Il y a 15 ans

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Il y a 15 ans

Message  Matt le Dim 11 Sep - 21:54

Le 11 septembre, une date marquée par l'infamie.

« Le 11 septembre 2001 restera le jour le plus triste de ma vie »



Quinze ans après l'attentat terroriste le plus meurtrier mené sur le sol américain, la blessure reste vive pour les proches des 2983 victimes des attaques du World Trade Center.

Envoyé spécial à New York


Tom Acquiva avance où ses pas le mènent. Perdu au milieu du mémorial du 11-Septembre, à New York, ce vieux monsieur attend que la cérémonie commence. «Je me sens mal, car c'est ici que tout est arrivé», glisse-t-il. C'est ici que le 11 septembre 2001, son fils de 29 ans, Paul, est mort lorsque le premier avion a frappé la tour Nord, à 8h46 du matin. «C'est arrivé il y a quinze ans, mais j'ai parfois l'impression que c'était il y a à peine quinze secondes.» Les années passent, mais la blessure reste ouverte pour les proches des 2983 personnes qui ont perdu la vie ce jour-là.


Le tintement d'une cloche retentit, imitée par toutes les églises de New York, et tout le monde se fige sur Ground Zero. C'est la première minute de silence, qui marque l'impact du premier avion. Commence alors la litanie des noms de chacune des victimes de l'attaque, lue par leurs proches. «Jusqu'à nos retrouvailles, je te porte chaque jour dans mon cœur», lâche une lectrice à l'adresse de son frère. Cinq autres minutes de silence se succèdent: A 9h03, lorsque quinze ans plus tôt, le second avion s'écrasait dans la tour Sud ; 9h37 lorsque le vol 77 frappait le Pentagone ; 9h59 pour l'effondrement de la tour Sud ; 10h03 pour le crash du vol 93 près de Shanksville (Pennsylvanie), et 10h28, enfin, pour l'effondrement de la tour Nord. Près de 800 personnes sont présentes. «C'est plus que les années précédentes», juge Tom, après avoir jaugé la foule par un regard circulaire. «La fréquentation s'était réduite au fil des ans, mais là les gens reviennent.» A moins deux mois de l'échéance du 8 novembre, la campagne présidentielle marque une pause en ce jour de deuil. Hillary Clinton et Donald Trump ont tout de même fait le déplacement. Ils se fondent dans la foule et présentent leurs respects aux proches. Mais la trêve ne durera pas longtemps. Les spéculations sur l'état de santé de la candidate démocrate reprennent de plus belle quand Hillary Clinton, visiblement diminuée, quitte précipitamment la cérémonie. «Un simple coup de chaud», tente de minimiser son équipe de campagne.


Le long des deux grandes cascades qui sombrent dans le sol, à l'emplacement même des tours jumelles, des familles glissent une rose dans une lettre du nom d'un proche. «C'est la tombe de ma fille Danielle», note Zoé Koussonlis. Accroché à son bras, son mari George, 81 ans, tient une pancarte qui avec des photos de leur fille. «Chaque année est aussi dure que l'année précédente», poursuit Zoé. «Une mère ne devrait pas avoir à enterrer sa fille, ce n'est pas dans l'ordre des choses.» Un peu plus loin, une famille va à la rencontre des journalistes. «Prenez une photo de mes nièces, elles étaient magnifiques.» Maria Theresa Santillon et Judy Hezel Fernandez, sont mortes à 27 ans le jour des attaques. «On n'oublie jamais une chose pareille. Le 11 septembre 2011 restera le jour le plus triste de ma vie.»


15 ans déjà : quand New York tentait de relever la tête après le 11 septembre

Recueillement en hommage aux victimes du 11 septembre 2001 à New York-BELGA/AFP Photo Henny Ray Abrams


Quelques jours après les attentats qui ont frappé la ville de New York, les habitants ont tenté tant bien que mal de panser leurs blessures. Deuil national, élan de solidarité,… voici le récit de la vie new-yorkaise quelques jours après les attentats


Le quartier de Manhattan victime d’attentats terroristes, c’était il y a déjà 15 ans. Durant les jours qui ont suivi cette tragédie du 11 septembre, la ville de New York tentait de relever la tête. Quatre jours après les attentats, New York était brave et digne.


Malgré le climat d’incertitude régnant, le maire de la ville demande aux citoyens de ne rien changer à leur mode de vie. Alors, la vie poursuit son cours normalement et les New-Yorkais s’efforcent de ne pas modifier leurs habitudes de vie, comme le montrent ces images d’archives de la Sonuma.

De la solidarité entre concurrents
Pourtant, New York n’est plus ce qu’elle était. Ses rues sont vidées de ces nombreux touristes. Du coup, restaurants, hôtels et salles de spectacles sont au bord de la faillite. Un élan de solidarité naît alors entre entreprises. Les sociétés aménagent leur espace afin d’y accueillir leurs concurrents directs ayant perdu leurs locaux durant ce drame. Déterminées, les entreprises continuent leurs affaires et trouvent des espaces en location ou gratuitement dans d’autres entreprises.


