Le reportage polémique de ce début d'année 2016

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Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Dim 31 Jan - 11:34

Source : http://www.pltv.fr/fr/ukraine-les-masques-de-la-revolution/

Ukraine : les masques de la révolution
Un film de Paul Moreira

Lundi 1er février 2016 à 22h35 sur Canal+ dans Spécial Investigation
ajout du 2/2/2016 la vidéo après diffusion est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=KxS-1BQk8gQ


Sans eux, la révolution ukrainienne n’aurait jamais triomphé.
En février 2014, des groupes paramilitaires ont affronté la police au coeur de Kiev et ont fait fuir le président Yanoukovitch. Ils ont installé un nouveau gouvernement.
Dans le récit médiatique communément admis, ils ont été présentés comme les héros de la révolution. Ils étaient du bon côté de la barricade. Personne ne s’est vraiment demandé qui ils étaient. En fait, il s’agit de corps francs d’extrême droite, désormais lourdement armés.
Ils s’appellent Secteur Droit, Azov ou Svoboda. Ils ont créé de véritables armées parallèles, largement incontrôlées. A Odessa, en mai 2014, ils ont commis un massacre de masse sans être sanctionnés. 45 personnes brûlées vives. Un massacre passé sous le radar.
Comment a-t-il pu nous échapper ? Pourquoi les démocraties occidentales n’ont-elles pas fait entendre leur voix ?
Sans doute parce que les milices nationalistes ukrainiennes jouaient les soldats supplétifs dans une guerre beaucoup plus large. La révolution ukrainienne a été soutenue massivement par la diplomatie américaine.
Dans la nouvelle guerre froide Russie-USA, l’Ukraine est un pion décisif dans une stratégie de contention de Poutine.
« Les masques de la révolution », de Paul Moreira, explore cette zone restée aveugle.
extrait 1:
https://vimeo.com/153107269

extrait 2 :
https://vimeo.com/153107270

extrait 3 :
https://vimeo.com/153107268

 







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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Fredbreizh le Dim 31 Jan - 12:21

J'ai vu des photos de ce qui s'est passé à Odessa. On y voyait nettement que beaucoup de victimes beaucoup mortes par balles avaient seulement le haut du corps brûlé et les femmes très certainement violée.
Je ne sais bien qu'il n'existe pas de guerre ou de révolution "propre" mais ce que j'ai vu sur les photos n'était que de la sauvagerie pure et simple.
Les gens qui ont fait ça méritent d'être condamnés lourdement.

Fredbreizh

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Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Janchik le Dim 31 Jan - 13:52

Sur la tragédie d'Odessa, voici un lien qui décrit avec précision (photos et texte) les événements. C'est en russe, mais avec un peu de patience et de temps, cela vaut le détour...

http://napaki.livejournal.com/100072.html
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Lun 1 Fév - 0:53

La critique du documentaire par Benoit Vitkine du journal Le Monde
http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2016/01/31/les-lunettes-deformantes-de-moreira_4856732_1655027.html

Pour ceux qui auront la "chance" de voir ce documentaire (j'ai pas canal+) je leur conseil aussi de revoir la vidéo de la version Russia24 :
http://ukraine2014.canalblog.com/archives/2014/05/06/29812837.html
Un comparatif des versions peut surprendre.

Et se souvenir aussi qu'en ce début Mai 2014 , Igor Strelkov Guirkin était maitre de Slaviansk et tenait en otage deux membres de l'OSCE
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Lun 1 Fév - 10:56

Une article qui précise qui est vraiment l'un des témoins servant les propos de Paul Moreira :

http://euromaidanpress.com/2016/01/30/odious-stalinist-homophobe-and-terrorist-reiterates-russian-propaganda-for-french-documentary
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Lun 1 Fév - 10:58

J'allais le poster. Very Happy  Wink
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Lun 1 Fév - 12:15

Andrii Olefirov

Dear @canalplus, look into the eyes of people who died on Maidan 4 freedom before u air #russianpropaganda

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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Lun 1 Fév - 13:36

Sur le page facebook de canal, on ne peut pas poster . . . bien dommage.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Lun 1 Fév - 13:51

Canal+ met en images le discours du Kremlin







La chaîne cryptée diffuse ce lundi 1er février un reportage qui prétend démasquer «les bandes armées d’extrême-droite» qui ont fait la révolution ukrainienne. Il comporte beaucoup d’erreurs factuelles et épouse sans nuance la vision véhiculée par les médias russes.

Par Renaud Rebardy


«Spécial »? Sûrement. Mais «investigation»? Pas du tout. Le reportage réalisé par Paul Moreira qui sera diffusé lundi 1er février au soir sur Canal +, dans l’émission qui porte ce nom, et consacré aux hommes qui ont fait la révolution ukrainienne, ne contient pas de révélation et aucun fait nouveau. Il compte en revanche pas mal d’erreurs factuelles, et semble nourri par une obsession anti-américaine.


