Si les Catalans déclarent leur indépendance, cela lancera un processus. Ce n'est pas parce qu'on fait cette déclaration que tout est démêlé. A un certain moment, cela arrivera sur la table européenne. Nous verrons dans quelles conditions le dossier atterrit sur cette table", a conclu Jan Jambon.

Le président du Parlement flamand, le N-VA Jan Peumans, était quant à lui invité sur La Première. Il a qualifié de "lâche, incroyable, anti-démocratique" la réaction musclée du gouvernement espagnol au référendum organisé par les autorités catalanes. Il a salué le tweet du Premier ministre belge. "Mes félicitations à Charles Michel d'avoir réagi comme cela", a-t-il indiqué, avant de noter que "le deuxième pas serait de chercher le dialogue entre le gouvernement catalan et Madrid".

Quand on sait que la N-VA est un parti extrémiste prônant l'indépendance de la Flandre
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Caduce62 le Lun 2 Oct - 13:03

Il est vrai que le gouvernement espagnol n'a pas employé la bonne méthode mais héritage du franquisme ?
Il aurai du jouer le jeu des indépendantistes en organisant un vrai référendum controlé et quasi obligatoire pour toute la population de Catalogne mais aussi pour la population espagnole qui est concernée !!
Dans un divorce, quand l'un veut divorcer, on demande l'avis de l'autre époux ??

Ne pas oublier que derrière les mouvements indépendantistes, il y a aussi un téléguidage russe dans le but de fragmenter et d'affaiblir l'Europe
En témoigne, non pas des petits hommes verts, mais ces quelques ordures ayant fait le coup de feu dans le Donbass au côté des séparatistes et qui se cachent en Catalogne pour échapper à la justice espagnole :



Tableau à compléter  Twisted Evil Twisted Evil Twisted Evil
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Re: le referendum de la catalogne

Message  benoit77 le Lun 2 Oct - 13:16

Eh oui, car il faut bien comprendre que nos démocraties offrent de nombreux angles d'attaques au guerres hybrides tels quels sont conçus aux Kremlin.
C'est similaire avec la guerre hybride qui est celle d'un islam radical et/ou expansionniste cherchant aussi à foutre le bordel chez les autres.
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Александр le Lun 2 Oct - 13:36

Etrange, certain font le paralèlle entre le référendum de Crimée et celui de Catalogne . . .
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Re: le referendum de la catalogne

Message  benoit77 le Lun 2 Oct - 14:00

Александр a écrit:Etrange, certain font le paralèlle entre le référendum de Crimée et celui de Catalogne . . .

comparaison n'est pas raison.
si le référendum de Crimée est une pure création du kremlin, on ne peut pas non plus ignorer l’intérêt et/ou l'exploitation que peut faire le kremlin du referendum catalan même si ce n'est pas sa création.

La puissance financière et politique qu'est l'ue, est à détruire vu du kremlin. Poutine rêve de diviser l’Europe pour la bouffer. Il ne peut le faire militairement, alors il utilise d'autres méthodes.
La récupération, l'exploitation, la manipulation de nos propres divisions est partie intégrante de la méthode du Kremlin pour construire l'urss 2.0

L’ingérence russe dans le référendum british n'est pas/plus à prouver. Pourquoi le referendum catalan en serait épargné dans sa genèse et ses conséquences.
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Caduce62 le Lun 2 Oct - 14:10

La désinformation "à la russe" Evil or Very Mad

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/10/02/violences-policieres-en-catalogne-attention-aux-images-trompeuses_5194905_4355770.html?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1506940810

Violences policières en Catalogne : attention aux images trompeuses
La journée de dimanche a été marquée par les violences policières en Catalogne, mais certaines images-chocs ont été manipulées. Explications.

LE MONDE | 02.10.2017 à 12h20 • Mis à jour le 02.10.2017 à 13h37 | Par Adrien Sénécat

De vraies violences, mais des images parfois mensongères. Les affrontements entre la police antiémeute et les sympathisants indépendantistes ont fait 844 blessés dimanche 1er octobre, selon le gouvernement régional. Au moins 33 policiers ont également été blessés, selon le ministère de l’intérieur espagnol. Certaines scènes de violences ont été immortalisées par des internautes et ont largement circulé sur les réseaux sociaux ces dernières heures. Mais d’autres messages, tout autant relayés, mettent en avant des images manipulées. Retour sur quatre d’entre elles.

1. Des policiers matraquent des citoyens… en 2012
CE QUE DIT LA RUMEUR
Une vidéo partagée des milliers de fois sur Twitter montre des policiers violenter plusieurs personnes dans la rue, dont un jeune homme et une jeune femme. « La police espagnole attaque des votants catalans », dénonce le message qui accompagne les images :
image: http://img.lemde.fr/2017/10/02/0/0/636/610/534/0/60/0/d4604d8_21722-9h8lbs.v2t2lc8fr.png

POURQUOI C’EST FAUX
Ces images n’ont en réalité aucun rapport avec le vote organisé dimanche 1er octobre 2017. Elles remontent en réalité au 14 novembre 2012, lors d’une manifestation contre l’austérité à Tarragone (Catalogne), où des participants avaient été réprimés par des Mossos d’Esquadra (la police régionale catalane).