C’est le cas de Cantor Fitzgerald, l’une des premières entreprises à avoir été frappée par un avion. Elle a perdu 700 de ses 900 employés. La compagnie a fait tout ce qui était possible pour reprendre le plus vite ses activités et reverser ainsi le quart de ses revenus aux familles des victimes. Du jamais vu à Manhattan! Des sociétés de bourses aident d’autres sociétés de bourse, des sociétés de comptabilité aident d’autres sociétés de comptabilité pour qu’elles continuent leur commerce. Le sentiment général à ce moment-là est sans doute d’être tous embarqués dans le même bateau.


Le deuil des New-Yorkais
«Nous sommes certains aujourd’hui que nous ne retrouverons pas son corps.»
Et même si les entreprises tentent de faire repartir leurs affaires, les gens sont marqués à vie par cette cicatrice émotionnelle. Ce jour-là, bien plus que leur société, ils ont perdu leur famille, leur associé. Alors à quinze jours de cet événement, les seuls sentiments qu’expriment les proches des victimes sont chargés de douleur. «Nous pensons qu’elle est toujours vivante, qu’elle est blessée et qu’elle va rentrer. Quand le téléphone sonne, je pense que c’est un hôpital ou que c’est elle. Parce que ses blessures l’auraient empêchée de le faire plus tôt […] Je saute sur le téléphone dès qu’il sonne. C’est tout ce que je peux faire. Je ne peux même plus travailler», espère encore un proche de Manika Narula victime de l’attentat.


D’autres proches ont cessé d’avoir tout espoir et tiennent un discours moins optimiste: «D’habitude, il appelait souvent. Ce jour-là, il n’a pas téléphoné. Nous nous demandons pourquoi il ne l’a pas fait. Nous sommes certains aujourd’hui que nous ne retrouverons pas son corps. Je suis convaincue qu’aucun employé de Cantor Fitzgerald n’a survécu.» témoigne un parent de Marcello Matricciano.

Alors que Jillian square se transforme en un mémorial permanent, des gratte-ciel continuent à être construits. Les financiers y voient l’annonce d’un possible boom économique. Malgré des petits commerçants dans l’insécurité, les Américains donnent une image d’un état uni et patriotique où les terroristes ne l’auront pas emporté.

Ce qu'a provoqué, et continue de provoquer, l'attaque du 11 septembre 2001 en Amérique

Si elles n'ont pas, comme l'espéraient ses instigateurs, mis l'Amérique à genoux, les attaques du 11 septembre 2001 ont ouvert une ère d'instabilité dont les répercussions, surtout au Proche et Moyen Orient, vont encore se faire sentir pendant des années, estiment experts et officiels.


© Reuters

En réagissant avec une "force écrasante" (la doctrine US de "l'overwhelming force"), et surtout en envahissant l'Irak, les États-Unis ont semé les germes du chaos dans lequel une bonne partie de la région est actuellement plongée, assurent-ils.

Le réseau Al Qaïda et le mouvement jihadiste international, un temps déstabilisé par la perte de son sanctuaire afghan, a depuis fait la preuve de sa résilience et de sa capacité d'adaptation, essaimant dans de nombreux pays et menant des opérations et des attentats qui sèment la terreur.

"Le 11 septembre était en fait l'aboutissement d'un travail de plusieurs années par Al Qaïda pour monter le "big one", l'attentat majeur", rappelle à l'AFP Didier Le Bret, qui était jusqu'à la semaine dernière le Coordinateur national du renseignement français, avant de démissionner pour se lancer en politique. "Mais c'est surtout le point de départ de la prise de conscience (des Américains) de leur vulnérabilité sur leur sol. Et ça, ils ne peuvent l'accepter."

"Ils réagissent à l'Américaine, c'est-à-dire pas dans la demi-mesure", poursuit-il. "C'est leur force et leur faiblesse : ils ne cherchent jamais à maintenir, comme nous pouvons le faire en Europe, les équilibres et la complexité des choses. Eux, c'est : voilà l'ennemi, on va se donner les moyens de l'abattre. Les conséquences, on verra..."

"Et on les a vues, effectivement: c'est l'image atroce qu'ont projeté les Etats-Unis d'eux-mêmes, la prison d'Abou Ghraib, Guantanamo. Cela se termine avec l'erreur tragique de l'Irak. Une guerre inachevée, bâtie sur un mensonge (...) . Ils ont précipité le chaos dans la région, qui a été totalement déstabilisée."

Pour Jean-Pierre Filiu, professeur des universités à Sciences-Po Paris, "les quinze ans écoulés depuis le 11 septembre 2001 laissent le sentiment d'un effroyable gâchis".