Un barricade sur le place Maïdan le 24 janvier 2014. Photo Setgei Supinsky.AFP
 
Sous le titre «Les masques de la révolution ukrainienne» il prétend faire découvrir les «milices incontrôlées d’extrême-droite» qui ont joué un rôle déterminant dans la révolution puis la guerre du Donbass. Il affirme que «derrière les gentils manifestants du Maidan», se trouvaient des groupes néo-nazis qui se sont armés, à la faveur de ces évènements et qui dictent aujourd’hui sa politique au nouveau pouvoir de Kiev. Il insiste longuement sur l’idée que les Etats-Unis ont volontairement fermé les yeux sur l’existence de ces groupes, parce qu’ils avaient besoin d’eux «pour bloquer Poutine». 
Paul Moreira se rend au sein de l’organisation Pravy Sektor, puis du bataillon Azov. Il ne précise pas que les premiers sont des militants assez isolés et les seconds un régiment désormais totalement intégré au sein de l’armée ukrainienne. Il revient longuement sur les évènements tragiques d’Odessa : la mort de manifestants pro-russes dans l’incendie de la maison des syndicats, le 2 mai 2014. Puis il participe au «Yes forum», à Kiev, où il croise des représentants américains venus exprimer leur soutien à la politique du nouveau gouvernement de Kiev.

Il conclut en que l’Ukraine est aujourd’hui un pays en proie au chaos, à la merci de bandes d’extrémistes armés et sous la coupe des Etats-Unis. Le ton est celui du commentaire plus que de l’exposé des faits. La nuance, on l’aura compris, n’a pas ici sa place.

Chemin faisant, Paul Moreira commet quelques erreurs lourdes. Il affirme ainsi que le nouveau pouvoir ukrainien à voulu «interdire l’usage du russe» après la révolution de 2014. Or il n’en a jamais été question. Rappelons les faits : au moment de la révolution, certains députés ont voulu enlever au Russe son statut de langue officielle dans certaines régions de l’est. Et le président s’y est opposé. Personne n’a jamais voulu pénaliser les Ukrainiens qui emploient le russe dans leur vie quotidienne. Et le suggérer relève de l’ignorance ou de la volonté de désinformer.


La chute du président - Spécial investigation

De même, Paul Moreira présente Oleg Tiagnibok, le dirigeant du parti Svoboda, comme étant «issu de la mouvance néo-nazie». Il est un ultra-conservateur et un nationaliste. On peut le classer à l’extrême-droite. Mais cela ne fait pas de lui un admirateur d’Adolf Hitler. En réalité, il est plus proche d’un Viktor Orban, premier ministre de Hongrie, ou d’un Jaroslaw Kazczynski, le dirigeant du PiS, le parti au pouvoir en Pologne. On a le droit de ne pas l’aimer mais il n’est pas nécessaire de dresser un faux portrait de lui pour le combattre. 
Le commentaire pratique aussi l’amalgame lorsqu’il présente la nouvelle ministre des finances Natalia Jaresko comme étant «une ancienne diplomate américaine», sans autre précision. La réalité est bien différente. Natalia Jaresko est en effet née aux États-Unis. Mais dans une famille ukrainienne de la diaspora. Elle a brièvement travaillé pour l’administration américaine. Elle est venue vivre en Ukraine dés 1993 et n’a plus quitté ce pays depuis. Elle y travaillait dans la finance. Elle n’est pas l’agent d’influence des Etats-Unis, mais plutôt l’incarnation du lien entre l’Ukraine et sa diaspora. Ces Ukrainiens de l’étranger, en effet, ont fui devant l’avancée des Soviétiques, dans les années 1920 ou après 1939. Ils ont vécu, dans l’exil avec le sentiment qu’ils devaient conserver les traditions. Ils ont espéré des changements dans leur pays d’origine. Ils se sont transmis cet espoir de génération en génération. Certains d’entre eux reviennent aujourd’hui, alors que des changements commencent à se produire. Natalia Jaresko en est l’illustration.

Le plus dérangeant est que le reportage de Paul Moreira épouse au plus près la vision de l’Ukraine véhiculée depuis plusieurs années par le Kremlin. Il offre une illustration, dans un langage plus moderne et plus jeune, des thèses contenues dans les discours de Vladimir Poutine. Des reportages semblables à celui-ci, avec les mêmes images violentes, les mêmes déformations des faits, les mêmes commentaires, on a pu en voir des dizaines sur les chaines russes. Il est assez désolant d’être rattrapé, en France, par télé-Poutine.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Lun 1 Fév - 15:41

Mes propres réflexions sur le texte de présentation :
http://www.pltv.fr/fr/ukraine-les-masques-de-la-revolution/


 
"Sans eux, la révolution ukrainienne n’aurait jamais triomphé."
 