2. Une personne handicapée agressée… en 2011
CE QUE DIT LA RUMEUR
Une photo partagée des milliers de fois sur Facebook montre un homme sur un fauteuil roulant pris à partie par un policier, matraque en l’air. « Le jour où la Catalogne veut voter pour l’indépendance, c’est l’une des images que j’espère faire le tour du monde », commente cette page, qui dénonce les violences policières :
image: http://img.lemde.fr/2017/10/02/0/0/503/644/534/0/60/0/a8a3ad5_10662-1504aat.zzperpy14i.png

POURQUOI C’EST FAUX
La photographie est bien réelle, mais là aussi ancienne. Le cliché a en réalité été pris en 2011, lors d’une intervention policière contre le mouvement des « indignés » en Catalogne.

3. Un cliché emblématique, mais manipulé
CE QUE DIT LA RUMEUR
Plus de 10 000 internautes ont relayé cette image, présentée ici sur Twitter comme digne du prestigieux prix Pulitzer. On y voit des Catalans opposés à des représentants des forces de l’ordre, un drapeau catalan émergeant au milieu de la foule :
image: http://img.lemde.fr/2017/10/02/0/0/632/694/534/0/60/0/f4da9fd_7762-8vuzjz.fo85jnhfr.png

POURQUOI C’EST FAUX
L’image semble bien remonter au jour du vote en Catalogne, mais elle a en revanche été retouchée, le drapeau catalan ayant été ajouté au milieu de la cohue.
image: http://img.lemde.fr/2017/10/02/0/0/1024/768/534/0/60/0/1ef3ff5_28781-1lkfzuv.5d0tchaor.png

4. Une vieille photo de pompiers qui s’opposent aux policiers
CE QUE DIT LA RUMEUR
« De valeureux pompiers catalans », « une image symbolique de la politique de division du gouvernement Rajoy… » De nombreux observateurs ont relayé cette photo mettant en scène des pompiers montant au front face à des policiers armés dans le contexte du référendum d’indépendance :
image: http://img.lemde.fr/2017/10/02/0/0/626/658/534/0/60/0/98eebd8_21722-n7g2ic.fg9fi529.png

POURQUOI C’EST FAUX
Le cliché n’a pourtant, là encore, aucun rapport avec l’actualité. Il s’agit d’une image prise par le photographe de l’agence AP Paco Serinelli pendant des manifestations contre l’austérité le 29 mai 2013 à Barcelone, un mouvement de protestation auquel des pompiers avaient alors pris part.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/10/02/violences-policieres-en-catalogne-attention-aux-images-trompeuses_5194905_4355770.html#5gF9CqR3vCKv0GAv.99
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Александр le Mar 3 Oct - 13:57

Catalogne : grève générale deux jours après le référendum



Barcelone (Espagne), le 3 octobre. Les manifestants protestent contre les violences policières survenues en marge du scrutin. Un homme brandit une pancarte pour interpeller l'Europe. 
(REUTERS/YVES HERMAN.)

Les heurts en marge du scrutin d'autodétermination interdit par Madrid ont motivé de nombreuses organisations syndicales et indépendantistes pour appeler à la grève. Du FC Barcelone à la Sagrada Familia, la mobilisation devrait être très suivie.

La Catalogne est en grève. Deux jours après les violences policières pour empêcher la tenue du référendum d'autodétermination, les habitants de cette région d'Espagne sont appelés à cesser le travail.

D'abord lancée par des syndicats minoritaires, cette journée de mobilisation a finalement reçu le soutien des syndicats majoritaires afin de présenter une image d'unité de la Catalogne face à la répression de Madrid. Les associations et les partis indépendantistes s'associent aussi au mouvement. Au total, c'est une quarantaine d'organisations qui appellent à paralyser la région. 

> LIRE AUSSI
Les dirigeants européens bien embarrassés par le référendum catalan
 
Dimanche, la police et la garde civile sont intervenues dans une centaine de bureaux de vote pour saisir les urnes et les bulletins de vote. Mais leur opération s'est souvent faite dans la violence. Plus de 800 personnes ont dû demander une assistance médicale. 

Blocages de route et manifestations

«Je suis convaincu que cette grève sera très suivie», a déclaré le président de Catalogne Carles Puigdemont qui cherche aussi par ce biais à montrer que toute la société le soutient dans son bras de fer pour obtenir de Madrid, au minimum un référendum d'autodétermination.
Symbole fort de cette mobilisation, le Barça participe à cette grève. Ni les professionnels, ni les équipes jeunes, ne s'entraîneront ce mardi. 

Le port de Barcelone, les universités publiques, les transports, le Musée d'art contemporain (MACBA), des employés de l'opéra et même ceux de la fameuse Sagrada Familia, la cathédrale de Gaudi, avaient prévu de cesser eux aussi le travail. La journée a commencé par le blocage de 47 routes et autoroutes par des piquets de grève.

Des manifestations ont également lieu, notamment devant le siège régional du Parti populaire, mouvement du Premier ministre Mariano Rajoy. 

Les trois chaînes de montage du constructeur de voitures Seat en Catalogne tournent elles normalement, a indiqué une porte-parole de la société, Cristina Vall-Losada. Les représentants des syndicats sont convenus de laisser les employés décider «selon leur conscience» s'ils voulaient se joindre à la grève, a-t-elle expliqué.