"Califat de la terreur"

"Les Etats-Unis avaient bénéficié d'une solidarité internationale sans précédent dans la campagne menée contre les talibans et Al-Qaïda", dit-il. "Mais après cette campagne, couronnée de succès en quelques semaines, les néo-conservateurs ont imposé les priorités d'une "guerre globale contre la terreur" qui a relancé le jihad global et lui a ouvert les portes de l'Irak, et donc du Moyen-Orient, voire de l'Europe".

"Daech, le bien mal-nommé "Etat islamique", est né de cette alliance entre deux totalitarismes, celui d'Al-Qaïda et celui du régime déchu de Saddam Hussein. Au lieu de prendre la mesure de cette menace inédite, Barack Obama l'a trop longtemps niée, permettant l'émergence d'un "califat de la terreur" qui a essaimé dans le monde entier", ajoute-t-il.

Avec le recul, il est apparu clairement que l'espoir secret d'Oussama ben Laden était d'attirer la grande Amérique sur son terrain pour une confrontation qui ne pouvait, selon lui, que tourner à son avantage, comme il était persuadé (à tort, assurent tous les experts) d'avoir avec ses combattants arabes chassé l'armée rouge d'Afghanistan.

"Le rêve de mon père était de faire venir les Américains en Afghanistan", a déclaré en 2010 au magazine Rolling Stone, Omar ben Laden, l'un des onze fils du fondateur d'Al Qaïda. "Il voulait leur faire la même chose qu'aux Russes. J'ai été surpris qu'ils mordent à l'appât".

En forçant Washington à sortir de son isolement outre-atlantique et à envoyer des milliers de soldats au Moyen-Orient, où quinze ans plus tard ils sont encore, ben Laden a utilisé ce que l'historien Yuval Noah Harari, auteur du bestseller Sapiens, appelle "la méthode du maître de taï-chi".

"Les terroristes espèrent que, même s'ils ne peuvent qu'à peine entamer la puissance de leur ennemi, la peur et la confusion va amener cet ennemi à faire un mauvais usage de sa force", écrit-il dans une récente tribune.

"Ils calculent que quand leur ennemi, fou de rage, va utiliser sa puissance massive contre eux, cela fera se lever une tempête militaire et politique beaucoup plus violente que tout ce qu'ils pourraient provoquer eux-mêmes. Et pendant une tempête, bien des choses inattendues arrivent".









Deux heures qui ont changé le monde, le 11 septembre 2001

De 8h46 à 10h28: il avait fallu moins de deux heures le 11 septembre 2001 pour changer le monde, à la faveur de quatre attentats-suicide coordonnés, qui avaient fait près de 3.000 morts à New York, Washington et en Pennsylvanie.
Ils restent les plus meurtriers jamais commis à ce jour dans le monde.
Deux avions de ligne détournés avaient été précipités contre les tours du World Trade Center à New York (2.753 morts), un troisième avait éventré le Pentagone en banlieue de Washington (184 morts), et un quatrième, dirigé aussi vers la capitale américaine, s'était écrasé dans un champ à Shanksville, en Pennsylvanie, après une révolte des passagers (40 morts).
Ces attentats avaient été commis par 19 pirates de l'air d'Al-Qaïda qui avaient détourné les avions après avoir embarqué avec les passagers.
- 8h46, New York: le vol 11 d'American Airlines, un Boeing 767 qui effectuait la liaison Boston-Los Angeles, détourné après son décollage de Boston, frappe à plus de 700 km/h la tour nord du World Trade Center (WTC). Il ouvre une gigantesque brèche dans les étages supérieurs qui s'enflamment.
- 9h03: le vol 175 d'United Airlines, autre Boeing 767 qui effectuait la liaison Boston-Los Angeles, détourné également après son décollage, se fracasse à quelque 950 km/h sur la tour sud.
- 9h37: le vol 77 d'American Airlines, un Boeing 757 qui effectuait la liaison Washington Dulles-Los Angeles, s'écrase sur le Pentagone.
- 9h42: les autorités de l'aviation civile (FAA) ferment l'espace aérien et ordonnent l'annulation de tous les vols.
- 9h59: la tour sud du WTC, touchée 56 minutes plus tôt, s'effondre en quelques secondes. La violence est telle qu'aucune trace d'ADN n'a jamais été retrouvée pour des centaines de victimes.
- 10h03: Shanksville (Pennsylvanie): le vol 93 d'United Airlines, un Boeing 757 qui effectuait la liaison Newark (près de New York) - San Francisco, détourné après le décollage, s'écrase dans un champ. Des passagers, informés par téléphone portable de ce qui se passait à New York, avaient tenté d'intervenir contre les terroristes.
- 10h28: la tour nord du WTC s'écroule, 1 heure et 42 minutes après avoir été touchée.
Il s'est écoulé exactement 102 minutes entre le premier attentat et l'effondrement de la deuxième tour.

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