Quels sont les éléments factuels qui permet d'être à ce point affirmatif ?? aucun à mon avis
 
 
"En février 2014, des groupes paramilitaires ont affronté la police au coeur de Kiev et ont fait fuir le président Yanoukovitch."
 
Faux, toute la population présente sur le Maidan n'était pas des groupes paramilitaires. Quand les forces de l'ordre ont attaqués le Maidan, tout le monde était visé, tout le monde à répliqué et pas uniquement des "groupes paramilitaires" (terme est très fortement exagéré). On a bien vu les berkouts équipé de la tête aux pieds , frapper et tirer pour tuer des civils sans équipements de protection ni armements comme celui des berkouts. C'est un mensonge d'affirmer que c'est des groupes paramilitaires et uniquement eux qui ont affronté la police.
Yanoukovitch n'était pas à Kiev quand il a pris la décision de "fuir" en Russie. Prétendre que c'est les "groupes paramilitaires" qui l'ont fait fuir est un mensonge.  Il a fuit avec son clan car ils ont compris que leur régime était fini et qu'ils ont eux le soutien du FSB russe  pour leur fuite. Ils ont fuit alors que leurs vies n'étaient pas menacées.
 
 

"Ils ont installé un nouveau gouvernement."
 
C'est un mensonge d'affirmer que c'est des groupes paramilitaires qui ont mis en place un nouveau gouvernement . Aucun "chef" des groupes d'extrêmes droite ont été mis au pouvoir. Prétendre ou sous entendre que Porochenko, Yatseniouk, et Klitchko sont liés (par subordination) à ce qu'il appelle des "groupes paramilitaires" est stupide. D'autant plus que l'actuel gouvernement au moment du montage et de la diffusion de documentaire est issue d'élections légales. Quand au gouvernement de la phase de transition, il est issue de la vacance du pouvoir constaté par le parlement à la suite de la fuite de Yanoukovitch. Et ce n'était pas non plus des pantins subordonné à des groupes paramilitaires.
 
 
"Dans le récit médiatique communément admis, ils ont été présentés comme les héros de la révolution. Ils étaient du bon côté de la barricade. Personne ne s’est vraiment demandé qui ils étaient. En fait, il s’agit de corps francs d’extrême droite, désormais lourdement armés.
Ils s’appellent Secteur Droit, Azov ou Svoboda. Ils ont créé de véritables armées parallèles, largement incontrôlées."



"Dans le récit médiatique communément admis" ne veut rien dire . de quels média s'agit-il, les français, les européens, les américains, les russes, l'audiovisuel, la radio, le presse écrite , le Web ?? " ils ont été présentés comme les héros de la révolution" c'est qui "ils" ? les "groupes paramilitaires" ou l'ensenble de civils de Maidan ?? la réponse c'est ça : " En fait, il s’agit de corps francs d’extrême droite, désormais lourdement armés. Ils s’appellent Secteur Droit, Azov ou Svoboda. Ils ont créé de véritables armées parallèles, largement incontrôlées."
C'est quoi le but ce mélange ?? Parce que sur le maidan et les barricades , il n'y avait pas d'armée parallèle . Pourquoi faire ce mélange alors que Maidan et Odessa sont des événements assez bien déconnecté d'un point de vue temporel. Quizz d'armements lourds sur le Maidan ou à Odessa ?? Pour moi, rien pas même vu ou entendu un RPG, pas le moindre T-64 retapé. Quand au contrôle, si l'on admet que la thèse de "véritables armées parallèles" elle sont contrôlées. Pratiquement aucune action en dehors de la zone ATO. En quantité d'hommes, d'armements et de lieu d'opération c'est plus qu'une erreur que de sous entendre que l'on est fasse à une armée parallèle hors de contrôle.  La seule armée parallèle hors de contrôle est celle des terrorusses qui sévit dans le donbass dont Strelkov se vante d'en être le père.
 
 
"A Odessa, en mai 2014, ils ont commis un massacre de masse sans être sanctionnés. 45 personnes brûlées vives. Un massacre passé sous le radar.

Comment a-t-il pu nous échapper ? Pourquoi les démocraties occidentales n’ont-elles pas fait entendre leur voix ?
Sans doute parce que les milices nationalistes ukrainiennes jouaient les soldats supplétifs dans une guerre beaucoup plus large."


Je ne vais pas trop chipoter le terme massacre bien que je trouve cela exagéré sinon inapproprié car les "prorusses" n'était pas des enfants de chœurs sans défense fasse a des mitraillettes ou des machettes. Je ne sais pas ou il a vu 45 personnes brûlées vives  car pour la plupart, il s'agit de mort par asphyxie suivie de brûlure. Désolé d'être macabre mais les personnes mortes vraiment pas brûlures ne sont pas du tout la totalité. S'il s'agissait d'une feuille de choux , ce genre de raccourcie ne serait pas surprenant  mais là on censé avoir affaire à une investigation sérieuse sur une chaîne de télé et pas une rubrique de faits divers. bref ça pue le gros titre pour faire du "tirage".
Les medias ont couverts la tragédie en fonction des décisions des rédactions de chaque média . La démocratie occidentale n'a rien à faire , à voir avec une pseudo censure sous-entendue. Que ce soit les médias ou les chancelleries occidentales, elles ont fait ce qu'elle voulait mais de la à sous entendre qu'elles ont fait de l'auto censure à cause des " milices nationalistes ukrainiennes", le raccourci à plus avoir avec des élucubrations conspirationnistes qu'avec des faits probants.
 