Dans la grande gare Sants, les magasins restaient ouverts à l'exception de la boutique du FC Barcelone. «Un piquet de grève est passé pour nous recommander de fermer, mais sans menace ni rien», a témoigné une employée d'un magasin de jouets de 43 ans sous le couvert de l'anonymat. «Je n'ai pas fermé parce que la boutique n'est pas à moi, sinon je l'aurais fait, pour la défense des droits humains», a-t-elle ajouté.

Les dirigeants de la Catalogne, une région où vivent 16% des Espagnols, ont annoncé qu'ils envisagent sérieusement de déclarer l'indépendance une fois confirmée la victoire du «oui», à 90% selon des résultats non définitifs. 

EN IMAGES. Jour de grève en Catalogne


Catalogne : Carles Puigdemont, l'homme clé du combat pour l'indépendance

Le président du gouvernement catalan est un militant de longue date de la cause catalane. (CITIZENSIDE / Ramon Costa lopez / Citizenside)

Indépendantiste depuis le berceau et bête noire de Madrid, Carles Puigdemont est l'homme à qui la Catalogne doit le référendum de ce week-end. Portrait.Son visage s'est affiché sur les télévisions du monde entier, dimanche, lors du référendum d'autodétermination catalan. Inconnu du grand public, ce discret quinquagénaire est l'homme qui guide la Catalogne vers la sécession. Car derrière les airs faussement nonchalants de Carles Puigdemont se dissimule un jusqu'au-boutiste radical, que rien, ni même la menace de la prison, ne semble faire plier tant que c'est pour "la cause", le combat de sa vie : l'indépendance catalane. Elu sur un malentendu président de la Catalogne en janvier 2016, à une époque où personne ne pariait vraiment sur lui, il est aujourd'hui l'icône des séparatistes.

Au départ, un rêve de gosse...


L'espace de quelques secondes, l'émotion a submergé Carles Puigdemont lorsqu'il a affirmé dimanche soir que les habitants de sa région avaient gagné "le droit d'avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d'une République", séparé de la monarchie espagnole. Souriant, il a annoncé que le "oui" à un "Etat indépendant sous forme de République" l'avait emporté à 90%, avec 2,26 millions de voix. Malgré les violences qui ont blessé 848 personnes et malgré le conflit qui l'oppose à Madrid, Carles Puidgemont a presque réalisé un rêve de gosse. 

La légende, relayée par le quotidien catalan "la Vanguardia", raconte que tout petit, Carles Puigdemont suppliait sa grand-mère de lui tricoter une estelada, l’iconique drapeau catalan indépendantiste à rayures jaunes et bleues. Voilà pour le storytelling. On sait aussi qu'il est issu d'une famille conservatrice d'Amer, une commune catalane qui conserve sur Google Maps la trace de la pâtisserie de ses parents.

Il grandit là, au sein d'une fratrie de huit enfants, à une cinquantaine de kilomètres de Gérone dont il deviendra un demi-siècle plus tard... le maire. Nous sommes en 2011, Carles Puigdemont a 49 ans et il renverse les socialistes installés à la mairie depuis la chute de Franco en se présentant sous les couleurs de la CDC (Convergencia Democratica de Cataluña), le parti de la droite nationaliste et conservatrice. Séparatiste assumé, il s'empresse de rebaptiser Gérone à la catalane. Gerona (en espagnol) devient Girona. "Libération" raconte même qu'il a ensuite fait ondoyer la estelada, le drapeau catalan indépendantiste, sur le balcon municipal en lieu et place du drapeau espagnol. 

Chauvin assumé, Puigdemont s'est forgé durant ces quelques années à la tête de Gérone une image de séparatiste consensuel et moderne, sillonnant sa ville en girocleta (le Vélib' local) et y injectant du wifi gratuit partout. Il rénove le centre-ville avec l'objectif affiché d'y faire accourir les touristes estivaux, et parvient même à négocier avec la production de "Game of Thrones" qu'un épisode y soit tourné. Gérone sert alors de décor au marché de Braavos et à la cathédrale de Port-Réal. 

Prince de la communication


Ne vous fiez pas à sa chevelure d'étudiant attardé, elle cache simplement une vilaine cicatrice causée par un accident de la route à 20 ans. Et malgré sa discrétion, l'atout-clé de Puigdemont demeure son aisance rhétorique. Car l'actuel président de la Catalogne est avant tout un homme de lettres, rappelle le "Vanity Fair" espagnol. Linguiste de formation et diplômé en littérature, cet as de la communication qui a longtemps été sous-estimé a d'abord fait carrière dans le journalisme avant de se tourner tardivement vers la politique. Militant dans les rangs d’une organisation culturelle, Solidaritat en Defensa de la Llengua, il cofonde ensuite à Gérone les Jeunesses nationalistes de Catalogne. 

Après ses études, celui que ses amis surnomment "Puigdi" lance plusieurs publications défendant l’identité catalane : le journal "El Punt", l’Agence d’informations catalanes (ACN), puis "Catalonia Today", une revue en anglais dans laquelle travaille son épouse, Marcela Topor, avec qui il a deux enfants. L’analyste Francesc-Marc Álvaro commente

"Au moins, on ne pourra pas lui reprocher d’être un converti de la dernière heure. Il a toujours défendu son pays, la Catalogne, comme une priorité."

Et si vous avez vaguement le sentiment d'avoir déjà entendu Carles Puigdemont quelque part, ce n'est pas un mirage. L'homme est polyglotte et s'exprime aisément en catalan, castillan, anglais, roumain et... français. 

La bête noire de Rajoy


Quand en janvier 2016, Puidgemont est élu président de la Catalogne, c'est de justesse. Madrid ne s'alarme pas, elle n'y voit qu'un pantin d'Arthur Mas, leader contraint à la discrétion par des scandales de corruption. Mais les analystes politiques, eux, pressentent le dessein politique de l'homme, à l'instar de Fernando Onega, chroniqueur du quotidien "la Vanguardia" qui prédit avant l'heure l'ascension politique de cet homme "sérieux, déterminé, à la fois plus calme et plus radical que Mas". Le journaliste prévoyait alors que le choc avec Madrid n’en serait que "plus violent". Il ne croyait pas si bien dire... En réalisant l'alliance des indépendantistes de toutes les étiquettes politiques, Puigdemont devient mois après mois un artisan précieux du référendum du 1er octobre 2017.


Le 1er octobre 2017. (AP/Sipa)

Dans les prochains jours, Carles Puigdemont devrait soumettre au Parlement catalan les résultats du référendum et ouvrir ainsi la porte à une déclaration unilatérale d'indépendance. Soufflant le chaud et le froid, l'homme pourrait être visé par des sanctions judiciaires. Le 25 septembre, le procureur général espagnol avait suggéré que l'arrestation de Carles Puigdemont était une possibilité. Pour l'heure, il est déjà sous le coup, ainsi que l'ensemble de l'exécutif catalan, d'une enquête pénale pour "désobéissance, prévarication et détournement de fonds publics", en lien avec l'organisation du référendum.

En interne, y compris chez les indépendantistes, il ne fait déjà plus l'unanimité. Cet été, quatre députés de son mouvement ont démissionné avec fracas, et l'accusent d'avoir été "purgés" car ils lui avaient tenu tête. D'autres détracteurs l'accusent d'ambitions politiques dévorantes. Des allégations qu'il balayait il y a encore quelques jours d'une promesse, celle de quitter l'arène politique si le "oui" l'emportait". 

Catalogne: attention aux fausses images qui circulent

Si les violences policières et la répression de l'État espagnol indignent à raison la communauté internationale, il convient d'analyser les "preuves" de ces exactions avec prudence et discernement.
De nombreux témoignages des violences de la Guardia Civil espagnole en Catalogne ont été publiés sur les réseaux sociaux ce dimanche sous la forme de vidéos ou de photos. Ces dénonciations continuent d'ailleurs à affluer cette semaine mais, attention, ces "pièces à conviction" ne sont pas toujours authentiques ou du moins pertinentes.



Ainsi, différentes méthodes sont appliquées pour alimenter la désinformation et grossir le trait d'un conflit qui n'en a pas besoin tant les preuves formelles existent déjà en abondance. 



Comme le décryptent Les Décodeurs (Le Monde), certaines images ou documents vidéo n'ont rien à voir avec les incidents liés à l'organisation du référendum indépendantiste catalan. Voici trois exemples.




1) Cette séquence (voir ci-dessous) prétend dénoncer l'agression d'un membre de la Guardia Civil sur un électeur, or il s'agit d'une manifestation contre l'austérité organisée à Tarragone (Catalogne) le 14 novembre 2012. Détail important: il ne s'agit pas d'un policier de la Guardia Civil (État espagnol) mais de membres des Mossos d'Esquadra (police catalane).




2) Cette publication Facebook montre l'intervention d'un policier sur une personne visiblement handicapée et en profite pour condamner avec virulence l'attitude des forces de l'ordre. Malheureusement, aussi indéfendable soit-il, l'assaut du policier date de 2011 et d'une manifestation des "indignés" catalans.




3) Ce tweet partagé 13.000 fois et approuvé 12.000 fois est un photo-montage. Un drapeau catalan y a été ajouté pour lui accorder une dimension symbolique encore plus forte. Voici la photo originale et elle n'avait nullement besoin d'un trucage.
Et là réside le paradoxe de l'intox ici présente: la répression policière orchestrée par Madrid à Barcelone s'est avérée suffisamment grave et déplorable pour avoir à subir les conséquences négatives de "fake news" sur les réseaux sociaux. Des documents qui prennent dès lors le risque de faire passer ces violences pour de la désinformation...







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Re: le referendum de la catalogne

Message  Александр le Mar 3 Oct - 13:58

Julia Davis‏ @JuliaDavisNews          

#Russia's state TV host is demonstrating how to vote "Yes" for #Catalonia's independence. #CatalanReferendumpic.twitter.com/WBvhcjrnZE

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Re: le referendum de la catalogne

Message  Александр le Mer 4 Oct - 12:28

Indépendance de la Catalogne: «Une question de jours»


La Catalogne, dont la consultation populaire a été jugée inconstitutionnelle et illégale par les autorités nationales, déclarera son indépendance dans les prochains jours, a assuré le leader catalan.-Reporters/Abaca

Le président de la Catalogne indique que la déclaration d’indépendance de la région est «une question de jours».