 
"La révolution ukrainienne a été soutenue massivement par la diplomatie américaine."

Par qui, comment, pourquoi ? Cette affirmation est stupide et sort directement du Kremlin. C'est tellement stupide de dire cela que ça invalide l'objectivité de son auteur. Pour être honnête, il faudrait aussi parler des russes dépêchés par Moscou pour assisté Yanoukovitch. Mais bien sur c'est plus difficile car les gus du Fsb ne faisait pas la parade devant les caméras.
 
 
"Dans la nouvelle guerre froide Russie-USA, l’Ukraine est un pion décisif dans une stratégie de contention de Poutine."

Nous voilà au paroxysme de la propagande Poutinnienne : c'est les usa qui ont une stratégie de contention ! Ne parlons surtout pas du projet Novorossia, de l'impérialisme russe, du kremlin qui veut réécrire l'histoire et les frontières 
 



"« Les masques de la révolution », de Paul Moreira, explore cette zone restée aveugle."

Pour finir s'il est une zone aveugle, je pense qu'il s'agit de l'objectivité de Paul Moreira

J'espère que le film fera l'objet d'un démontage pièce par pièce avec un maximum de preuves de la partialité de Moreira et que canal+ le diffusera.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Lun 1 Fév - 16:20

L'ambassade d'Ukraine à Paris a demandé d'annuler la diffusion.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Tibo le Lun 1 Fév - 16:59

Je doute que ce soit une bonne idée d'appeler à la censure, plutôt que de proposer un démontage en règle du reportage en question.

Je pourrai pas juger sur pièce n'ayant pas canal, mais j'imagine qu'il sera rapidement en ligne.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Lun 1 Fév - 17:31

Tibo a écrit:Je doute que ce soit une bonne idée d'appeler à la censure, plutôt que de proposer un démontage en règle du reportage en question.

Je pourrai pas juger sur pièce n'ayant pas canal, mais j'imagine qu'il sera rapidement en ligne.
Je crois aussi que la censure sera contre productif car elle peut alimenter la propagande russe suggérant que l'occident cache la vérité (qui serait dans ce reportage) . voyez français, on vous cache la vérité !! acreditant par défaut les thèses de Moreira et tout ceux qui se greffe dessus comme Beruyer et autres pro-kremlin.

c'est d’ailleurs un des axes de défense de Moreira de dire que les critiques sans avoir vu le reportage sont de l'ordre de la propagande.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Lun 1 Fév - 22:17

une critique de Christine Berdinskikh de HB (Nouvelle heure) qui a vu le documentaire

http://nv.ua/opinion/berdinskih/52-minuty-frantsuzskogo-filma-o-sobytijah-v-ukraine-94393.html

la description fait bien penser une propagande.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Mar 2 Fév - 0:39

Bon , je suis pas sur d'avoir compris : http://news.liga.net/news/politics/8809141-frantsuzskiy_telekanal_soglasilsya_perenes_pokaz_filma_propagandy.htm

Le doc n'a pas été diffusé ??

Un débat aura lieu ??

Des expert français ?? par pitié ne me dites pas que les experts seront Mariani, Beruyer et Sapir
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Mar 2 Fév - 0:49

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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Mar 2 Fév - 8:55

Tu avais un doute? Very Happy  Evil or Very Mad
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Mar 2 Fév - 9:30

La réaction d'InformNapalm au reportage:

Un réalisateur français adapte le message de Poutine sur les « hordes fascistes » pour le public français



Si vous doutiez encore à quel point il est facile de tromper les téléspectateurs, le film « Les masques de la Révolution » de Paul M. Moreira en est une illustration bienvenue. Après cela, vous aurez peut-être envie de demander à la chaîne de télévision Canal+ pourquoi elle a collaboré à la réalisation d’un tel film et pourquoi elle a programmé sa diffusion pour le 1 février. 

Seule une partie du film est disponible en suivant ce lien, mais l’extrait a été déjà largement distribué avec un texte d’accompagnement. Les deux sont un tissu d’informations manipulatrices et de mensonges éhontés. À en juger par le texte de la bande-annonce, M. Moreira croit que les médias occidentaux ont étouffé les crimes commis en Ukraine, car « dans la nouvelle guerre froide entre la Russie et les États-Unis, l’Ukraine est un pion décisif dans une stratégie de contention de Poutine ».

Le titre de M. Moreira « Les masques de la Révolution » a été utilisé au départ par Russia Today, un média financé par le Kremlin. Il affirme révéler aujourd’hui les détails de ce qu’il considère comme « l’angle mort » dont les autres médias n’auraient pas parlé. 

L’affirmation selon laquelle le rôle de l’aile droite, et même des groupes d’extrême-droite, dans les événements des deux dernières années a été sous-estimé, est déjà en soi une thèse controversée. Il y a eu de nombreux reportages, à la fois en Ukraine et à l’étranger, sur le rôle des ultra-nationalistes du « Secteur Droit » et du parti d’extrême-droite Svoboda pendant l’euromaïdan. Il a également eu une couverture considérable de la participation du bataillon Azov et d’autres bataillons de volontaires contre les militants soutenus par le Kremlin et la Russie dans le Donbass, avec de nombreux reportages soulignant l’idéologie portée par, au moins, les commandants de ces bataillons. 

Les tentatives d’expliquer l’euromaïdan comme une opération de « milices paramilitaires » ou « combattants de rue » financés par les Etats-Unis ne sont pas seulement malhonnêtes, mais totalement idiotes. M. Moreira poursuit dans la tradition initiée par Viktor Ianoukovitch et encouragée par le président russe Vladimir Poutine cherchant à justifier l’ingérence russe dans les affaires ukrainiennes par « l’orgie des nationalistes, extrémistes et antisémites dans les rues de Kiev ». Ces mensonges ont été réfutés, entre autres, par des représentants éminents des communautés juives et tarares ainsi que par le Groupe de monitoring des droits des minorités nationales.

Les premières images et le script qui les accompagnent dans la version de M. Moreira montrent des scènes violentes avec des « combattants de rue » pendant l’euromaïdan, dont le seul résultat aura été de faire fuir le président Viktor Ianoukovitch et d’installer un nouveau gouvernement. On n’apprend que beaucoup plus tard que 100 personnes sont été tuées, des personnes d’ailleurs faussement qualifiées de « souvent membres des milices paramilitaires »

Aucune mention n’est faite des raisons qui ont provoqué l’euromaïdan, ni des mesures de répression contre des manifestants pacifiques. Il n’est pas dit non plus que les activistes tués ont été abattus par le régime de Ianoukovitch. 

Et à partir de la fin de l’euromaïdan, dans le film, la distorsion et les omissions se transforment en véritables mensonges.

Le spectateur voit l’image de jeunes hommes qui courent, visiblement prêts pour la bataille et le commentaire dit que « après leur victoire, ils ne sont jamais rentrés chez eux. Lourdement armés et puissants, ils sont devenus une menace pour le gouvernement… Leurs armées parallèles font la police à la place de la police et ont imposé leur ordre nouveau. » 

À ce moment-là, le spectateur voit des hommes en tenue de camouflage avec l’emblème d’Azov. 

Le spectateur n’entend par contre pas un seul mot sur l’invasion de la Crimée et l’agression militaire dans le Donbass par la Russie, alors que c’est précisément la vraie raison pour laquelle la plupart des militants de l’euromaïdan ne sont effectivement « jamais rentrés à la maison ». Ils se sont portés volontaires pour se battre pour leur pays dans le Donbass. Beaucoup n’en sont pas revenus. 

C’est leur sacrifice face à un immense danger pour l’existence même de l’Ukraine qui fait que de nombreux observateurs, y compris l’auteur, se méfie de porter des jugements simplistes. Des inquiétudes ont été exprimées lorsque des partisans du Secteur droit ont été impliqués dans des activités criminelles, ou lorsque des néo-nazis comme Andriy Biletsky et Ihor Mosiychuk ont ​​été élus au parlement en raison de leur participation à l’effort de guerre, pas en raison de leurs opinions politiques. Biletsky est toujours député, mais il est intéressant de noter qu’il a complètement changé de langage. Cela ne signifie probablement pas qu’il a changé son idéologie, mais c’est un signe encourageant qu’il doit cacher ses positions en public. 

M. Moreira a malheureusement choisi de présenter une version totalement fausse des événements qui se sont déroulés à Odessa le 2 mai 2014. Il possédait pourtant de la documentation sur le sujet puisque M. Moreira a contacté Tatyana Gerasimova du « Groupe du 2 mai », une initiative civique composée de journalistes et autres qui a enquêté sur les événements tragiques et l’incendie à Odessa le 2 mai. Mme Gerasimova a été étonnée que M. Moreira ne lui pose des questions que sur les scènes montrant des membres du Secteur droit et de la police ne réagissant pas, ne montrant aucun intérêt pour le fait indiscutable que les troubles ont été provoqués par les militants anti-maïdan. Si l’inaction de la police lui semblait si intéressante, pourquoi n’a-t-il pas alors au moins évoqué les coups de feu tirés au vu de tous par le militant anti-maïdan Vitaly Budko, tirs probablement à l’origine du décès de la première victime de la journée, Ihor Ivanov, un membre du Secteur droit. 