Le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, a indiqué dans un entretien accordé à la BBC que le gouvernement régional, engagé dans un bras de fer avec Madrid au sujet des visées indépendantistes des Catalans, «agirait en fin de cette semaine ou début de la suivante». Alors que l’Union européenne, notamment, a appelé les autorités espagnoles à entamer un dialogue après le référendum interdit de dimanche, il n’y a actuellement aucun contact entre Madrid et l’administration catalane décentralisée, selon Carles Puigdemont.

+ EN IMAGES | Le roi d’Espagne accuse les indépendantistes catalans de « déloyauté »

La Catalogne, dont la consultation populaire a été jugée inconstitutionnelle et illégale par les autorités nationales, déclarera son indépendance dans les prochains jours, a assuré le leader catalan.

Il s’exprimait face aux journalistes de la chaîne britannique peu avant que le souverain espagnol ne s’adresse aux citoyens via un discours télévisé au ton très dur. Felipe VI a souligné, dans ses paroles, que «depuis longtemps, certaines autorités de Catalogne, de manière réitérée, consciente et délibérée, ont bafoué la Constitution et leur statut d’autonomie», allant même jusqu’à dire que «ces autorités, d’une manière claire et catégorique, se sont situées totalement en marge du droit et de la démocratie».

«Aujourd’hui, la société catalane est fracturée et polarisée», a constaté le souverain, qui en a rejeté la responsabilité sur les autorités indépendantistes régionales, à la «conduite irresponsable» et d’une «déloyauté inadmissible vis-à-vis des pouvoirs de l’État».


Une bonne question:

La Catalogne peut-elle survivre en tant qu'Etat indépendant ?

Carles Puigdemont, le président catalan, a déclaré que l'indépendance de sa région ne serait qu'une " question de jours ". Mais la Catalogne serait-elle vraiment un Etat viable ?


©️ REUTERS
La Catalogne, dont la consultation populaire a été jugée inconstitutionnelle et illégale par les autorités nationales, déclarera son indépendance dans les prochains jours, a assuré le leader catalan Carles Puigdemont. Mais la région peut-elle subvenir à elle seule à tous les besoins de sa population ? Les choses sont moins aisées que ne le laissent entendre les indépendantistes catalans.

Prémices d'autonomie et lacunes

Il est vrai que la Catalogne a déjà de nombreux critères d'autonomie : un drapeau spécifique à sa région, un parlement et un président, Carles Puigdemont. En plus d'avoir sa propre force policière, les Mossos d'Esquadra, la région catalane a également un réseau de services publics (écoles, soins de santé...). Elle mène également une série de "missions étrangères", avec des petites ambassades qui tentent de promouvoir le commerce et l'investissement en Catalogne, et ce à travers le monde.

Bien que ces éléments participent à l'autonomie catalane, il y aura beaucoup plus de choses à mettre en place en cas d'indépendance. La BBC en cite quelques exemples : douanes et contrôles des frontières, défense, banque centrale, régulation du trafic aérien ou encore instauration de relations internationales dignes de ce nom. Des matières importantes - et coûteuses -, qui sont pour l'instant gérées par Madrid.

Une dette publique importante

Une des motivations principales pour l'indépendance de la Catalogne est l'économie. Dans les reproches des séparatistes, il y a le fait que la Catalogne, région relativement riche par rapport aux autres parties du pays, paie plus à l'Etat espagnol qu'elle ne reçoit. La Catalogne représente en effet 19% du PIB de l'Espagne et plus qu'un quart des exportations du pays. Elle est également une région touristique importante.

La Catalogne peut cependant s'inquiéter du taux de sa dette publique qui, selon les derniers chiffres, s'élève à 77 milliards d'euros, soit 35,4% du PIB de la région. Au deuxième trimestre 2017, la Catalogne était la troisième région la plus endettée d'Espagne. En 2012, le gouvernement espagnol a mis en place un fonds spécial permettant de fournir de l'argent aux régions qui ne pouvaient pas emprunter de l'argent sur les marchés internationaux après la crise financière, rappelle la BBC. La Catalogne, principale bénéficiaire de ce projet, perdrait l'accès à ce système en devant indépendante, mais il sera aussi question de savoir combien la région sera disposée à rembourser. Un point financier qui pourrait se révéler épineux dans les négociations avec l'Espagne, surtout si Madrid souhaite que Barcelone assume une part de la dette nationale espagnole.

Et l'Union européenne ?

En tant que région membre à part entière de l'Etat espagnol, la Catalogne est de facto dans l'UE, avec les avantages que cela représente notamment en matière de commerce. Pour l'instant, les deux tiers des exportations de la Catalogne sont destinées aux autres membres de l'UE. Or, si elle devient indépendante, la Catalogne devra faire sa propre demande d'admission à l'Union européenne. Celle-ci devra être acceptée à l'unanimité par les pays membres, et l'Espagne pourrait bien vouloir bloquer sa candidature. Dans ce cas de figure, une adhésion au marché unique sans être membre de l'UE pourrait être envisagée.
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Caduce62 le Jeu 5 Oct - 21:10

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Re: le referendum de la catalogne

Message  Thuramir le Ven 6 Oct - 17:08

La partie de ping-pong continue :
La justice espagnole suspend la séance du Parlement catalan sur l'indépendance prévue lundi
©️ BELGA
La Cour constitutionnelle espagnole a suspendu jeudi la séance parlementaire prévue lundi au parlement catalan sur les résultats du référendum d'autodétermination interdit, au cours de laquelle une déclaration d'indépendance était envisagée.