Mme Gerasimova pensait que des journalistes réalisant un film pour Canal+ serait intéressés par la vérité et elle est, c’est compréhensible, déçue. 

M. Moreira reprend la propagande russe en affirmant que des paramilitaires d’extrême-droite ont « commis un massacre de masse sans être sanctionnés ». Même le nombre de victimes mentionné est faux. 42 personnes ont perdu la vie dans un incendie provoqué par des militants se lançant mutuellement des cocktails Molotov des deux côtés des barricades. Les spécialistes du Groupe bipartite du 2 mai ainsi qu’un panel consultatif international ont visionné des heures et des heures de matériel, consulté des documents médico-légaux et recueilli des témoignages et ils ont conclu qu’il était impossible de dire quel objet incendiaire avait provoqué l’incendie et, en tous cas, que l’intention de tuer n’était pas démontrée. Les décès sont dus au fait que les pompiers ont mis 40 minutes pour arriver sur les lieux. 

Ce n’était certainement pas cette information que le réalisateur français recherchait. En décembre 2015, il déclarait lui-même à l’agence russe RIA Novosti : « Je me suis rendu en septembre en Ukraine pour y tourner un film nommé ‘les masques de la révolution’. Je cherchais les origines profondes du massacre d’Odessa qui a été complètement étouffé en Europe et dont personne ne savait rien, moi compris. Quand je suis arrivé, je suis tombé des nues : 45 personnes tuées au cœur de l’Europe et personne n’en sait rien ! »

Si vous souhaitez tourner un film sur un « massacre » qui n’a jamais eu lieu, vous avez deux options. Le Groupe du 2 mai l’aurait volontiers aidé à présenter une explication honnête. Il aurait aussi pu regarder le film que le groupe a réalisé et qui existe en russe, en anglais et en allemand. Il a préféré choisir des images sorties de leur contexte et trompeuses, et donner la parole à des témoins partiaux pour promouvoir une histoire de massacre fabriquée. La bande-annonce présente par exemple un « témoin » pro-russe comparant la situation à celle « d’animaux qui sentent le goût du sang et deviennent fous »

La version de M. Moreira des événements de Crimée est aussi une douce musique aux oreilles des dirigeants russes. Une image montre la Russie, l’Ukraine et la Crimée dans des couleurs différentes (la couleur de la Crimée proche de la couleur de Russie fusionne avec elle au plan suivant). Le spectateur apprend que la majorité de la population de la Crimée est russe et que, après la révolution ukrainienne, « sa population a massivement voté par référendum son allégeance à la Russie »

Cette affirmation a en fait été démontée par le Conseil des droits de l’homme de Russie lui-même, et la Russie n’avait invité que des politiciens d’extrême-droite ou néostaliniens en qualité « d’observateurs » du soi-disant référendum dans lequel le maintien du statu quo n’était pas une option. 

La même supercherie est employée par rapport au blocus de la Crimée qui a été lancé par les dirigeants tatars de Crimée avec des exigences très spécifiques liées aux Droits de l’Homme, notamment la libération des prisonniers politiques ukrainiens en Russie. Rien de tout cela n’est mentionné, le blocus étant simplement l’illustration que « le Secteur droit s’est arrogé le droit d’affamer la Crimée ».

En ce qui concerne le blocus, il y a des choses négatives impliquant des militants d’extrême-droite qui peuvent et qui ont fait l’objet de reportages. Néanmoins, toute présentation dissimulant les initiateurs et les objectifs du blocus, les graves problèmes de droits de l’Homme et la nature réelle de l’annexion commise par la Russie n’est pas un film documentaire mais de la propagande. 

Ce type de propagande est devenu la norme dans les médias loyaux au Kremlin et dans les médias pro-russes. La ligne éditoriale est que l’Occident (avec les Etats-Unis dans le rôle du grand méchant) ont toléré un coup d’État d’extrême-droite et a cherché à dissimuler ses « crimes ». L’occident a caché, en fait, la version présentée par le président russe Vladimir Poutine des « hordes fascistes antisémites à Kiev » dont il s’est servi pour tenter de justifier l’annexion russe de la Crimée. Ceci a été démenti à de nombreuses reprises, pas par « les Américains » mais par des juifs ukrainiens et d’autres leaders dont la seule motivation était qu’il s’agissait de mensonges cyniques et de provocations. M. Moreira a le droit d’avoir son opinion sur les Etats-Unis, mais une telle propagande n’a pas sa place dans un documentaire montré aux téléspectateurs français qui n’ont aucun moyen de savoir qu’ils sont induits en erreur. Ce n’est pas du pluralisme dans les médias, mais de la tromperie, et Canal Plus ferait bien de reconsidérer la diffusion du film.
 