La Cour avait été saisie par le Parti socialiste de Catalogne, qui s'oppose à la sécession. Le Parlement devait siéger à la demande du président séparatiste catalan Carles Puigdemont, qui devait s'y exprimer. A l'issue du débat, une déclaration unilatérale d'indépendance était envisagée, selon une source du gouvernement régional.


mais cette mesure n'est pas reconnue par la Catalogne : http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/05/catalogne-la-justice-suspend-la-session-du-parlement-sur-l-independance-prevue-lundi_5196689_3214.html

et
Le gouvernement espagnol souhaite des élections en Catalogne pour mettre fin à la crise
©️ BELGA
Le gouvernement espagnol a appelé vendredi les séparatistes catalans à dissoudre leur parlement et à convoquer des élections dans la région pour surmonter la crise entre Madrid et Barcelone, qui menace de déclarer l'indépendance unilatéralement.

«Il serait bon de commencer à refermer la plaie en passant par le Parlement de Catalogne (...) par le biais d'élections régionales», a déclaré Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse organisée à l'issue du conseil des ministres.

On voit fort mal pourquoi le gouvernement catalan dissoudrait son parlement, dans lequel il est majoritaire. Il paraît évident que le gouvernement catalan a tout intérêt à pousser les castillans à suspendre l'autonomie de leur région et à convoquer des élections, la mesure qui serait prise en ce sens par les castillans serait bien évidemment de nature à booster un peu plus encore le sentiment d'indépendance parmi les catalans.  L'allocution télévisée particulièrement clivante de Felipe VI, le roi castillan, a manifestement exacerbé les tensions au lieu de tenter de fédérer les personnes et de les pousser à négocier.

D'ailleurs, à supposer que des élections régionales soient organisées, et que les indépendantistes catalans en sortent encore plus renforcés, que fera l'Espagne ? Elle se trouvera le dos au mur, par sa propre faute à vouloir réprimer par la force un mouvement avec lequel il fallait négocier. Le Parti Populaire de Rajoy est d'ailleurs quasi exclusivement responsable de la montée du sentiment indépendantiste en Catalogne par la guérilla judiciaire incessante qu'il a organisée contre la Catalogne, et qui est fort bien détaillée dans cet article de Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Statut_d%27autonomie_de_la_Catalogne

Le seul geste un tant soit peu de nature à calmer les esprits est la mesure qui se manifeste dans la réponse judiciaire (ce qui révèle d'ailleurs aussi la crainte des castillans d'une guerre civile possible en cas de mesures trop drastiques) :
Espagne: les séparatistes catalans poursuivis pour sédition restent en liberté
©️ BELGA
Le chef de la police catalane et les dirigeants des mouvements séparatistes catalans entendus vendredi à Madrid pour sédition sont sortis libres du tribunal, le parquet n'ayant pas requis leur placement en détention, selon une source judiciaire.
Aucune mesure de contrôle judiciaire n'a été imposée, selon une porte-parole de l'Audience nationale, le tribunal où étaient entendus le chef de la police Josep-Lluis Trapero, Jordi Sanchez, et Jordi Cuixart, qui restent inculpés. Teresa Laplana, l'adjointe du chef de la police, également poursuivie, a été entendue par vidéoconférence.
Le chef de la puissante Association nationale Catalane (ANC) Jordi Sanchez a souligné que son groupe ne reconnaissait pas «la compétence de ce tribunal» et estimait n'avoir «commis aucun délit».
La justice reproche aux quatre inculpés de n'avoir pas évité, voire d'être directement responsables, des troubles ayant suivi l'arrestation des organisateurs présumés du référendum, les 20 et 21 septembre à Barcelone.
Des gardes civils avaient été empêchés de quitter le bâtiment qu'ils avaient perquisitionnés et des leaders des association séparatistes avaient tenu un meeting devant les locaux, installés sur les voitures de la garde civile. Celles-ci avaient en outre été endommagées et recouvertes d'autocollants séparatistes.
L'absence de placement en détention provisoire évite sans doute de nouveaux troubles en Catalogne, où la rue est particulièment agitée depuis les violences policières qui ont émaillé la tenue dimanche d'un référendum interdit sur l'indépendance.
Ce référendum a ouvert une crise politique majeure entre les séparatistes au pouvoir en Catalogne et le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, alors qu'ils menacent de déclarer unilatéralement l'indépendance faute de dialogue.
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Caduce62 le Ven 6 Oct - 18:24

En Catalogne, la menace d’une débandade économique


http://www.liberation.fr/planete/2017/10/06/en-catalogne-la-menace-d-une-debandade-economique_1601361
Par François Musseau, correspondant à Madrid — 6 octobre 2017 à 16:49


La Banco Sabadell à Barcelone. Photo Pierre-Philippe Marcou. AFP

Effrayées par le spectre d’une déclaration unilatérale d’indépendance, banques et grandes entreprises envisagent de quitter la région. Certaines ont déjà décidé de déménager leurs sièges sociaux hors de Barcelone.