Cet initialement est paru sur le site du Groupe des droits de l’homme de Kharkiv.
Traduction de Marc de la Fouchardière.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Mar 2 Fév - 10:26

La vidéo est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=KxS-1BQk8gQ
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Mar 2 Fév - 19:21

Gulliver Cragg, qui est journaliste en Ukraine pour France24 est lui aussi consterné par ce documentaire bourré d'erreurs factuelles, de raccourcis tirés par les cheveux et qui colle étonnement a la propagande du Kremlin.

https://www.kyivpost.com/article/opinion/op-ed/gulliver-cragg-lessons-from-an-outrageous-film-407167.html


et il épingle au passage ceux qui par laxisme donnent du grain à moudre aux baratineur dans la veine de la propagande russe.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Mer 3 Fév - 8:55

Ce que je retiens de ce reportage, ce sont les réactions des médias qui réalisent la portée de la propagande poutinienne.
Et c'est une bonne chose.
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Mer 3 Fév - 10:27

Témoignage de la traductrice du film, Anna Jaillard Chesanovska.

Ukraine : «les masques de la révolution» ou la manipulation au montage

A la suite de nos critiques adressées au film de Paul Moreira, diffusé lundi 1er février sur Canal +, nous avons reçu ce témoignage. Il provient d’une des traductrices ayant travaillé avec lui sur le film. Elle raconte de quelle manière des coupes ont été faites pour orienter les propos des témoins dans un sens préétabli. Elle s’est adressée à la maison de production pour demander que son nom soit retiré du générique du film. Nous livrons son témoignage pour faire écho aux multiples questions soulevées par ce film.

Par Anna Jaillard Chesanovska, journaliste, traductrice ukrainienne
 
J’ai été contactée par la société de production de Paul Moreira en septembre 2015. L’équipe venait d’achever son tournage sur l’extrême droite en Ukraine et cherchait un traducteur. Le rôle de ces mouvements, dans l’Ukraine actuelle, a toujours été le sujet de spéculations des plus improbables, surtout de la part de ceux qui soutiennent la politique expansionniste de Vladimir Poutine. Un vrai débat sur le sujet s’avère donc nécessaire, afin de dissiper tous les mythes. Considérant Canal +, comme une chaine impartiale, j’ai accepté. Mal m’en a pris.


Membres du bataillon Azov, lors d’une manifestation du mouvement d’extrêmz droite, à Kiev le 19 octobre 2014. Cette photo d’illustration n’est pas tirée du film de Canal. Photo Genya Savilov.AFP

Arrivée dans les locaux de la production, on m’a informée que je ne venais qu’en renfort et que plus de la moitié du film avait déjà été traduite par une certaine Iryna. Je me suis donc concentrée sur ce qui restait, une session du Parlement ukrainien et les interviews d’Ihor Mossiychouk, député du Parti Radical, ainsi que d’Andriy Biletsky, le fondateur du bataillon Azov. Les images brutes, sans montage ni voix off, offraient une vision plutôt objective des protagonistes et de la situation en Ukraine. Rien ne laissait présager que j’étais en train de participer à l’élaboration d’un film de propagande. D’où ma surprise à la découverte du «documentaire» lundi soir.

Le montage des interviews, découpées afin de «coller» à l’image que l’auteur a voulu donner de l’Ukraine, dénaturait complétement les propos initiaux des protagonistes. Il devenait du coup difficile d’y reconnaitre la version originale des entretiens, ainsi que de retrouver le vrai sens des propos (bien plus nuancés) des interviewés. Grâce à un habile tour de passe-passe, à coup de découpage des phrases, de musique tragique et d’images de violences, les deux hommes dont j’avais traduit les interviews en intégralité, prenaient des airs d’êtres sauvages, obsédés par des idées nationalistes bêtes et méchantes.

Les premières images du député Ihor Mossiychouk offrent aux spectateurs les réflexions de celui-ci sur ceux qu’il considère être des «vrais» Ukrainiens. Le reportage laisse croire qu’Ihor Mossiychouk aborde la question de but en blanc (ce serait normal pour un nationaliste obsédé). Ce qui n’est pas montré, en revanche, c’est l’entêtement de Monsieur Moreira pour obtenir une réponse à cette question très précise.

Et quand Mossiychouk tente d’y répondre, sa phrase se retrouve coupée, puisque de toute évidence, la réponse complète ne convient pas au journaliste. «Pour moi, la notion de «nation» et donc «d’Ukrainien», c’est un lien de sang et d’esprit entre les morts, les vivant et ceux qui ne sont pas encore nés», dit-il dans le film. Un bout de réponse qui suffit amplement à Paul Moreira qui jette joyeusement à la poubelle la suite des propos du député où il précise qu’il n’est pas nécessaire de naitre en Ukraine ou d’avoir le «sang ukrainien» pour être un vrai Ukrainien.

Nous observons le même genre de manipulation dans une séquence montrant des vidéos postées par le député sur YouTube et où on le voit frapper un journaliste, crier sur un juge ou encore agresser verbalement un fonctionnaire corrompu. «Sur YouTube on trouve des vidéos de vous-même. Pourquoi vous faites ça ?», demande la voix de Paul Moreira. Le téléspectateur, ne peut pas savoir que la question du journaliste fait en réalité référence à l’ensemble des vidéos de Mossiychouk et pas uniquement à celles montrant des violences. Il peut donc trouver la réponse de ce dernier arrogante et plus qu’incompréhensible : «Ça a commencé il y a un an quand Oleh Lyachko et moi-même faisions tout pour défendre notre pays», bredouille Mossiychouk.

Ce que le téléspectateur n’entendra jamais, puisque la réponse a été coupée, ce sont les explications du député. Il tente de faire entendre que dans un pays qui se bat contre la corruption et la justice arbitraire, la population, ne fait plus confiance aux paroles des hommes politiques. Elle réclame des preuves directes, par l’image. Et ces mêmes images peuvent également servir de preuve en cas de procédure judiciaire. Cela justifie-t-il certaines des actions de Monsieur Mossiychouk? Non. Est-ce que cela porte un coup sur la crédibilité et l’objectivité du reportage? Certainement !

L’interview d’Andriy Biletsky, le deuxième protagoniste dont j’ai eu à traduire les propos, a été également estropiée au montage. De l’entretien qui avait duré près d’une heure, le journaliste n’a gardé qu’une seule question qui l’obsédait : sur la présence de néo-nazis au sein du bataillon. «Nous sommes un bataillon composé de 60% de nationalistes», dit Biletsky à Paul Moreira. Ravi de ce début de réponse, il s’en contente. Or la réponse, utilisée ainsi, fait l’amalgame entre le sentiment national provoqué par un état de guerre entre la Russie et l’Ukraine et les idées du national-socialisme. Paul Moreira coupe le reste. C’est ainsi que les explications du fondateur d’Azov sur la diversité ethnique, linguistique et politique des membres du bataillon, partent à la poubelle.

Ces exemples ne font référence qu’à quelques minutes du reportage, laissant deviner le sort subi par le reste des images filmées par l’équipe de Monsieur Moreira. Il est évident que la pratique du montage/découpage fait partie intégrante de tout travail journalistique. C’est une nécessité. Chaque journaliste est en droit de choisir les séquences à garder et à jeter. Cependant, lorsque cette technique est utilisée afin de faire correspondre l’image à une idée toute faite, cela porte un nom bien précis : la manipulation consciente et volontaire de l’opinion publique.

Le reportage de Paul Moreira comporte bien d’autres erreurs, mensonges et lacunes, qu’ont déjà relevés de nombreux spécialistes de l’Ukraine, pointant du doigt le caractère calomnieux et manipulateur du «documentaire». Par cet article, j’ai tenu à m’exprimer en tant que traductrice — la personne qui a vu des images brutes puis le résultat final, qui dénature gravement le sens des propos des personnes interviewées, ainsi que la réalité du terrain.

De nombreuses autres questions subsistent, notamment celle de la traductrice mystérieuse qui a effectué 90% du travail, mais dont le nom n’a pas été mentionné dans le générique du film, contrairement au mien. Je suis présentée comme la seule traductrice de ce « documentaire ». Il est plus qu’étrange d’attribuer les mérites de l’intégralité du travail à une personne qui n’a effectué qu’une partie minime de celui-ci. A moins que son nom, connu pour son engagement pour une Ukraine libre et démocratique, apporte plus de crédibilité à un travail malhonnête, en le cautionnant en quelque sorte.

D’où me venait cette légère impression de m’être faite avoir ? C’est par cette phrase que Paul Moreira ouvre son film. En effet, c’est une très bonne question que je ne cesse de me poser.

. . .
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  benoit77 le Mer 3 Fév - 13:49

Comme attendu les pro-kremlin en herbes grenouillent entre eux

Le 30 , Moreira se réfère à Berruyer
https://blogs.mediapart.fr/paul-moreira/blog/300116/ukraine-les-masques-de-la-revolution-reponse-aux-critiques

Le 31 c'est Berruyer qui se réfère à Moreira
http://www.les-crises.fr/soutien-a-paul-moreira-et-commentaires/

Tout ça grenouille bien ensemble, avec toute la cohorte habituelle de bouffons, célébrant leurs maîtres à penser, courbant bien bas le dos pour les offrandes de désinformations prédigérées , qui pour l'immense majorité n'ont à l’évidence jamais mis les pied ni en Ukraine ni en Russie.

Avec bien sur , toute la récupération de Sputnik: 3 articles en 3 jours!
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

Message  Александр le Mer 3 Fév - 13:51

Sur InformNapalmFr, ils ont publié la "réponse à".
Je leur ai fait suivre le témoignage de la traductrice. Wink
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Re: Le reportage polémique de ce début d'année 2016

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