Un frisson de peur parcourt les milieux d’affaires en Catalogne, l’une des plus riches régions d’Espagne, avec 19% du PIB national en 2016, et qui assure le quart des exportations des PME nationales : le spectre d’une déclaration unilatérale d’indépendance, qui pourrait se produire dès le début de semaine prochaine lors d’une session parlementaire dans l’hémicycle autonome de Barcelone, effraie magnats et dirigeants des principales entreprises. Alors que le gouvernement espagnol a appelé vendredi les séparatistes catalans à dissoudre leur Parlement et à convoquer des élections dans la région, pour surmonter la crise entre Madrid et Barcelone, le FMI a estimé que «les tensions et les incertitudes» pourraient «peser sur la confiance et les décisions d’investissement». Déjà, c’est le début de la débandade. La Banco Sabadell, sis dans la ville homonyme et 5e entité du pays, a décidé de déménager son siège social à Alicante, dans la région valencienne. La Caixa, 3e banque d’Espagne, et colosse financier de la Catalogne au fort pouvoir symbolique, décidera aujourd’hui – au cours d’un conseil d’administration extraordinaire – de s’installer ou pas à Palma de Majorque, aux Baléares. Pour gâter les affaires des sécessionnistes, le gouvernement Rajoy prépare un décret-loi facilitant les «déménagements express» du siège des sociétés qui le souhaitent.

Il est logique que les banques réagissent les premières, dans l’affolement, à la possibilité d’une indépendance. Si leur personnel demeurerait en Catalogne, l’installation de leur siège social dans une autre province les met à l’abri – ou en tout cas diminue grandement les risques – d’un «bank run», un retrait massif des dépôts clients. Le Sabadell et la Caixa comptent des centaines de milliers de clients dans toute l’Espagne. Leurs craintes majeures : vivre dans l’incertitude juridique, être plongés dans une crise de liquidités sans précédent, être relégué hors de l’Union européenne, une fois l’indépendance déclarée, et donc ne plus avoir accès aux fonds de garanties de l’UE et au financement offert par la BCE. Et ce, dans un contexte de crise financière considérable : La Catalogne est l’une des régions les plus endettées d’Espagne, à hauteur de 80 milliards d’euros, et une bonne partie cette dette, 62%, est détenue par l’Etat. A en croire l’agence Bloomberg, la riche clientèle des grandes banques catalanes a commencé à transférer ailleurs.

Saignée économique

Mais le possible tsunami ne s’arrête pas aux établissements financiers. Des fleurons de l’économie installés en Catalogne envisagent de partir. Ainsi, le géant Gas Natural (qui a des intérêts dans tout le pays) ; le groupe d’infrastructures Abertis (à titre d’exemple, l’autoroute AP7, qu’il gère, se situe en Catalogne, mais appartient à l’Etat espagnol) ; ou encore Freixenet, une entreprise fondée en 1861 et très liée à la culture catalane, qui produit notamment le fameux cava – le champagne espagnol –, et dont le patron, José Luis Bonet, n’a jamais caché sa distance avec les autorités séparatistes. Citons aussi l’exemple édifiant de Dogi, une entreprise de textiles, propriété de la famille Domenech. S’ajoutent à cette liste de firmes qui, en cas d’indépendance, ont assuré qu’elles quitteraient les lieux sur le champ, le spécialiste de biotechnologie Oryzon, la compagnie de télécommunications Eurona, la société de diététique Naturehouse…

Les autorités séparatistes – tout particulièrement Oriol Junqueras, leader indépendantiste de la première heure et ministre régional de l’Economie – ont beau assurer que cette saignée économique n’aura pas lieu, les craintes sont réelles ; si cette avalanche se produisait, nul doute que d’autres groupes suivraient le mouvement. Ainsi que l’ont annoncé, par exemple, plusieurs succursales allemandes installées dans la région, et très pourvoyeuses d’emplois, tels Bayer, Lidl ou Volkswagen. «Pour l’économie de l’hypothétique République de Catalogne, ce serait catastrophique, assure l’économiste Carlos Segovia. Ce sont autant d’impôts de société qui ne seraient plus payés au futur fisc catalan, mais versées aux caisses espagnoles.»

François Musseau correspondant à Madrid
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Александр le Mer 11 Oct - 10:52

Suite du feuilleton:

Catalogne : à Barcelone, les militants indépendantistes déçus gardent confiance

Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées, mardi, aux abords du Parlement catalan, pour suivre le discours du président de la région, Carles Puigdemont.

Les militants indépendantistes étaient venus, mardi 10 octobre, célébrer la proclamation de la République catalane. Ils sont repartis chez eux déçus, résignés, surpris. Mais ils ont vite essayé de se faire une raison.

Est-ce pour mieux franchir le Rubicon que Carles Puigdemont, le président de la Généralité, a suspendu temporairement la sécession ? Pour l’instant, les militants ont décidé de le soutenir si son but reste bien celui de se séparer de l’Espagne.

Dès le début de l’après-midi, plusieurs milliers de personnes (30 000 selon la municipalité de Barcelone) se sont rassemblées près du Parlement, sur la promenade Lluis Companys, pour suivre le discours de M. Puigdemont sur les écrans géants qui retransmettaient les images de TV3, la télévision catalane tant de fois critiquée pour être trop proche du gouvernement régional.


Alors que la séance prenait du retard, ils ont acheté des bières aux vendeurs ambulants qui circulaient parmi les manifestants. Il fallait bien arroser la victoire. Puis, lorsque le chef de file indépendantiste a annoncé sa décision, quelques sifflements ont rapidement laissé place à un grand silence.

Scénario à la slovène

« C’est vrai, je suis un peu déçu, reconnaît Siltu Solana, un petit entrepreneur de Barcelone. Mais, c’est la meilleure solution pour renouer le dialogue. On ne pouvait pas prendre une décision unilatérale dans l’immédiat. » Il pense que Madrid « ne peut plus ignorer » les revendications des Catalans : « Il faudra négocier un référendum où nous pourrons tous nous exprimer. » A court terme, le but reste le même : déclarer l’indépendance.

Lluis Portas, lui, ne cache pas sa colère : « Je m’attendais à autre chose, je crois que l’on vient de perdre une occasion historique. » Il a à peine attendu la fin du discours pour repartir chez lui. « On ne doit rien donner aux Espagnols, ça fait des siècles qu’ils nous oppriment et ils vont continuer », peste-t-il.


Des indépendantistes catalans suivent la session au Parlement sur des écrans géants avec un mélange de tristesse et de résignation, à Barcelone le 10 octobre. GEORGES BARTOLI/ DIVERGENCE POUR LE MONDE

Gemma Ruiz, publiciste, est plus optimiste. Elle pense que Carles Puigdemont a eu raison. « J’ai pleinement confiance en lui. Si nous avions déclaré l’indépendance, l’Etat espagnol aurait pris des mesures de représailles et nous n’aurions pas pu nous défendre. » Elle demande la mise en place d’une médiation internationale : « L’Europe a vu ce qui se passait ici, elle ne peut plus rester impassible. »

Elle parle d’un scénario « qui ressemblerait à celui de la Slovénie ». En 1991, celle-ci avait unilatéralement déclaré son indépendance de la Fédération yougoslave et l’avait finalement acquise aux termes d’une guerre de dix jours. La Communauté européenne l’avait reconnue en 1992. Gemma a vu ça à la télé : « Maintenant je comprends pourquoi on nous en a tant parlé sur TV3. C’était pour nous préparer. »

Jaume Mora avait mis une bouteille de cava au frigidaire. « Je ne vais pas la boire ce soir mais je la garde pour un autre jour. » Il a 21 ans, et fait des études d’ingénieur. Ce mardi, il est venu avec une bande de copains : « Nous avons beaucoup attendu, on peut attendre encore un peu. Nous sommes patients mais pas idiots. On ne va pas encore se faire berner par Madrid. Notre président sait ce qu’il fait. »

Un « coït interrompu »

Guillem Soler est forgeron à Gurb un petit village situé à l’intérieur de la Catalogne. « On nous traite souvent de ploucs, mais nous croyons profondément à l’indépendantisme. J’étais venu vivre une journée historique. Qu’importe, on en aura d’autres car la lutte est loin d’être finie. »

Pau Obiols, professeur de primaire à San Feliu de Llobregat, dans la banlieue de Barcelone décrit le discours de M. Puigdemont comme un « coït interrompu ». Le président catalan « a très bien commencé en exposant l’historique de nos revendications et puis d’un seul coup tout est retombé alors évidemment il y en a qui ont été déçus. » Il estime que la Catalogne s’achemine vers « une sorte de Brexit négocié ». « Quoique je ne vois pas trop comment car personne ne semble disposé à céder », ajoute-t-il cependant.

Les responsables des deux grandes organisations indépendantistes – l’Assemblée nationale catalane et Omnium – qui avaient organisé le rassemblement devant le Parlement, ont essayé de gérer la déception de leurs sympathisants en offrant leur soutien à la décision du gouvernement catalan. Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, que l’on surnomme souvent « les deux Jordi », ont mobilisé la rue depuis la première grande manifestation de la Diada – la fête nationale catalane – en 2012.

« Nous aurions aimé une mise en scène un peu différente », a avoué M. Sanchez « La meilleure transition possible vers une république catalane est une transition négociée », a-t-il déclaré après le discours du président catalan.

Dans un entretien au Monde, il a appelé Madrid à ouvrir un espace de dialogue. Pour M. Sanchez, « il n’y a pas d’autre voie que celle d’un référendum négocié avec l’Etat espagnol pour que la citoyenneté puisse s’exprimer ». « C’est ce que nous avons toujours proposé. Il ne peut pas y avoir seulement un accord entre les responsables politiques. »
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Message  Caduce62 le Mer 11 Oct - 13:00

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Re: le referendum de la catalogne

Message  Thuramir le Mer 11 Oct - 22:40

Il faudra bien que la Catalogne et l'Espagne discutent, sans cela c'est une guerre civile, du terrorisme et une déstabilisation de l'Espagne, venant des autres entités autonomes, pays basque en tête.

Bien entendu, cela fait le jeu de la Russie, qui est en conflit avec l'UE, et qui fera tout ce qu'elle peut pour l'affaiblir. Il appartient donc aux castillans et aux catalans d'avoir l'intelligence politique et le sens de l'Etat pour négocier sans violences policières, armées ou institutionnelles.
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Re: le referendum de la catalogne

Message  Caduce62 le Jeu 12 Oct - 0:46

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